Implant Nexplanon : l'ANSM rappelle les règles de pose et de retrait

Suite à des cas migrations de l'implant contraceptif Nexplanon® dans l'artère pulmonaire et à des lésions neuro-vasculaires, l'Agence du médicament rappelle les instructions de pose et de retrait aux médecins et sages-femmes.

Implant Nexplanon : l'ANSM rappelle les règles de pose et de retrait
© Руслан Нестеренко- 123RF

[Mise à jour le 16 janvier 2020 à 10h00] Chaque année, près de 200 000 femmes se font poser un implant contraceptif Nexplanon® (seul modèle d'implant disponible en France). Il contient de l'étonogestrel, une hormone progestative d'action prolongée, directement diffusée dans le sang et supprimant l'ovulation. Il se présente sous la forme d'un petit bâtonnet inséré sous la peau à l'intérieur du bras. Après la mise en évidence de risques de lésions neuro-vasculaires à l'endroit de son insertion et de migration dans les vaisseaux sanguins et dans le thorax, l'Agence du médicament rappelle ses recommandations de pose et de retrait aux médecins généralistes, gynécologues et sages-femmes amenés à réaliser cet acte délicat, dans un courrier du 14 janvier 2020

Comment se fait la pose de l'implant Nexplanon ?

pose implant contraceptif bras
Position du bras et site d'insertion pour la pose d'un implant contraceptif. © ANSM
  • Position du bras : au moment de la pose le bras de la patiente doit être replié, de sorte que sa main soit sous sa tête (ou le plus près possible) afin de dévier le nerf ulnaire et de réduire ainsi le risque de l'atteindre.
  • Site d'insertion : L'implant doit être inséré au niveau de la face interne du bras non dominant juste sous la peau. Le site d'insertion est en regard du triceps (site dépourvu généralement de vaisseaux sanguins et de nerfs majeurs), à environ 8 à 10 cm de l'épicondyle médial de l'humérus et 3 à 5 cm postérieur au sillon séparant le biceps du triceps. Des vidéos montrant la méthode d'insertion et de retrait sont disponibles.

Comment vérifier la présence de l'implant dans son bras ?

Le professionnel de santé doit palper l'implant immédiatement après l'avoir posé et à chaque visite de contrôle. Il est recommandé de revoir la patiente 3 mois après la pose de l'implant pour s'assurer qu'elle le tolère bien et qu'il est toujours palpable. Le professionnel de santé doit vous montrer comment vérifier vous-même la présence de l'implant : palpation délicate (effleurer le site) et occasionnelle (1 à 2 fois par mois) de l'implant. Si l'implant n'est plus palpable, vous devez contacter votre médecin dès que possible. Le médecin doit vous remettre la Carte d'Alerte Patiente contenue dans la boîte de Nexplanon® et la notice sur lesquelles cette information est rappelée. Il doit vous la demander à chaque consultation en rapport avec l'implant.

Comment se passe le retrait de l'implant ?

  • Position du bras : au moment du retrait le bras de la patiente doit être replié, de sorte que sa main soit sous sa tête (ou le plus près possible) afin de dévier le nerf ulnaire et de réduire ainsi le risque de l'atteindre.
  • Le retrait d'un implant non palpable doit être effectué uniquement par un praticien expérimenté dans le retrait des implants insérés trop profondément et familiarisé à la fois avec l'anatomie du bras et la localisation des implants.

Quels risques de migration dans le poumon ?

En 2016, une lettre d'information envoyée par l'ANSM avertit les professionnels de santé de plusieurs signalements de migration, notamment dans l'artère pulmonaire, de l'implant Nexplanon®. Trois ans plus tard, en décembre 2019, l'Agence renforce ses mesures lors d'un point d'information. En cause :

  • 107 cas de migration d'implants vers l'artère pulmonaire ou le thorax ont été identifiés dans le monde depuis la mise sur le marché de Implanon®/Nexplanon® (28 août 1998) jusqu'au 3 septembre 2019.
  • 30 cas de migration dans l'artère pulmonaire ont été signalés en France depuis mai 2001.
  • Une enquête de pharmacovigilance a estimé l'incidence du risque de migration de l'implant dans l'artère pulmonaire à environ 3,17 pour 100 000 insertions en 2017.

La cause exacte de ces migrations n'est pas encore identifiée. Mais cela peut être dû à une insertion trop profonde au moment de la pose, conduisant au positionnement de l'implant directement dans un vaisseau sanguin. Une autre hypothèse indique que la migration pourrait également survenir à distance de la pose, à la suite d'un choc ou lors de la répétition de certains mouvements (activités sportives par exemple). En cas de lésions neuro-vasculaires ou de migration de l'implant contraceptif, la femme peut ressentir des fourmillements ou présenter des troubles de la sensibilité dans la main.   

Un implant contraceptif doit être changé tous les 3 ans ou 2 ans pour les femmes de plus de 80 kg) .

Pour signaler tout effet indésirable, rendez-vous sur le portail des vigilances : www.signalement-sante.gouv.fr.

Sources : 

  • Lettre aux professionnels de santé "Nexplanon : risque de migration dans les vaisseaux sanguins et dans la paroi thoracique", ANSM. 30 septembre 2016.
  • Point d'information "Implant contraceptif Nexplanon® : renforcement des mesures de réduction du risque de migration notamment dans l'artère pulmonaire", ANSM, vendredi 6 décembre 2019.
  • Lettre aux professionnels de santé "Nexplanon – étonogestrel 68 mg, implant pour usage sous-cutané - Mise à jour des instructions d'insertion et de retrait afin de réduire les risques de lésion neurovasculaire et de migration". ANSM. 15 janvier 2020.