Victimes du coronavirus en France : âge, profil, hommes, femmes

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"Victimes du coronavirus en France : âge, profil, hommes, femmes"

L'épidémie de Covid-19 progresse en France, particulièrement chez les jeunes adultes et les plus de 75 ans. Qui est le plus touché et qui en meurt le plus ? A quel âge ? Dans quelle région ? Statistiques et profil des victimes jeunes, âgées, hommes, femmes ou célèbres.

[Mis à jour le vendredi 18 septembre à 12h30] Depuis le mois de juin, le virus circule plus intensément en France. Le nombre de cas ne cesse d'augmenter et le taux de positivité des tests également. C'est le fameux "rebond épidémique", terme employé par le Premier ministre et le ministre de la Santé. Dans son dernier point épidémiologique du 17 septembre, Santé publique France constate une progression de la maladie dans toutes les tranches d'âge, notamment chez les jeunes adultes et une augmentation des nouvelles hospitalisations dans toutes les régions, notamment en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Même si elle est moins meurtrière qu'en mars ou avril, l'épidémie continue de faire des victimes. Au 17 septembre, le nombre de décès a franchi la barre des 31 000 en France. De plus, l'augmentation du nombre de cas confirmés est certainement sous-estimée, du fait de la saturation des capacités diagnostiques dans certaines régions. Alors qui est le plus touché par cette pandémie ? Qui en meurt le plus ? A quel âge ? Les plus de 60 ans ou les plus jeunes ? Les enfants sont-ils touchés ? Quels sont leurs symptômes ? Pour pouvoir mieux se protéger, il est important de connaître le profil des personnes à risque. Âge, sexe, facteurs de risque, comorbidités... Portrait-robot des victimes du Covid-19.

Pourquoi ce virus est-il si dangereux ?

"Le Covid-19 est dangereux dans la mesure où il touche une population qu'il n'avait jamais rencontrée auparavant. Personne n'a encore de mémoire immunitaire contre ce virus et tout un chacun est susceptible d'être infecté. Le problème, c'est qu'on n'a pas d'anticorps ni de cellules cytotoxiques spécifiques du virus pour y faire face. Or, comme tout virus qui va infecter une population, il y a toujours des gens qui sont plus faibles que d'autres et qui ne vont pas être capables de s'en défendre efficacement. À titre de comparaison, les virus actuels de la grippe sont beaucoup moins graves parce qu'une proportion importante de personnes y a déjà été confrontée ou a été vaccinée et en a une mémoire immunitaire protectrice. Néanmoins, il faut savoir que la grippe cause entre 5000 et 10.000 morts chaque année en France, même parfois chez des personnes qui sont vaccinées parce que leur système immunitaire est affaibli et ne réagit pas suffisamment. Des chercheurs chinois ont démontré que les formes graves d'infection à coronavirus touchaient essentiellement les personnes de plus de 80 ans avec une décroissance du pourcentage de formes graves chez les sujets plus jeunes", explique le Dr Grégoire Cozon, immunologue au CHU de Lyon.

Âge, sexe, comorbidités : le profil des personnes contaminées

Répartition hommes/femmes des personnes hospitalisées Covid-19
Répartition hommes/femmes des personnes hospitalisées pour Covid-19 au 17 septembre © Journal des Femmes
  • En semaine 37 (du 7 au 13 septembre 2020), parmi les 116 420 patients hospitalisés depuis le 1er mars :

→ Ils avaient en moyenne 71 ans.

→ 53% étaient des hommes, 47% des femmes

→ 43% d'entre eux vivent en Ile-de-France, 11% en Provence-Alpes-Côte d'Azur, 12% en Auvergne-Rhône-Alpes, 8% dans les Hauts-de-France

  • 7 262 actes médicaux pour suspicion de COVID-19 ont été enregistrés par les associations SOS Médecins ayant transmis sans interruption sur toute la période. La majorité des actes étaient enregistrés en Ile-de-France (20%), Auvergne-Rhône-Alpes (14%), Nouvelle-Aquitaine (13%), Provence-Alpes-Côte d'Azur (10%) et Hauts-de-France (10%).
  • Cas par âge. Le nombre de cas a augmenté dans l'ensemble des classes d'âge : majoritairement les moins de 15 ans (+132%), et les 75 ans et plus (+71%). 

Pourcentage de personnes hospitalisées et en réanimation pour COVID-19 le 15 septembre 2020 

Classe d'âge (an) Hospitalisations (%) Dont réanimations (%)
0-14 1 1
15-44 8 8
45-64 22 35
65-74 23 31
+ de 75 47 25



 

Remarque : il existe de valeurs manquantes pour l'ensemble des variables recueillies. Les pourcentages sont arrondis au nombre entier la plus proche, d'où l'éventualité que la total des pourcentages des tableaux soit parfois différent de 100%.

