Chute de cheveux : que faire en cas d'alopécie ?

Brutale ou progressive, la chute de cheveux (alopécie) est souvent source d'inquiétudes. Quelles causes ? Que faire en cas d'alopécie ? Que manger ? Le point avec le Dr Jean-Luc Rigon, dermatologue.

Définition

Tous les êtres humains perdent leurs cheveux au cours de leur vie ; il s'agit là d'un processus normal. "Le capital cheveux diminue tout au long de l'existence. Ainsi, une femme de 60 ans possède la moitié de la chevelure, qu'elle avait à l'âge de 15 ans", explique le Dr Jean-Luc Rigon, dermatologue. Un cheveu ne vit pas toute la vie de l'individu, mais il a un cycle de vie de 5 ans ; après quoi, il meurt et tombe. Chaque follicule capillaire a jusqu'à 20 cycles capillaires. Il ne faut donc pas s'inquiéter outre mesure d'un cheveux qui tombe : il sera la plupart du temps remplacé. 

Alopécie

Parfois, la chute de cheveux s'accélère et n'est plus compensée par une repousse proportionnelle : on parle alors d'alopécie, car la chevelure se raréfie de manière anormale. "On estime qu'une perte de plus 100 cheveux par jour sur une longue période (plusieurs mois), est une perte anormale."

Test de traction

Un test simple permet de savoir si la perte de cheveux est effectivement anormale : le test de traction. "Il faut passer deux mains dans la chevelure en écartant ses doigts à la manière d'un grand peigne. Si, au total, plus de 20 cheveux restent entre les doigts, c'est que le niveau de perte est anormal."

Causes

Perdre ses cheveux en automne, au printemps

L'automne et le printemps sont des périodes propices à la perte de cheveux. "Tous les animaux à poils, dont l'être humain, font leur mue à l'entrée et à la sortie de l'hiver. En septembre-octobre, de nombreuses personnes viennent consulter car elles s'inquiètent d'une perte de cheveux… Or, c'est tout à fait normal à cette période de l'année, mais le manque de moral, qui s'installe dans le passage à la mauvaise saison, majore l'inquiétude", rassure le Dr Rigon.

Régime

Un régime trop strict peut aussi être à l'origine d'une alopécie. "Les tissus du corps qui se renouvellent le plus vite sont les plus impactés par un tel régime. Or, les cheveux se renouvellent très vite." Ces régimes peuvent entraîner des carences, elles-mêmes responsables d'une accélération de la perte de cheveux (carence en zinc, carence en magnésiumcarence en calcium et surtout carence en fer).

Stress, dépression à l'origine d'une pelade

Le stress et la dépression sont une autre cause possible d'alopécie. Ils peuvent être à l'origine d'une pelade, qui est une forme particulière de perte de cheveux, ou d'un blanchiment de la chevelure, car les cheveux blancs tombent en dernier. "C'était le cas de Marie-Antoinette, dont la chevelure est devenue blanche la veille de son exécution." D'autres causes de pelade existent, notamment en cas de problèmes dentaires.

Anesthésie

Le fait d'avoir subi une anesthésie générale est un autre facteur d'alopécie. "Les produits étant toxiques pour la racine, le cheveux meurt puis tombe. Mais en règle générale, les cheveux finissent par repousser." 

Grossesse, accouchement, ménopause

Enfin, des troubles hormonaux peuvent engendrer une alopécie. "Lorsqu'il y a un déséquilibre entre les hormones femelles et mâles, on peut observer une accélération de la chute des cheveux." Des dysfonctionnements des ovaires ou des glandes surrénales font également partie des facteurs identifiés. Les modifications hormonales de la grossesse ou de la ménopause peuvent aussi être en cause. Il en est de même lors de l'accouchement.

Chute de cheveux et alimentation

Des régimes très stricts peuvent engendrer une accélération de la perte de cheveux. En revanche, certains aliments peuvent freiner ou prévenir l'alopécie. "Il en va ainsi de tous les aliments contenants des acides aminés soufrés", précise le Dr Rigon. Parmi ces aliments : viandes, poissons, légumineuses, céréales, œufs.

Les oligoéléments ont aussi un intérêt dans la prévention de l'alopécie, de même que certains compléments alimentaires à base d'acides aminés soufrés. "Mais ils ne sont pas anodins sur le plan digestif : ils peuvent notamment donner des flatulences. Dans tous les cas, il est nécessaire de consulter son médecin avant de prendre ces compléments alimentaires."

"Mieux vaut troquer sa brosse pour un peigne à large dents"

Traitements

Le traitement de l'alopécie est avant tout celui de sa cause. Si l'origine est hormonale, un bilan et une thérapie appropriés seront proposés. "On peut aussi donner un cocktail de vitamines pendant un à trois mois", précise le dermatologue. Un acide aminé soufré sous forme de comprimés (cystéine) est prescrit, de même que des lotions de minoxidil. "A noter que le minoxidil est assez gras ce qui peut donner un aspect inesthétique à la chevelure. Par ailleurs, la présence de propylène glycol dans ces produits peut induire des allergies, dans un cas sur 20."  En revanche, il est un traitement préventif parfaitement inutile, qui a pourtant eu la vie dure : les 100 coups de brosse pour rendre ses cheveux plus résistants. "C'est une légende urbaine. Loin de renforcer le cheveu, cela l'abîme !" Pour entretenir sa chevelure, mieux vaut d'ailleurs troquer sa brosse contre un peigne à large dents, et l'utiliser avec des gestes doux.

Chute de cheveux : qui consulter ?

Le dermatologue est le spécialiste de la perte de cheveux, mais le médecin traitant peut être consulté sur ce point. Si la cause est d'origine hormonale, le suivi se fera avec un endocrinologue ou un gynécologue.

Merci au Dr Jean-Luc Rigon, dermatologue.

Chute de cheveux : que faire en cas d'alopécie ?
Chute de cheveux : que faire en cas d'alopécie ?

Sommaire Définition • Alopécie • Test de traction Causes • Saison • Régime • Stress (pelade) • Anesthésie • Grossesse, ménopause Chute de cheveux et alimentation Que faire ? Qui consulter ? Définition ...