Vitamine D chez l'enfant : doses limites et précautions

Si la vitamine D est essentielle pour assurer la bonne croissance des os chez l'enfant et prévenir le rachitisme, en excès, elle peut menacer le pronostic vital des plus petits. Recommandations.

Vitamine D chez l'enfant : doses limites et précautions
© 123rf-naumoid

La vitamine D est essentielle au bon fonctionnement de l'organisme de l'enfant. En augmentant les concentrations de calcium et de phosphore dans le sang, elle participe à la bonne minéralisation des tissus, notamment des os, cartilage et dents, à une contraction musculaire efficace, à une bonne transmission nerveuse et à une coagulation adéquate. La supplémentation en vitamine D est recommandée en France dès la naissance afin de prévenir le rachitisme et doit être poursuivie pendant toute la phase de croissance et de minéralisation osseuse, c'est-à-dire jusqu'à 18 ans, recommande l'Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale (Anses). Mais sans excès. Conseils.

Quels risques en cas de surdosage ? 

L'Anses a rapporté le 22 septembre 2021, trois cas de surdosage chez des nourrissons, suite à la prise de compléments alimentaires. "Un excès en vitamine D peut avoir de graves conséquences sur leur santé et menacer le pronostic vital des tout-petits" rappelait-elle. Dans un communiqué publié le 27 janvier 2021, l'Agence nationale du médicament (ANSM) et les sociétés savantes de pédiatrie, mettaient en garde contre les dangers d'une supplémentation en vitamine D via des compléments alimentaires chez les enfants et conseillaient l'utilisation de médicaments en goutte à la place. Les autorités de santé ont été alertées par plusieurs cas d'hypercalcémies sévères nécessitant des hospitalisations chez des nourrissons auparavant en bonne santé qui ont été exposés à une supplémentation en vitamine D sous forme de compléments alimentaires. En septembre 2021, l'Anses rapporte trois nouveaux cas. Les centres antipoison ont été appelés à de nombreuses reprises pour des enfants ayant reçu un complément alimentaire à base de vitamine D pendant plusieurs semaines, entrainant un surdosage. Les doses plus de deux fois supérieures à celle recommandée, entraînent un risque d'hypercalcémie. L'hypercalcémie se traduit par un taux excessif de calcium dans le sang, qui peut avoir des conséquences graves, telles qu'une atteinte rénale avec des dépôts de calcium dans le rein. 

Quelles doses maximales ? 

Les recommandations sur la supplémentation en vitamine D en France sont en cours de mise à jour, rapporte la Société Française de Pédiatrie sur son site : "De concert avec les recommandations européennes, nous allons proposes pour TOUS les enfants de 0 à 18 ans une supplémentation quotidienne de 400 à 800 UI par jour de vitamine D, avec une cible de 400 UI par jour pour les enfants sans facteur de risque." Selon la SFP, chaque pédiatre et autre intervenant de la petite enfance le libre choix de la spécialité prescrite, à condition qu'il s'agisse d'une forme "médicamenteuse" de vitamine D, et donc soumise aux processus de fabrication et aux contrôles inhérents au médicament. "La vitamine D est un médicament, à manier comme tel, qui doit faire l'objet d'une prescription médicale. Selon nous, la prescription de vitamine D sous forme de compléments alimentaires doit être proscrite."

Comment donner de la vitamine D à son enfant sans risque ?

La vitamine D est indispensable à la croissance des os chez l'enfant. Comme l'a rappelé l'Agence du médicament "administrer à son enfant trop de vitamine D peut être aussi dangereux que de ne pas en administrer assez". Pour bien faire : 

  • Bien contrôler les doses données à son enfant et ne pas multiplier les produits contenant de la vitamine D pour éviter des surdosages qui pourraient perturber sa fonction rénale.
  • Privilégier l'utilisation d'un médicament contenant de la vitamine D (Adrigyl, Deltius ou ZymaD) par rapport à celle d'un complément alimentaire enrichi en vitamine D, particulièrement chez le jeune enfant. 
  • Ne pas multiplier les produits contenant de la vitamine D.

Pourquoi préférer les médicaments aux compléments alimentaires ? 

Des professionnels de santé ou des parents préfèrent quelquefois substituer certains médicaments à base de vitamine D par des compléments alimentaires enrichis en vitamine D en raison des conservateurs ou huiles essentielles que ces médicaments peuvent contenir. Mais il existe des risques réels de surdosage favorisés par des concentrations élevées (500 à 10 000 UI de vitamine D dans 1 goutte), en cas de mauvaise lecture de l'étiquette des compléments alimentaires ou d'association de compléments alimentaires entre eux. "Nous recommandons donc aux prescripteurs de toujours privilégier l'utilisation d'un médicament par rapport à celle d'un complément alimentaire, tant au regard du bénéfice attendu que du risque, particulièrement chez le jeune enfant" indiquait l'ANSM. de plus, les autorités déconseillent l'achat de complément sur Internet "car ils peuvent être non-conformes à la réglementation", a rappelé l'Anses. 

  • Les notices des médicaments contenant de la vitamine D garantissent une information lisible en termes de doses, de précautions d'emploi, de risque d'effets indésirables et de surdosage.
  • Les médicaments présentent un niveau d'exigence concernant la qualité des matières premières, la fabrication et le contrôle du dosage dans chaque lot de fabrication supérieur à celui des compléments alimentaires.

Quels sont les médicaments disponibles en France ? 

Dans la prévention de la carence en vitamine D, les médicaments administrés sous forme de gouttes sont les suivants :

tableau-recommandation-medicaments-vitamine-d-enfant
Médicaments en goutte contenant de la vitamine D recommandés pour les enfants. © ANSES

Sources : 

Vitamine D : privilégier les médicaments pour éviter le surdosage chez les nourrissons. Anses. 22 septembre 2021.

Vitamine D chez l'enfant : recourir aux médicaments et non aux compléments alimentaires pour prévenir le risque de surdosage, ANSES, 27 janvier 2021. 

Communiqué de l'Académie nationale de Médecine : Vitamine D et Covid-19, Académie Nationale de Médecine, 22 mai 2020.

Santé du bébé et de l'enfant