Bienfaits de l'escalade : santé, pour qui, contre-indications

Que ce soit sur un mur d'escalade, des rochers ou en montagne, la pratique de la grimpe se démocratise. Seulement, elle nécessite quelques précautions pour éviter les accidents. Focus sur les bienfaits de l'escalade avec le Dr Kathleen Bojoly, médecin fédéral de la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade.

Bienfaits de l'escalade : santé, pour qui, contre-indications
© Dinis Tolipov

Qu'est-ce que l'escalade ?

Il s'agit d'une activité physique qui consiste à grimper sur des parois. Elle se pratique dans une salle spécialement équipée ou en extérieur sur les reliefs naturels (rochers, montagnes…).

Quels sont les bienfaits pour la santé ?

Ils sont nombreux :

  • Se muscler. La pratique de l'escalade développe les muscles des bras, des cuisses et des épaules afin de se hisser sur la paroi, mais aussi des fessiers, du dos et des abdominaux, notamment en les obligeant à rester contractés un long moment. 
  • Bruler des calories. Une heure d'escalade entraine la dépense de 540 à 750 Kcal, selon la difficulté de la paroi à gravir.
  • Développer l'équilibre. La souplesse et l'agilité sont mises à l'épreuve lors de la pratique de ce sport.
  • Développer les fonctions cognitives. Lors de la pratique de l'escalade, le cerveau fonctionne aussi ! "Il est nécessaire de rester concentré, de faire preuve de stratégie et d'anticipation, afin de grimper en toute sécurité et d'assurer celle de ceux qui accompagne", indique le Dr. Kathleen Bojoly, médecin fédéral de la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade
  • Lutter contre le vertige. "En pratiquant l'escalade, en toute sécurité grâce aux baudrier et cordes, on éprouve sa peur du vide sans risque", assure le Dr. Bojoly. A la clé, on apprend à gérer sa phobie et à la vaincre.
  • Gérer le stress. Cette activité physique est un excellent exutoire au stress. Lorsque le grimpeur est focalisé sur son ascension, il fait le vide et doit garder son sang-froid. En prime, cette activité permet de sécréter de l'endorphine, l'hormone du bien-être.

Qui peut en faire ?

La pratique de ce sport est possible à tout âge, à la condition d'être en bonne forme physique. "Les débutants devront commencer la pratique par des cours avec un moniteur diplômé afin d'apprendre les rudiments de ce sport ainsi que les règles de sécurité, recommande notre expert. Les enfants peuvent commencer dès l'âge de 3-4 ans."

Chez qui est-elle contre-indiquée ?

Les contre-indications sont les suivantes :

  • Articulations douloureuses
  • Toutes pathologies rachidiennes avec retentissement potentiel neurologique.
  • Des séquelles de fractures du rachis ou tassement vertébral.
  • Des pathologies articulaires avec risque de luxation (épaule)
  • Toutes les cardiopathies et maladies coronariennes non équilibrées.
  • L'hypertension artérielle HTA non traitée
  • Les troubles du rythme paroxystiques
  • Les accidents vasculaires cérébraux
  • Les antécédents de pneumothorax spontanés.
  • La prise de substances ou médicaments pouvant altérer le jugement ou diminuer les reflexes.
  • L'épilepsie non équilibrée.
  • Les syndromes psychiatriques non stabilisés. 
  • Diabète insulino-dépendant. "La pratique en salle peut être autorisée si le diabète est correctement équilibré. La pratique de l'alpinisme et de l'escalade en grande voie doit être évaluée en fonction de l'équilibre du diabète et de la capacité des accompagnants à prendre en charge une défaillance éventuelle. Les responsabilités d'encadrement sont contre-indiquées en cas de diabète insulino-dépendant, hormis l'encadrement en SAE", précise le médecin fédéral.

Quels sont les risques de blessures ?

Les articulations de la main et de l'épaule peuvent subir des tendinopathies et des entorses. Dans les cas les plus graves, l'anneau fibreux qui maintient le tendon contre les os des doigts peut se rompre. "Appelé 'rupture de la poulie', cet accident apparaît brutalement et laisse le doigt sans force ni réaction. Le traitement est fonction du stade de rupture : complète ou non, de l'existence d'un décollement entre les tendons et l'os, du niveau d'escalade du patient et de sa pratique de compétitions. Le traitement est orthopédique (immobilisation avec une bague thermoformée et kiné) ou chirurgical, selon les différents critères", précise le Dr. Bojoly.
Beaucoup d'entorses de chevilles ou de genoux, notamment lors de la pratique du bloc en salle (réceptions sur les tapis).
Enfin, les fractures sont possibles, notamment en cas de chutes.

Quelles sont les précautions à prendre ?

"Si vous débutez, il est nécessaire de prendre des cours afin d'apprendre le bon maniement du matériel, les rudiments de ce sport ainsi que la connaissance des codes couleurs, des prises et surtout des règles de sécurité : déplacements dans la salle en faisant attention au autres grimpeurs, assurage, nœuds d'encordement….", recommande notre expert. Il est également important de bien vous équiper : chaussons d'escalade et baudrier adapté. Ce sport nécessite également d'être en bonne condition physique. Un bon échauffement est indispensable avant de se lancer : ceci afin de préparer les muscles des jambes et des bras à l'effort.

Merci au Dr Kathleen Bojoly, médecin fédéral de la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade.