Cancer du col de l'utérus : âge, symptômes, vaccin

Le cancer du col de l'utérus est généralement dû à une contamination sexuelle par le papillome humain ou HPV, un virus. Âge, cause, stades, symptômes et traitements... Eclairage du Dr Philippe Mironneau, gynécologue et obstétricien à Dijon.

Définition : qu'est-ce que le cancer du col de l'utérus ?

L'utérus est un organe génital féminin prépondérant pour la reproduction, puisque c'est à son niveau que va se dérouler toute la grossesse. Néanmoins, cet organe peut être atteint de tumeurs cancéreuses, dont on distingue 2 types :

  • le cancer du col de l'utérus,
  • le cancer de l'endomètre, l'autre nom de la muqueuse utérine, couche de cellules tapissant l'intérieur de cette cavité. 

"Le cancer de l'endomètre est un cancer du corps de l'utérus et non du col. Par contre, il existe des cancers glandulaires du col utérins appelés adénocarcinomes. Ils ne sont pas dépendants du papillomavirus découverts au frottis. Ces derniers sont plus rares mais de moins bon pronostic", détaille le Dr Philippe Mironneau, gynécologue et obstétricien à Dijon.

Âge du cancer du col de l'utérus

Trois quarts des cas sont diagnostiqués chez des femmes âgées de 25 à 64 ans. Ce cancer cause 1 100 décès par an. La moitié des décès se produisent chez des femmes âgées de 25-64 ans. Le cancer du col de l'utérus s'observe généralement chez les femmes âgées entre 45 et 60 ans, mais il peut aussi être détecté chez des femmes plus jeunes ou parfois plus âgées. 

© Nerthuz - 123RF

Stades du cancer du col de l'utérus : de 1 à 4

Pour chaque cancer, différents stades existent permettant de définir un niveau de  gravité et l'étendue de la maladie. Concernant le cancer du col de l'utérus, la maladie est classée en quatre stades allant de 1 à 4. Plus le chiffre est élevé et plus le cancer est propagé. Quand il est qualifié de "local", c'est qu'il ne s'est pas propagé à d'autres zones du corps.

Symptômes : comment se manifeste le cancer du col de l'utérus ?

Saignements, infections, pertes vaginales, douleurs pelviennes... Ces symptômes ne sont pas spécifiques au cancer de col de l'utérus et peuvent être observés lors de maladies plus bénignes, comme notamment une infection vaginale. La persistance d'un ou plusieurs de ces symptômes nécessite un avis médical et un examen gynécologique. Consulter son médecin reste la meilleure attitude lors de l'apparition de ces symptômes. 

Causes

Le cancer du col de l'utérus peut concerner la femme jeune, mais son apparition augmente parallèlement au vieillissement. Il est très souvent en rapport avec une infection par un virus, le HPV ou Papillomavirus humain, qui peut être responsable de lésions précancéreuses. Le développement de la surveillance par frottis cervico-vaginal chez la femme tend à diminuer le nombre de cancers du col de l'utérus.

Cancer du col de l'utérus en chiffres

Le cancer du col de l'utérus représente la 12e cause de cancer et la 12e cause de mortalité par cancer chez la femme. Chaque année, environ 3 000 nouveaux cas sont découverts. En France, le taux d'incidence est de 6,1% pour 100 000 femmes en 2018. Plus de 6 femmes sur 10 (63 %) diagnostiquées en France avec un cancer du col de l'utérus, survivent à leur cancer après 5 ans.

Facteurs de risque

Les facteurs de risques sont notamment :

  • les premiers rapports sexuels précoces,
  • les partenaires multiples,
  • une infection du ou des partenaires par le HPV ou autres infection sexuellement transmissibles,
  • le tabac.

Contamination

La contamination s'effectue essentiellement lors de rapports sexuels non protégés. Le virus se transmet alors par simple contact avec la peau et les muqueuses et atteint environ 80% des personnes qui ont des relations sexuelles.

Dépistage et prévention : comment éviter le cancer du col du l'utérus

La prévention du cancer du col de l'utérus passe avant toute chose par le dépistage des lésions pré-cancéreuses et cancéreuses causées par le virus du papillome humain. Il repose notamment sur la pratique régulière d'un frottis qui, en prélevant des cellules du col, permet une analyse au microscope. 

