Glycémie (à jeun) : quel est le taux normal de sucre dans le sang ?

Aussi appelée "taux de glucose", la glycémie permet de connaître le taux de sucre dans le sang. Quel est sa valeur normale ? Comment interpréter les résultats de sa prise de sang ? Explications.

A jeun, la valeur normale de la glycémie oscille entre 0.7 g/L et 1 g/L. En dessous d'un certain seuil, on parle d'hypoglycémie, tandis qu'au-dessus, il s'agit plutôt d'une hyperglycémie. Le diabète quant à lui se caractérise par une glycémie supérieure à 1.26 g/L à jeun. S'il peut être détecté par un prélèvement d'urine, il doit être confirmée par une prise de sang. Mais, c'est quoi au juste la glycémie ? Pourquoi est-il important de la contrôler et comment peut-on la faire baisser ? Réponses du Dr Marc Popelier, médecin spécialiste en diabétologie à la Pitié-Salpêtrière (Paris). 

Qu'est-ce que la glycémie ?

La glycémie est le taux de glucose (de sucre) contenu dans le sang. Le sucre est l'un des nutriments essentiel au bon fonctionnement des cellules de l'organisme et sert à la production d'énergie. En effet, une partie du glucose qui se trouve dans le sang est transformé en glycogène qui fournit le corps en énergie. 

Pourquoi est-il important de contrôler sa glycémie ?

Dans l'organisme, la régulation de la glycémie se fait grâce à un équilibre permanent entre différentes hormones. L'insuline par exemple - une hormone produite par le pancréas - fait baisser la glycémie, tandis que le glucagon, l'adrénaline, l'hormone de croissance ou le cortisol la font augmenter. L'alimentation, l'activité physique, le stress font également varier la glycémie. S'il fonctionne correctement, le pancréas produit de l'insuline en fonction de la glycémie. Après un repas riche en glucides, la glycémie s'élève et stimule la libération d'insuline. Cette hormone se fixe sur les membranes de certaines cellules, favorisant ainsi l'entrée du glucose dans les cellules et assurant la baisse de la glycémie. Contrôler sa glycémie permet donc de savoir s'il y a un problème dans la production d'insuline ou au niveau des récepteurs de l'insuline. "Cela permet aussi de déterminer si le patient est atteint d'un diabète ou d'un trouble de la régulation du glucose, d'autant que le diabète est une pathologie silencieuse. Il est donc utile de vérifier sa glycémie, même en l'absence de symptômes dès lors qu'il y a un risque plus élevé d'avoir un diabète (antécédents familiaux, surpoids, l'existence d'autres problèmes de santé type hypertension artérielle)", précise le Dr Popelier. Le dosage de la glycémie est prescrit par un médecin au cours d'une consultation ou à l'hôpital lorsque le patient présente des symptômes pouvant être évocateurs d'une baisse de sécrétion d'insuline comme par exemple : 

  • la soif ;
  • la fatigue ;
  • une infection type mycose récidivante ;
  • un amaigrissement.

Il peut également prescrire cet examen si, au contraire, il suspecte une élévation anormale de la sécrétion d'insuline (lorsque le patient fait un malaise par exemple). Cet examen est également conseillé aux personnes présentant des facteurs de risques élevés (comme le surpoids ou avec des antécédents familiaux de diabète). Enfin, un tel examen - en particulier le test HGPO - peut également être prescrit pendant la grossesse, afin de détecter un éventuel diabète gestationnel, un diabète qui disparaît généralement quelques mois après l'accouchement. 

Comment se déroule l'examen de la glycémie ?

La glycémie mesure le taux de sucre dans le sang. On conseille donc au patient d'effectuer le dosage de la glycémie à jeun. Pour tester la glycémie d'une personne non diagnostiquée diabétique, une prise de sang est réalisée. "En présence de symptômes, un test urinaire peut être effectué", précise le spécialiste en diabétologie. Si l'examen consiste en une prise de sang, celle-ci est réalisée généralement au pli du coude, après avoir mis en place un garrot. Si le médecin opte pour un prélèvement d'urine, une bandelette réactive est trempée dans l'urine et permet de détecter la présence de glucose. Les résultats, qu'il vous paraissent normaux ou pas, doivent être transférés au médecin-prescripteur afin qu'il vous prescrive si besoin des examens complémentaires ou un éventuel traitement.

Une personne diabétique peut vérifier elle-même sa glycémie, grâce à un dispositif portatif qui permet de prélever une goutte de sang au niveau du doigt (on parle de glycémie capillaire ou dextro). Par capillarité, le sang monte progressivement sur une bandelette. "Les résultats peuvent être relevés et faire l'objet de discussions avec le soignant ou être utilisés immédiatement pour une action (faire une activité physique par exemple)", ajoute-il. Enfin, il existe désormais, pour les personnes traitées par insuline (plusieurs injections par jour) des dispositifs qui permettent de mesurer le taux de glucose dans les tissus (tests de glucose dans le glucose interstitiel) sans avoir à se piquer au bout du doigt. Mais toutes les personnes diabétiques ne sont pas éligibles au remboursement. Parlez-en à votre médecin. 

Quel est le taux normal de la glycémie ?

A jeun, une glycémie dite "normale" doit être comprise entre 0.70 et 1 gramme de glucose par litre de sang. Jusqu'à deux heures après le repas, la glycémie peut s'élever jusqu'à 1.4 g/L. Le dosage de la glycémie après un repas n'est pas suffisante pour affirmer le diagnostic de diabète. On parle de diabète lorsque cette valeur dépasse les 1.26g/L, à jeun et avec au moins deux contrôles de la glycémie.

Tableau des taux de glycémie (à jeun) :

Hypoglycémie Inférieur à 0.7g/L de sang
Glycémie normale Entre 0.7 et 1 g/L de sang
Hyperglycémie modérée Entre 1 et 1.25g/L de sang
Diabète Supérieur à 1.26g/L de sang

Comment interpréter son taux de glycémie ?

Que signifie une glycémie basse ?

En-dessous de 0.70 g/L, on parle d'hypoglycémie. c'est-à-dire que le taux de sucre dans le sang est trop faible. "Le fait d'ingérer un morceau de sucre ou quelque chose de sucré permet de remonter le taux de glycémie : en moyenne, l'ingestion de 15 g de sucre (3 morceaux) permet de remonter la glycémie de 0.5g/L", indique le Dr Popelier. "Une hypoglycémie se manifeste par des symptômes comme des douleurs, une faiblesse, des tremblements pouvant aller jusqu'au malaise. Ces épisodes sont favorisés par un effort physique important ou un repas trop faible en glucides", ajoute-il. En revanche, si plusieurs tests indiquent une hypoglycémie fréquente ou associée à des symptômes comme un étourdissement, des tremblements, des troubles de la concentration, maux de tête brutaux, il faut effectuer des examens complémentaires (souvent un bilan de santé complet) afin d'en comprendre les causes, les circonstances de survenue et d'envisager un traitement adapté. A savoir, les hypoglycémies sont fréquentes chez les personnes diabétiques traitées par insuline (dont le traitement hypoglycémiant n'est pas adapté) et chez certaines personnes opérées de l'estomac, ou souffrant de maladies surrénales ou hépatiques. 

Que signifie une glycémie élevée ?

Au-dessus de 1 g/L (à jeun ou plus de deux heures après le repas), on parle alors d'une hyperglycémie modérée, c'est-à-dire que le taux de sucre dans le sang est trop élevé. L'hyperglycémie peut se manifester par l'envie fréquente d'uriner, la soif intense, une grande sécheresse de la bouche et de la langue ou une sensation de fatigue exagérée. Mais parfois, ces symptômes passent inaperçus, d'où l'importance d'un contrôle régulier de sa glycémie en cas de facteur de risques (antécédents familiaux, surpoids...). Les causes d'une hyperglycémie sont nombreuses : un dérèglement du pancréas et de la sécrétion de l'insuline, la libération du glucose par le foie lorsque ce dernier n'a pas eu d'apport nutritionnel pendant plus de 8h, une trop grande déshydratation, un excès de fièvre ou la prise de certains médicaments (comme la cortisone par exemple) peuvent provoquer une hyperglycémie.

Toutefois, si après un autre contrôle avec une valeur supérieur à 1 g/L, vous présentez encore une hyperglycémie, il va falloir préciser la situation via des autres tests de glycémie (généralement, on réalise un dosage de l'hémoglobine glyquée, un indice plus précis à la recherche ou à la surveillance d'un diabète) : une hyperglycémie peut révéler un diabète ou une intolérance au glucose, ce qu'on appelle un pré-diabète (une hyperglycémie non diabétique, mais qui doit être surveillée car il s'agit souvent du stade fréquent de transition vers le diabète de type 2, une modification de l'alimentation et de l'activité physique et/ou associée à une perte de poids s'avèrent souvent nécessaire pour retarder l'apparition du diabète et un suivi médical doit être proposé). En effet, un résultat supérieur à 1.26g/L (à jeun et si deux contrôles sont supérieurs à cette valeur) de sang indique un diabète, "une maladie complexe qui implique certes le pancréas, mais également d'autres organes comme le foie, les muscles et les intestins". Une personne atteint de diabète doit être prise en charge (injections d'insuline ou traitement par des médicaments hypoglycémiants) et réfléchir à ce qu'il pourrait être mis en place au quotidien, notamment concernant l'alimentation ou l'activité physique. Enfin, chez les personnes diagnostiquées diabétiques, une hyperglycémie peut traduire un mauvais dosage ou une inefficacité du traitement (pompe à insuline en panne, dysfonctionnement du cathéter, présence de corps cétoniques dans les urines) et va aider à ajuster le traitement. "Il est alors utile que patients et soignants s'entendent sur les mesures à prendre en fonction des résultats des différents contrôles", conclut-il. 

Comment faire baisser sa glycémie ? S'il est impossible de lutter contre le mauvais fonctionnement du pancréas ou de l'insuline qu'il sécrète, quelques mesures hygièno-diététiques peuvent vous aider à réduire le taux de sucre dans le sang : une perte de poids (même de 2 ou 3 kg peut suffire à améliorer la situation) si vous êtes en surcharge pondérale, une alimentation saine et équilibrée, une consommation d'alcool occasionnelle, l'arrêt du tabac et une pratique sportive régulière participent à faire améliorer la glycémie. "Il n'y a pas d'aliments à stigmatiser, mais l'ennemi est souvent dans l'excès calorique. Le gras est d'ailleurs tout autant à prendre en compte que le sucre", précise-t-il. 

Merci au Dr Marc Popelier, médecin spécialiste en diabétologie à la Pitié-Salpêtrière (Paris). 

Glycémie (à jeun) : quel est le taux normal de sucre dans le sang ?
Glycémie (à jeun) : quel est le taux normal de sucre dans le sang ?

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