Contamination et décès chez les plus jeunes

Moins de 2% des personnes contaminées sont des enfants ou adolescents de moins de 15 ans. "Même si les personnes âgées sont les plus touchées, les jeunes gens ne sont pas épargnés. J'ai un message pour les jeunes : vous n'êtes pas invincibles, le virus pourrait vous envoyer à l'hôpital pour des semaines ou même vous tuer. Et même si vous ne tombez pas malades, les choix que vous faites peuvent faire la différence pour quelqu'un d'autre", avait insisté Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l'Organisation mondiale de la Santé, lors d'une conférence de presse à Genève, à la mi-mars.  Le Dr Pierre Parneix, médecin de santé publique expert sur le Covid-19 explique en effet que la plupart d'entre eux sont peu symptomatiques, voire porteurs du virus sans le savoir (on dit qu'ils sont porteurs sains). "Ils peuvent en revanche être vecteurs de la maladie, d'où l'importance de ne pas les amener dans une collectivité de gens fragiles, comme les maisons de retraites et de leur apprendre à se laver les mains fréquemment" insiste le spécialiste. Par ailleurs, Santé publique France a été informée le 27 avril 2020 par un groupe de pédiatres de l'identification de cas de myocardite avec état de choc cardiogénique survenus en Ile-de-France chez des enfants avec une infection COVID-19 récente. Les symptômes présentés faisaient penser à ceux de la maladie de Kawasaki, mais avec une note inflammatoire et myocardique beaucoup plus marquée.

Parmi les plus jeunes victimes décédées du Covid-19 dans le monde (toutes causes confondues) :

  • Le 25 mars 2020, une adolescente de 16 ans est décédée des suites d'une contamination au coronavirus à l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris. Il s'agit de la première victime mineure en France. 
  • Le 28 mars 2020, un bébé de moins d'un an est décédé des suites d'une infection au Covid-19 aux Etats-Unis, ont annoncé les autorités de l'Etat de l'Illinois. Il s'agit du premier mort infantile du virus aux États-Unis.
  •  Le 29 mars 2020, un adolescent portugais de 14 ans infecté par Covid-19 est décédé à l'hôpital São Sebastião, à Santa Maria da Feira, à 30 km au sud de Porto. 
  • Le 30 mars, un adolescent de 13 ans est décédé au Royaume-Uni, après avoir été "testé positif au Covid-19, placé sous assistance respiratoire et plongé dans un coma artificiel",  a informé le mardi 31 mars l'hôpital dans lequel il était hospitalisé. Il s'agit de la plus jeune victime connue au Royaume-Uni. 
  • Le 31 mars, une adolescente de 12 ans est décédée du Covid 19 en Belgique, ont annoncé les autorités belges. La jeune fille avait de la fièvre depuis trois jours et avait été "testée positive" au coronavirus.
  • Le samedi 4 avril, un enfant de 5 ans est décédé du coronavirus au Royaume-Uni. Selon la BBC, l'enfant souffrait d'une pathologie sous-jacente.
  • Le vendredi 10 avril, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, a annoncé le décès d'un jeune garçon de 6 ans infecté par le coronavirus en Île-de-France. "Les causes du décès sont multiples" a-t-il précisé. C'est la plus jeune victime du Covid-19 en France. 
  • Le vendredi 29 mai, les autorités suisses ont annoncé, au cours d'une conférence de presse, le décès d'un nourrisson après avoir été infecté par le Covid-19. Il est décédé dans le canton d'Argovie, précise Stefan Kuster, un représentant de l'Office fédéral de la santé publique suisse et a été pris en charge par l'hôpital universitaire de Zurich. 
  • Le vendredi 24 juillet, les autorités sanitaires belges annoncent lors d'une conférence de presse le décès d'une petite fille de 3 ans des suites du Covid-19 il y a quelques jours en Belgique, La fillette présentait plusieurs pathologies associées. Il s'agit de la plus jeune victime connue dans le pays.
  • Le 21 août, un nourrisson de 4 mois qui avait "d'autres pathologies associées" est décédé au Portugal suite à des complications liées au Covid-19, ont annoncé les autorités de santé.

Âge, sexe, facteurs de risque, régions : le profil des personnes décédées

Depuis le 1 mars 2020 : 30 999 décès de patients COVID-19 ont été rapportés à Santé publique France : 20 471 décès sont survenus au cours d'une hospitalisation et 10 528 décès parmi des résidents en EHPA et autres EMS

→ Les personnes décédées avaient en moyenne 84 ans et 90% avaient 65 ans et plus.