Frottis

Le frottis permet un examen des cellules du col de l'utérus au microscope et un recueil des cellules superficielles. Le prélèvement est ensuite étalé et fixé sur une lame de verre. Le prélèvement est alors envoyé à un laboratoire d'anapathologie qui fera une recherche de cellules anormales. Le dépistage du cancer du col de l'utérus se réalise dès l'âge de 20 à 25 ans. Il est recommandé d'effectuer un frottis tous les 3 ans après l'obtention de 2 frottis normaux à un an d'intervalle chez des femmes ayant une activité sexuelle. Mais pour de nombreux spécialistes l'intervalle de 3 ans semble long. Une période de 2 ans semble actuellement recommandée.

Préservatif

L'infection est fréquente chez les femmes dès leurs premiers rapports sexuels. Les risques d'infection vont en augmentant avec l'âge et le nombre de partenaires. L'utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels permet de limiter la transmission du virus mais ne permet pas une éviction complète de tout contact, car il est présent au niveau des muqueuses génitales qui ne sont pas recouvertes par le préservatif.

Diagnostic

Devant un signe clinique évocateur ou lors d'un examen de dépistage, certains examens sont communs.

  • Un examen au spéculum, outil en plastique permettant de visualiser le col de l'utérus, favorise la mise en évidence d'une éventuelle lésion.
  • Si une lésion est présente, des prélèvements seront à prévoir. Ceux-ci se font généralement au cours d'une anesthésie générale où des biopsies (prélèvements) des zones suspectes seront faites et envoyées à l'analyse pour identifier leur nature.
  • Une IRM peut également compléter le bilan ainsi qu'une échographie passant par voie vaginale.
  • En cas de cancer avéré, un bilan d'extension sera nécessaire, c'est-à-dire la recherche par différents examens d'autres localisations du cancer par migration de cellules.

Bilan du cancer de l'utérus

Le bilan évalue l'extension locale et régionale de la tumeur. L'extension locale comprend la taille de la tumeur, l'envahissement des organes de voisinage et des ganglions. L'extension générale englobe l'extension du cancer et l'existence de métastases dans les poumons ou le foie par exemple. Un scanner du bassin, un IRM de l'abdomen, une radio du thorax ou une échographie pelvienne peuvent être pratiqués. Une échographie du foie et une scintigraphie osseuse pourront être réalisées. 

Traitement : conisation, radiothérapie, chimio, ablation de l'utérus... 

Les traitements proposés sont :

  • la chirurgie,
  • la radiothérapie,
  • la chimiothérapie.

Ces examens peuvent se pratiquer de manière isolée ou en association selon les protocoles décidés. La "conisation" ne permet d'enlever qu'une partie du col de l'utérus. Cette intervention permet de laisser en place une partie du col. Chez la femme qui n'a pas eut d'enfants, l'intervention sera toujours la plus limitée possible... Le chirurgien est parfois obligé de pratiquer une hystérectomie, c'est-à-dire une ablation totale de l'utérus : Celle-ci est habituellement accompagnée d'un contrôle, voire de l'ablation des ganglions locorégionaux.

Vaccin

Depuis juillet 2007, le vaccin contre le cancer du col de l'utérus (Gardasil ® de Sanofi Pasteur MSD) est remboursé à 65% : il est destiné aux filles dès l'âge de 14 ans. "A savoir, il existe désormais le Gardasil 9 avec neuf souches", précise le Dr Philippe Mironneau. Le vaccin n'offre pas une protection contre la totalité des papillomavirus cancérigènes, ni contre les infections existantes. Le frottis reste incontournable. Le maintien du dépistage pour les femmes de 25 à 65 ans est indispensable en parallèle à la vaccination car le vaccin n'est pas sensé se substituer au frottis.

Le vaccin peut être proposé entre 15 et 23 ans, sous réserve que les jeunes femmes n'aient pas eu plus d'un partenaire sexuel. Il est remboursé 165 euros la dose par la caisse d'assurance maladie, sachant que trois injections sont nécessaires. Les deux rappels doivent être réalisés dans les 12 mois suivant la première injection. Ils sont généralement recommandés le second mois et le sixième mois.

Test viral HPV

Le test viral HPV permet une détection du risque de dysplasie du col ou de présence d'un cancer en cas de présence permanente du virus HPV. Le risque semble être écarté pour les 5 ou 10 ans après, si le test est négatif. Ce test doit être refait tous les 5 ans.

Merci au Dr Philippe Mironneau, gynécologue et obstétricien à Dijon.

Cancer du col de l'utérus : âge, symptômes, vaccin
Cancer du col de l'utérus : âge, symptômes, vaccin

Sommaire Définition Âge Stades Symptômes Causes Facteurs de risque Contamination Dépistage et prévention • Frottis • Préservatif Diagnostic Bilan Traitement Vaccin Test viral HPV Définition :...