IVG : définition, délai en France, risques, pour qui ?

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"IVG : définition, délai en France, risques, pour qui ?"

En France, plus de 200 000 interruptions volontaires de grossesse sont pratiquées chaque année. Comment ça se passe ? Quel est le délai légal ? Quels sont les risques ? Conditions, où la pratiquer, IVG médicamenteuse, par aspiration (chirurgicale)... Tout savoir.

[Mis à jour le lundi 29 mars à 10h28] Une interruption volontaire de grossesse (IVG) consiste à interrompre une grossesse par l'absorption d'un médicament ou par aspiration. Depuis 2001 en France, elle peut être pratiquée au maximum à la fin de la 12e semaine de grossesse (14 semaines d'aménorrhées). Comment ça se passe ? Quelles sont les conditions ? Qui peut y avoir recours ? Les femmes majeures ? Mineures ?Réponses. 

Définition : c'est quoi une IVG ?

Une IVG est l'acronyme d'interruption volontaire de grossesse. C'est le fait de vouloir interrompre une grossesse, pour des raisons personnelles et propres à la patiente. Il s'agit d'un acte médicamenteux ou chirurgical visant à l'expulsion volontaire hors de l'utérus de l'embryon ou du fœtus, ce qui entraîne la mort de ce dernier,

Quel est le délai légal pour pratiquer une IVG en France ?

La loi Veil du 17 janvier 1975 a légalisé l'interruption volontaire de grossesse pour les femmes. Le délai de 12 semaines d'aménorrhée a été porté en 2001 à 14 semaines d'aménorrhée (donc 12 semaines de grossesse) pour limiter le nombre de femmes contraintes de se rendre à l'étranger pour obtenir leur interruption de grossesse. A noter qu'en France, 1 500 à 2 000 femmes auraient eu recours à une IVG à l'étranger en 2018, à cause d'un dépassement du terme légal, selon le rapport du Comité consultatif national d'éthique dévoilé en décembre. 

► L’IVG par aspiration (ou chirurgicale) peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 12e semaine de grossesse, soit 14 semaines après le début des dernières règles

► L’IVG médicamenteuse est pratiquée jusqu’à la fin de la 5e semaine de grossesse, soit au maximum 7 semaines après le début des dernières règles. En établissement de santé, ce délai peut être prolongé jusqu’à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines après le début des dernières règles).  

Le 8 octobre 2020, les députés se sont montrés favorables à l'allongement du délai légal de deux semaines pour recourir à l'avortement par voie chirurgicale, jusqu'à 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines d'aménorrhée). Cela permettrait de palier le manque de praticiens et de répondre au mieux à la fermeture progressive de centres IVG. Mais, le 20 janvier 2021, le Sénat a rejeté cette proposition de loi. Ce rejet n'empêchera pas la poursuite  de la navette parlementaire. En effet, le groupe des députés LREM a d'ores et déjà annoncé sa volonté de l'inscrire de nouveau à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Le projet de loi reviendra donc à l'Assemblée pour une deuxième lecture

Indications : qui peut bénéficier d'une IVG ?

Une jeune fille mineure, n'a pas nécessairement besoin de l'accord de ses parents pour en faire la demande

Toute femme, qu'elle soit majeure ou mineure a le droit de bénéficier de ce délai légal pour mettre fin à une grossesse non désirée. Une jeune fille mineure, n'a pas nécessairement besoin de l'accord de ses parents pour en faire la demande. Même s'il est important qu'elle soit soutenue par ses parents, elle peut très bien choisir de garder le secret si ce consentement n'est pas obtenu. Les professionnels de santé ont besoin de connaître son nom mais ils sont tenus au secret médical. Aussi, sa demande de secret vis-à-vis de ses parents doit être respectée. Elle peut alors se faire accompagner par une personne majeure de son choix. De même, toute femme majeure a le droit de faire une IVG sans en informer son mari. C'est une démarche personnelle. Les femmes étrangères peuvent également accéder au droit à l'IVG.

Où s'informer ?

Il existe plusieurs structures vers qui se tourner pour obtenir des informations et une aide pour effectuer les démarches nécessaires à l'IVG. Il s'agit :

  • des centres de planification familiale ;
  • des permanences régionales d'information sur la contraception et l'interruption volontaire de grossesse ;
  • des centres de santé ;
  • les établissements d'information, de consultation et de conseil familial.

Les coordonnées des structures par régions sont disponibles sur le site du Ministère de la Santé.

Où peut-on la pratiquer ?

L'IVG médicamenteuse peut être réalisée soit dans un établissement hospitalier, soit dans un cabinet médical libéral, soit dans un centre de planification familiale, soit dans un centre de santé. L'IVG chirurgicale est pratiquée uniquement dans un établissement hospitalier.
A savoir : tous les établissements de santé ne pratiquent pas les IVG. Il faut donc s'en informer le plus rapidement possible afin de ne pas dépasser le délai légal. Par ailleurs, certains d'entre eux sont surchargés et les délais peuvent donc être longs.
L'IVG fait partie des exceptions au parcours de soins coordonnés : il est possible de consulter un médecin autre que le médecin traitant. De plus, il est possible de prendre rendez-vous avec un gynécologue directement sans passer par la case médecin traitant.

Comment se passe un avortement ?

En France, il existe deux méthodes pour interrompre une grossesse. La technique utilisée dépend du souhait de la femme et du terme de la grossesse.

Avant l'IVG : deux consultations obligatoires

Première étape : la demande d'IVG. Pendant l'entretien, le médecin informe sa patiente des différentes méthodes d'IVG, des lieux où la pratiquer et des risques et effets secondaires. Cet entretien médical est aussi l'occasion de faire part des éventuelles inquiétudes rencontrées et de demander des précisions sur les étapes de l'IVG afin de prendre une décision éclairée. Le médecin propose par ailleurs à sa patiente un entretien psycho-social avec une conseillère conjugale, une assistante sociale ou une psychologue. Celui-ci est obligatoire pour les femmes mineures et facultatif pour les femmes majeures. A l'issue de cette première consultation, le médecin remet une attestation de consultation

Deuxième consultation obligatoire. Lors du 2e entretien avec le médecin, la femme confirme sa demande d'IVG et décide avec le médecin où et comment elle souhaite pratiquer son IVG. A noter, qu'il n'existe plus de délai obligatoire de 7 jours à respecter entre les deux consultations. En effet, la suppression de ce délai de réflexion a été votée à l'Assemblée nationale et également adoptée par le Sénat le 18 septembre 2015. Ainsi, il devrait permettre aux patientes d'avoir plus facilement accès à l'IVG médicamenteuse, un procédé moins lourd, mais autorisé seulement jusqu'à cinq semaines de grossesse.

L'avortement médicamenteuse (par cachet)

Elle consiste en la prise de deux comprimés au cours de deux consultations en présence d'un médecin. Elle se fait soit en médecine de ville (cabinet médical, centre de planification familiale, centre de santé) jusqu'à la fin de la 5e semaine de grossesse, soit en établissement de santé jusqu'à la fin de la 7e semaine de grossesse.

 L'avortement par aspiration (chirurgicale)

Elle peut être pratiquée jusqu'à la fin de la 12e semaine de grossesse et se pratique obligatoirement dans un établissement de santé. Techniquement, l'IVG consiste en une dilatation du col de l'utérus puis une aspiration de l'œuf. L'ouverture du col utérin étant facilitée par l'administration d'un médicament. L'intervention, qui dure une dizaine de minutes, se fait le plus souvent sous anesthésie générale. Une hospitalisation de quelques heures est suffisante.
Et après ? La mise en place d'une contraception est indispensable dès que l'IVG est effectuée. Une visite de contrôle doit être faite entre 2 à 3 semaines après l'intervention afin de s'assurer qu'il n'y a pas de complication et que tout se passe bien. Par ailleurs, une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée si la femme éprouve le besoin de parler de sa situation.

IVG : quelle prise en charge ? 

Les frais engendrés par une IVG sont pris en charge à 100 % par la sécurité sociale, tant pour les femmes mineures que majeures. Son tarif dépend de la technique d'IVG et du lieu où elle est pratiquée. En savoir plus sur le site ameli.fr

Sources :

Le site du planning familial

Le site du Ministère des Affaires sociales et de la Santé

A noter qu'il existe des sites d'information sur l'IVG trompeurs. Par exemple, le site "www.ivg.net" se présente comme un "centre national d'écoute anonyme et gratuit" et comme "centre de documentation médicale sur l'avortement". Il propose en outre un numéro vert d'écoute. Cependant, l'association qui édite ce site n'a rien d'officiel. Pire, on trouve presque exclusivement des témoignages négatifs sur l'IVG ainsi que des études sur les "troubles psychologiques" liés à celle-ci.

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