Embolisation : définition, technique, effets secondaires

L'embolisation, réalisée par un radiologue interventionnel, permet d'obstruer un ou plusieurs vaisseaux qui nourrissent une lésion (tumeur, fibrome) ou qui constituent une lésion vasculaire. Le point avec le Pr. Romaric Loffroy, chef du département de radiologie et imagerie médicale diagnostique et thérapeutique au CHU de Dijon, sur une technique mini-invasive, beaucoup moins lourde, pour les patients, qu'une chirurgie.

Embolisation : définition, technique, effets secondaires
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Définition : qu'est-ce qu'une embolisation ?

L'embolisation est une intervention thérapeutique mini-invasive consistant à obstruer une artère ou une veine. "L'embolisation est le terme scientifique qui définit le fait d'occlure, boucher un vaisseau, une veine ou une artère afin de traiter de nombreuses pathologies", selon Romaric Loffroy, chef du département de radiologie et imagerie médicale au CHU de Dijon. Elle permet d'empêcher le dysfonctionnement d'un vaisseau sanguin ou la prolifération d'une pathologie comme dans les angiomes par exemple. L'embolisation est souvent utilisée en cancérologie, notamment dans le cancer du foie pour arrêter l'apport sanguin à la tumeur et ainsi la faire nécroser. Elle est également fréquente en pathologie cardiovasculaire en cas de malformation d'un vaisseau. L'artère peut être bouchée grâce à des spires métalliques ou une substance thrombogène, naturelle ou synthétique, mécanique ou liquide, qui favorisent la formation d'un caillot sanguin.

Quelles sont les indications d'une embolisation ?

Notre expert identifie trois grandes catégories d'embolisation :

→ L'embolisation d'hémostase : "Elle est pratiquée lorsqu'il y a une perte de sang après une chirurgie ou un traumatisme. L'embolisation peut aussi être indiquée dans le cadre d'une hémorragie de la délivrance, après un accouchement ou lorsqu'une tumeur saigne. Il s'agit d'occlure le vaisseau qui saigne."
→ L'embolisation tumorale : "On pratique une chimio-embolisation ou une radio-embolisation sur une tumeur. Pour des patients qui ne souffrent pas d'une maladie extensive et qu'on peut traiter localement, cela permet d'intervenir et de traiter directement la tumeur. Il peut s'agir de tumeurs bénignes telles qu'un adénome de la prostate ou un fibrome utérin – on traite l'adénome ou le fibrome tout en conservant la prostate ou l'utérus – ou malignes telles que des cancers du foie ou des métastases hépatiques."
"L'embolisation permet aussi de traiter toutes les pathologies vasculaires et notamment anévrysmales, dans le cerveau – en neuroradiologie - ou veineuses, ailleurs dans le reste du corps. Cela peut concerner le traitement des varices pelviennes chez la femme, à l'origine parfois de douleurs chroniques, ou des varicocèles chez l'homme."

Comment s'y préparer ?

"Il s'agit d'une intervention mini-invasive, sous anesthésie locale, qui ne nécessite pas de préparation particulière en général. On procède à un bilan biologique, notamment un bilan de coagulation pour s'assurer qu'il n'y a pas de troubles de l'hémostase. Le patient peut manger " léger " avant l'intervention mais il n'est pas nécessaire d'être à jeun", explique le Pr. Loffroy.

Principe et technique : comment se passe une embolisation ?

L'intervention se déroule dans une salle d'angiographie, le plus souvent en ambulatoire. "Il s'agit d'une intervention guidée par l'image et réalisée par un radiologue interventionnel à partir d'un petit point de ponction percutané, à la peau. On ponctionne une artère ou une veine sous guidage échographique. On introduit ensuite des cathéters et des micro-cathéters dans les vaisseaux qu'on doit boucher, de manière indolore. Ils serviront à injecter le produit de contraste qui permet de visualiser la zone d'intervention. L'embolisation du vaisseau sanguin est ensuite réalisée à l'aide de ressorts métalliques ou de liquides qui se solidifient", explique notre expert.

Quels sont les effets secondaires ?

Les complications sont rares et mineures, en comparaison à la chirurgie classique. En fonction de la zone où est pratiquée l'embolisation, les effets secondaires sont variables. "Il peut s'agir d'un banal hématome au point de ponction, notamment sur les artères, chez les patients qui sont sous-anticoagulants. De plus, l'embolisation sur un organe tel que le rein, le foie, la rate, peut être à l'origine d'un syndrome post-embolisation avec une légère fièvre durant deux à trois jours, des nausées ou encore de légères douleurs. Ces douleurs sont très bien jugulées par des antalgiques simples en général", ajoute le Pr. Loffroy.

Quelles sont les contre-indications ?

Selon notre expert, "il n'y a pas de contre-indications majeures. Par contre, une embolisation pourra ne pas être possible pour des raisons techniques dans certains cas. Les patients doivent être sélectionnés", reconnaît-il. 

Merci au Pr. Romaric Loffroy, chef du département de radiologie et imagerie médicale diagnostique et thérapeutique au CHU de Dijon. 

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