Insuline (rapide, lente) : rôle, taux normal, injection

Le glucose est la source principale d'énergie pour l'organisme. Sa régulation est assurée principalement par l'insuline, hormone sécrétée naturellement dans le pancréas. L'insuline est vitale pour l'organisme. Si sa production se dérègle, cela entraîne des maladies comme le diabète.

Insuline (rapide, lente) : rôle, taux normal, injection
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Définition

L'insuline est une hormone. Elle est produite par des cellules spéciales appelées "cellules bêta" au sein des ilôts de Langherans situées dans le pancréas. Elle joue un rôle essentiel dans la régulation de la glycémie (taux de glucose dans le sang) puisqu'elle permet de dégrader le sucre ingéré afin de le rendre disponible pour les cellules du corps. Celles-ci utiliseront le glucose comme source d'énergie.

Rôle

Présente en permanence dans le sang, sécrétée 24 heures sur 24 à petites doses, la sécrétion d'insuline augmente après la consommation de glucides afin de maintenir le taux de sucre sanguin, la glycémie, autour de 1g/L. "Elle permet l'entrée du glucose dans les cellules de l'organisme, comme par exemple celles des muscles qui peuvent alors, selon leurs besoins, le capter et l'utiliser pour le transformer en énergie ou le stocker : c'est la régulation périphérique, explique le Dr. Jean-Jacques Altman, endocrinologue à l'Hôpital Georges Pompidou, à Paris. Elle a également pour rôle d'inhiber la production de glucose au niveau du foie : on parle de régulation centrale." A noter que l'insuline joue également un rôle important dans le métabolisme des protéines, l'anabolisme, et dans le stockage des graisses, la lipogénèse.

Résistance à l'insuline

Il arrive parfois, principalement chez les personnes obèses, que l'action de l'insuline soit altérée à cause de l'accumulation de gras. C'est ce qu'on appelle la résistance à l'insuline. Cette résistance entraîne une augmentation du taux de sucre dans le sang, pouvant provoquer un diabète au bout de quelques années.

Types d'insulines

Il existe plusieurs sortes d'insulines qui dépendent essentiellement de leur rapidité de passage dans la circulation sanguine ainsi que de leur durée d'action.

Insuline rapide

Elle ne commence à passer dans le sang qu'après 30 minutes et son action se prolonge entre 6 à 8 heures environ. Elle permet d'apporter le pic d'insuline nécessaire afin de contrôler la glycémie après le repas : c'est l'insuline dite "prandiale", pour manger.

Insuline lente

L'insuline d'action lente dure environ 24 heures. C'est l'insuline dite pour "vivre", elle régule la production hépatique du glucose.

Insulines mixtes

"Il s'agit d'une association en proportion variable des 2 types d'insuline : entre 25 et 70% d'insuline rapide mélangée à de l'insuline dite d'action intermédiaire ou semi-lente. Elles ont environ 12 h de durée d'action" indique le Dr. Altman.

Insuline et diabète

Normalement, après un repas, le taux sanguin de sucre augmente brièvement, provoquant ce qu'on appelle un pic glycémique : le pancréas détecte l'augmentation de la glycémie et produit l'insuline afin de réguler la glycémie et de la maintenir à un taux normal. Celle-ci se fixe à des récepteurs présents sur les cellules du foie, des muscles et du tissu graisseux, permettant au glucose de pénétrer dans ces cellules où celui-ci sera transformé et stocké en réserve et permettra de faire diminuer la concentration sanguine en glucose. Mais lors d'un diabète, ce système est défaillant. Le glucose apporté par les aliments reste ainsi dans le sang au lieu de pénétrer dans les cellules, entraînant ainsi une augmentation de la glycémie.

  • Chez la personne diabétique de type 1, le plus souvent brutalement, le pancréas ne produit plus d'insuline, ce qui entraîne une hyperglycémie (taux de sucre sanguin anormalement élevé). Il est très rapidement nécessaire, de recourir à des injections d'insuline pour pallier cette carence.
  • Chez la personne diabétique de type 2, le pancréas produit encore de l'insuline, mais moins et elle est mal utilisée par l'organisme. Des médications orales, comprimés, peuvent corriger ces anomalies.

" Dans les 2 types de diabète, une amélioration de l'alimentation (régime) et une majoration de l'activité physique sont des éléments thérapeutiques fondamentaux à mettre en place avant même les médications : il s'agit des règles hygiéno-diététiques, indispensables ", précise le Dr. Altman.

