Champignon hallucinogène : effets secondaires, doses, dangers...

Il existe plus de 5000 espèces de champignons dans les forêts françaises dont environ 200 considérées comme hallucinogènes. Même si leur consommation n'entraîne pas de réelle dépendance, elle comporte des risques sérieux à la fois physiques et psychiques.

Champignon hallucinogène : effets secondaires, doses, dangers...
© Vitaly Fedotov - 123RF

Définition : qu'est-ce qu'un champignon hallucinogène ?

Les champignons hallucinogènes sont des champignons aux effets psychotropes, contenant des composés hallucinogènes tels que la psilocybine et la psilocine. À faibles doses, ils altèrent les perceptions, la pensée et l'humeur en provoquant une légère euphorie, tout en préservant la lucidité du consommateur. Ils entraînent de véritables hallucinations en général à forte dose et altèrent la perception du temps et de l'espace avec la sensation que le temps se ralentit.  

Composition

La psilocybine est la principale substance psychoactive des champignons hallucinogènes. Après ingestion, la psilocybine est transformée en une forme pharmacologiquement active, la psilocine, elle-même également présente dans le champignon, mais en quantité inférieure. Elle agit directement sur le cerveau, et en particulier sur la sérotonine, provoquant un bien être mais aussi des hallucinations à plus forte dose. Une autre espèce de champignon, Amanita muscaria (l'amanite tue-mouches), entraîne un état de délire accompagné d'hallucinations, mais ses principaux agents actifs sont le muscimole et l'acide iboténique.

Il en existe plus de 50 espèces

Noms

Les champignons contenant de la psilocybine et de la psilocine sont généralement du genre Psilocybe, Panaeolus et Copelandia et il en existe plus de 50 espèces. L'amanite tue-mouches (Amanita muscaria) peut aussi être utilisée mais elle est particulièrement dangereuse pour la santé.

Légal en France ?

Les champignons hallucinogènes sont inscrits sur la liste des stupéfiants en France depuis 1990. Leur possession, leur usage, leur détention, leur transport et leur ramassage sont passibles de sanctions pénales. Interdits à la vente et à la consommation en France, ils sont vendus en vente libre dans certains pays comme les Pays bas. Ils se présentent sous forme de morceaux entiers, frais ou séchés et sont le plus souvent ingérés crus, infusés ou cuisinés, et peuvent aussi être fumés. La plupart des consommateurs recherchent une expérience introspective ou mystique. Du fait de leurs effets psychotropes, il est conseillé de les consommer plutôt en groupe avec au moins une personne responsable qui peut surveiller les effets et prévenir les secours en cas de besoin.

Effets secondaires après la prise

En fonction de la dose, du consommateur et du type d'espèce consommée, les champignons hallucinogènes provoquent des effets secondaires à type d'hallucinations :

  • Visuelles, qui se traduisent par une intensification des couleurs, une vision kaléidoscopique, et une modification des formes,
  • Auditives avec une sensation d'augmentation de l'acuité auditive, des bourdonnements, et des sifflements,
  • Tactiles avec une augmentation de la sensibilité du toucher,
  • Synesthésiques avec une modification de la perception des sons qui sont vus, ou des images qui sont entendues ou ressenties.

Chez certaines personnes une forte anxiété se manifestent (le "bad trip") avec un état de malaise et une agitation intense sous forme d'attaque de panique. Des vertiges, des étourdissements, des troubles digestifs (nausées, douleurs abdominales), une sensation d'engourdissement des membres, une augmentation de la température corporelle avec une transpiration abondante, une accélération du rythme cardiaque, et une élévation de la tension artérielle peuvent se manifester, rendant l'expérience désagréable et nécessitant un avis médical en urgence.

Dangers sur le long terme

La consommation à long terme de champignons hallucinogènes peut entraîner des risques de troubles du comportement en lien avec les hallucinations et l'agitation. L'usager peut alors se mettre en danger, chuter ou présenter un comportement violent. Le risque de surdosage n'est pas non plus négligeable, en particulier avec l'amanite tue-mouche dont la dose hallucinogène est très proche de la dose toxique.

Chez certains consommateurs, une utilisation récurrente peut entraîner un délire paranoïaque avec une perte de contact avec la réalité et des comportements d'automutilation ou des tentatives de suicide. Une prise en charge hospitalière et un traitement médicamenteux sont alors nécessaires.

Effets sur le cerveau

De par son action psychoactive direct sur la sérotonine dans le cerveau, les champignons hallucinogènes provoquent une exaltation de l'humeur, et des hallucinations. Ils provoquent une altération de la perception de la réalité à travers les cinq sens. Les hallucinations peuvent donc être à la fois tactiles, auditives, et synesthésiques, entraînant une modification de la perception de son corps et de son environnement. Les effets disparaissent immédiatement après la digestion des champignons et leur élimination.

Effets sur le corps

Les effets sur le corps des champignons hallucinogènes concernent principalement la digestion avec des risques de nausées, de vomissements ou de diarrhées.

Au bout de combien de temps a-t-on les effets ?

Les effets apparaissent environ 30 minutes à 1 heure après l'ingestion.

Durée des effets

Les effets durent jusqu'à 12h en fonction de la digestion. 

Dose et effets

Les effets sont directement dépendants de la dose ingérée et de la digestion du consommateur. Cependant, la dose psychotrope est souvent très proche de la dose toxique, pouvant entraîner un risque mortel. Il est donc préférable de toujours commencer par la plus petite dose et d'augmenter progressivement au moins une heure après la première ingestion pour éviter un surdosage.

Signe de la dépendance

La consommation de champignons hallucinogènes n'entraîne pas de dépendance physique ou de phénomène d'addiction. Cependant, certains consommateurs peuvent présenter une tolérance aux effets psychédéliques avec la nécessite d'augmenter les doses pour obtenir le même effet. Aucun syndrome de sevrage n'est constaté après la fin des effets, le consommateur retrouve son état habituel.

Comment ne plus être dépendant ?

Si la consommation de champignon devient problématique en raison d'une consommation fréquente ou de ses conséquences (financières, mise en danger, conflits…), il est possible de trouver de l'aide auprès d'un addictologue, en libéral, à l'hôpital ou dans les CSAPA (Centres de Soin, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie). Un suivi psychologique est toujours conseillé. Certaines thérapies comme la TCC (Thérapie Cognitive et Comportementale) ont fait leur preuve dans ce type de problématique.

Mes conseils

Avant de consommer des champignons hallucinogènes, il est préférable de prendre certaines précautions comme d'éviter de manger dans les 6 à 8h avant la prise car les effets peuvent alors être différés et provoquer des nausées et des vomissements avec le bol alimentaire. De plus, il est préférable de ne pas mélanger plusieurs produits ensemble et de se laisser toujours 24 heures entre chaque consommation. En raison de l'augmentation de la température corporelle, il est préférable de s'habiller plutôt légèrement et de bien s'hydrater. Enfin, la consommation doit toujours être envisagée en groupe, entourée de personnes de confiance n'ayant pas consommé.

En cas de questions, n'hésitez pas à contacter Drogues infos service 0800 23 13 13 (tous les jours de 8h à 2h, appel anonyme et gratuit)