ECG : principes du test, interprétation d'un électrocardiogramme

L'électrocardiogramme ou ECG est un examen majeur en cardiologie qui permet d'effectuer des diagnostics précis, notamment celui de troubles du rythme, de l'infarctus ou de péricardite. Précisions avec le Professeur Alain Furber, chef du service de Cardiologie au CHU d'Angers.

ECG : principes du test, interprétation d'un électrocardiogramme
© 123rf-Anna Kovalchuk

Définition et principes du test : à quoi sert un électrocardiogramme ?

Un électrocardiogramme (ECG) désigne l'examen permettant l'enregistrement de l'activité électrique du cœur. La stimulation électrique d'une cellule musculaire cardiaque entraîne l'apparition d'une activité électrique et mécanique qu'il est possible d'enregistrer. L'ECG consiste à étudier plus précisément l'activité électrique des oreillettes et des ventricules, grâce à des électrodes posées sur la poitrine du patient, ses poignets et ses chevilles, l'enregistrement de l'activité électrique pouvant se faire à distance du cœur, le corps étant un excellent conducteur Les électrodes enregistrent soit une différence de courant électrique entre deux points (dérivations bipolaires avec deux électrodes) soit directement le courant électrique au moyen d'une seule électrode (dérivations unipolaires). Pour chaque dérivation, un tracé ECG est enregistré. 12 dérivations sont classiquement enregistrées sur le tracé ECG et peuvent être étendues à 18 dérivations dans certaines circonstances. L'électrocardiogramme est un examen rapide, durant quelques minutes et indolore. Il peut être fait au cours d'une consultation, en milieu hospitalier, à domicile ou sur la voie publique lors de situations d'urgence. Le patient est allongé sur le dos. Les électrodes, sont appliquées sur la peau, préalablement enduites d'une pâte conductrice. L'enregistrement s'effectue sur un papier millimétré. 

Indications

Dans l'urgence, l'électrocardiogramme est indiqué chez les patients ayant des symptômes tels que douleurs thoraciques, essoufflement, malaises ou pertes de connaissance. Dans ces situations, l'ECG permet de faire le diagnostic de nombreuses pathologies cardiaques :

  • L'apparition d'une douleur dans la poitrine associée à des modifications caractéristiques de l'électrocardiogramme permet de diagnostiquer immédiatement un infarctus du myocarde, de localiser l'artère du cœur qui est bouchée et de déterminer le type d'infarctus et sa localisation : les infarctus antérieurs, les infarctus inférieurs et les infarctus de la paroi latérale du cœur. L'ECG permet d'évoquer d'autres causes en présence d'une douleur thoracique telles que la péricardite aiguë ou l'embolie pulmonaire ;
  •  L'ECG permet de diagnostiquer un trouble du rythme cardiaque par exemple une fibrillation atriale, ou un trouble de la conduction électrique du cœur.

"En dehors de l'urgence, l'ECG permet d'étudier le retentissement sur le cœur de pathologies cardiaques telles que les atteintes des valves cardiaques ou des signes de souffrance cardiaque chez un patient présentant des facteurs de risque cardiovasculaires, notamment l'hypertension artérielle et le diabète. Enfin l'ECG est réalisé régulièrement dans la surveillance de tous les patients cardiaques", indique le Professeur Alain Furber, chef du service de Cardiologie au CHU d'Angers. 

Interprétation des résultats : comment lire un électrocardiogramme ?

Le tracé ECG va permettre d'enregistrer l'activité électrique liée à la dépolarisation des oreillettes droite et gauche, c'est la première onde appelée onde P, puis l'activité électrique liée à la dépolarisation des ventricules c'est le complexe QRS, enfin l'activité électrique liée à la repolarisation des ventricules c'est l'onde T. " Il y a des valeurs normales qui permettent d'interpréter les résultats. Par exemple, si l'onde P est plus haute et plus large, cela traduit une anomalie au niveau de l'oreillette qui est dilatée. De la même manière, lorsque le complexe QRS est trop grand c'est un signe d'épaississement de la paroi du ventricule (hypertrophie). On analyse l'ensemble de ces complexes et la morphologie globale du complexe va nous orienter vers telle ou telle pathologie. Lorsque l'onde P normale disparaît, c'est qu'il y a un trouble du rythme ou de la conduction électrique ", relate le Professeur Alain Furber.

ECG normal

Pour qu'un ECG soit normal, plusieurs points doivent être réunis :

  • Le rythme cardiaque normal (provenant du nœud sinusal situé dans l'oreillette droite) est un rythme régulier avec une fréquence cardiaque comprise entre 50 et 100 battements par minute. En dessous de 50/minute, on parle de bradycardie et au-dessus de 100, il est question de tachycardie.
  • Chaque onde P doit être suivie d'un QRS, c'est ce qui permet de détecter d'éventuels troubles de la conduction entre les oreillettes et les ventricules.
  • L'espace entre deux QRS doit être toujours le même, c'est ce qui indique que le rythme cardiaque est régulier.
  • Les morphologies de l'onde P de l'oreillette et du complexe ventriculaire QRS doivent être normales.

Où passer un électrocardiogramme ?

Un ECG est effectué systématiquement en consultation chez un cardiologue, ainsi que lorsqu'un patient est adressé dans un service de cardiologie en urgence. De plus en plus de médecins généralistes sont eux aussi équipés pour pouvoir faire notamment des diagnostics précoces chez les patients présentant des douleurs dans la poitrine ou des arythmies cardiaques.

Prix et remboursement

L'ECG coûte 14,26 euros et est remboursé par la Sécurité Sociale.

ECG : principes du test, interprétation d'un électrocardiogramme
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