"Les pompes délivrent en continu de l'insuline à un faible taux dit basal,"

Pompe à insuline

C'est une alternative au traitement par multi-injections d'insuline. Elle se présente sous la forme d'un petit appareil discret, rarement implantée le plus souvent externe, reliée au corps par un cathéter à remplacer tous les 3 ou 4 jours. Plus récemment il existe des pompes " patch " directement insérées sans cathéter. "Les pompes délivrent en continu de l'insuline à un faible taux dit basal, explique l'endocrinologue. Au moment des repas, il est possible d'injecter des doses complémentaires en bonus. Attention, il s'agit d'un système dit en boucle ouverte : rien n'est automatique, c'est le patient qui décide des doses à s'injecter et qui programme la pompe au fur et à mesure de la journée. Dans un système dit en boucle fermée, il existe en plus une lecture continue de la glycémie et des algorithmes qui décident des doses à injecter : il s'agit alors d'un pancréas artificiel dont la mise au point ne se précise que très lentement."

Injections d'insuline

Jointes aux règles hygiéno-diététiques, c'est le traitement de base pour les personnes diabétiques de type 1 insulino-dépendantes et de type 2 devenus insulino-requérantes. Si on utilise l'insuline par injection chez les diabétiques, c'est parce qu'elle est détruite par les enzymes digestives si elle est administrée par voie orale. Le patient doit apprendre à se faire ses propres injections d'insuline par voie sous-cutanée. "Pour imiter la physiologie, sécrétion permanente d'insuline entre les repas, basale, et pics d'insuline au moment des repas, il est nécessaire de pratiquer 4 injections par jour", précise le Dr. Altman. Ces injections quotidiennes, incontournables, sont de moins en moins contraignantes avec l'amélioration des outils. Aux anciennes seringues en verre, à stériliser en faisant bouillir de l'eau, ont succédé des stylos jetables avec des aiguilles de plus en plus fines et courtes, rendant l'injection facile et indolore. Le stylo permet de ne pas avoir à préparer sa piqûre, un transport facile et la possibilité de s'injecter l'insuline en tous lieux, à l'abri des regards. Les bras, le ventre, les cuisses, les fesses sont les zones d'injections les plus conseillées. L'insuline injectée dans l'abdomen passe plus rapidement que celle introduite dans le bras et les cuisses. Au préalable, il est important de vérifier que sur la zone à piquer ne se trouvent pas de boutons, de plaques d'eczéma, d'infections… "Il est nécessaire de changer régulièrement de zone d'injection pour éviter les déformations de la peau dites lipo-hypertrophies provoquées par la répétition des injections répétées au même endroit : à ce niveau se développe une fibrose intense interférant avec la résorption de l'insuline, le plus souvent en la ralentissant. Le site d'injection doit être propre mais pas désinfecté à l'alcool ce qui favorise justement les lypo-hypertophies" recommande l'expert.

Insuline inhalée

Il existe des recherches sur des formes à inhaler en profitant de la capacité des alvéoles pulmonaires à absorber l'insuline.  "Outre des effets indésirables majeurs y compris des possibilités de cancer, si les injections sont effectivement supprimées, pour le moment, et en dehors de la nécessité de doses énormes, aucune régulation fine n'est possible, ce qui condamne peut-être pour toujours cette voie de recherche", explique le Dr. Altman.

Conservation

Garder le flacon d'insuline utilisée chaque jour à la température ambiante. Les stocks sont conservés avant leur utilisation au réfrigérateur. Eviter de laisser les flacons au soleil. Le froid et le gel détruisent l'action de l'insuline.

Dosage

Les objectifs glycémiques sont en pratique exprimés par l'hémoglobine glyquée (Hba1c) qui reflète l'équilibre glycémique des 3 derniers mois. Son élévation est fortement corrélée aux complications.

  • Le taux normal est de 6% et idéalement il faut se rapprocher de ce chiffre.
  • Un taux à 7% est l'objectif habituel pour un patient jeune, alors qu'un taux à 8% est suffisant pour une personne âgée. Pour obtenir par exemple 7%, la moyenne des glycémies à jeun doit être environ <1.20 g/l et <1.40 g/l après un repas. Le prélèvement sanguin se fait à jeun, au laboratoire, dans le pli du coude. Les résultats sont généralement connus dans la journée.
  • Selon l'OMS, il y a diabète lorsque la glycémie à jeun est supérieure ou égale à au moins deux reprise à 1,26 g/l de sang. Sous 0,45 g/l de sang, il y a hypoglycémie.

Merci au Dr. Jean-Jacques Altman, endocrinologue à l'Hôpital Georges Pompidou, à Paris.

Analyses de sang