→ 54% d'entre elles étaient des hommes, 46% des femmes

→ Les plus forts taux de décès de patients COVID-19 rapportés à la population (pour 100 000 habitants) étaient observés en Guadeloupe, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Grand-Est et Auvergne-Rhône-Alpes

→ Des comorbidités étaient renseignées pour 7 678 décès, soit 66% des certificats de décès présentant une mention de COVID-19. Une mention d'hypertension artérielle était indiquée pour 24% de ces décès et une mention de pathologie cardiaque pour 34% de ces décès.

Sexe Hommes Femmes
Répartition des personnes décédées en fonction du sexe 54% 46%
Age 0-14 ans 15-44 ans 45-64 ans 65-74 ans 75 ans et plus
Répartition des personnes décédées en fonction de l'âge certifiés par voie électronique du 1er mars au 7 septembre en France (avec ou sans comorbidités) 0% 1% 9% 15% 75%
Facteurs de risque Avec comorbidités Sans comorbidités
Répartition des personnes décédées en fonction des comorbidités 66% 34%

Taux de mortalité du virus : Au 17 septembre 2020, le taux de mortalité du Covid-19 (le nombre de décès rapporté à la population générale) est de : 0.05%. Le taux de létalité en revanche (le nombre de décès par rapport au nombre de cas) est de 7.5%, en nette baisse par rapport au mois précédent où il était à 11.7% (mi-août)

Les maladies à risque

Certaines maladies sous-jacentes augmentent le risque de présenter une forme grave d'infection au Covid-19. On appelle cela des comorbidités. Dans un avis du 10 mars 2020, le Haut Conseil de Santé publique a listé ces pathologies à risque :

Répartition des décès selon les comorbidités
Répartition des décès selon les comorbidités au 17 septembre © Journal des Femmes
  • Maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle compliquée, accident vasculaire cérébral, coronaropathie, antécédents de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV)
  • Diabète (diabétiques insulinodépendants non équilibrés ou présentant des complications secondaires à leur pathologie)
  • Maladies chroniques respiratoires (asthme, mucoviscidose...)
  • Insuffisance rénale chronique
  • Cancers (personnes sous traitement)
  • Cirrhose au stade B au moins
  • Infection à VIH non contrôlée
  • Obésité morbide (IMC supérieur à 40kg/m²)

Victimes célèbres du coronavirus

L'épidémie a fait de nombreuses victimes de nationalité française, dont des personnalités médiatiques comme (liste non exhaustive) :

  • Nicolas Alfonsi, le 16 mars 2020 : ancien sénateur et maire de Piana
  • Jean Leber, le 18 mars 2020, violoniste
  • Jacques Oudin, le 20 mars 2020, ancien sénateur
  • Marie-Thérèse de Bourbon-Parme, le 26 mars 2020, princesse
  • David Méresse, le 8 avril 2020, joueur de football, entraîneur et dirigeant.
  • Christophe, le 16 avril 2020, chanteur et compositeur
  • Philippe Nahon, le 19 avril 2020, acteur
  • Claude Evrard, le 20 avril 2020, acteur
  • Daniel Cauchy, le 7 mai 2020, acteur, producteur et scénariste
  • Claude Goasguen, le 28 mai 2020, homme politique et député

Liste des personnes vulnérables

En dehors des personnes âgées plus à risque de formes graves du coronavirus, une liste de personnes dites "vulnérables" à la maladie a été définie et mise à jour le 31 août 2020. Les critères de vulnérabilité sont : 

  • Être atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
  • Être atteint d'une immunodépression congénitale ou acquise :

► médicamenteuse : chimiothérapie anticancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;

► infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm3 ;

►consécutive à une greffe d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;

► liée à une hémopathie maligne en cours de traitement ;

  • Être âgé de 65 ans et plus et avoir un diabète associé à une obésité ou des complications micro ou macrovasculaires ;
  • Être dialysé ou présenter une insuffisance rénale chronique sévère.

Depuis le 31 août 2020, ne sont plus considérés comme critères de vulnérabilité :

  • Avoir 65 ans ou plus mais ne pas avoir un diabète associé à une obésité ou des complications micro ou macrovasculaires ;
  • Avoir des antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d'accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
  • Avoir un diabète non équilibré ou présentant des complications ;
  • Présenter une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d'une infection virale : broncho pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d'apnées du sommeil, mucoviscidose notamment ;
  • Présenter une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm2) ;
  • Être atteint de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;
  • Présenter un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;
  • Être au troisième trimestre de la grossesse.

Source :

Chiffres et statistiques mis à jour le vendredi 17 septembre à 12h46 avec le point épidémiologique hebdomadaire du 17 septembre 2020 du Covid-19 de Santé publique France. Ce bilan est basé sur les données épidémiologiques de surveillance du COVID-19 (SARS-CoV-2) rapportées à Santé publique France jusqu'au 15 septembre. 

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