Atrophie cérébrale : symptômes, causes, lien avec Alzheimer, traitement

L'atrophie cérébrale correspond à un rétrécissement du cerveau. Elle peut être liée au vieillissement mais aussi à une pathologie neurodégénérative comme Alzheimer. Symptômes, causes, diagnostic, traitements... Le point avec le Pr Emmanuelle Duron, neurologue-gériatre à l'hôpital Paul Brousse.

Atrophie cérébrale : symptômes, causes, lien avec Alzheimer, traitement
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Définition : qu'est-ce qu'une atrophie cérébrale ?

 

L'atrophie cérébrale représente une diminution de la taille du cerveau qui touche une partie ou la totalité du cerveau. Elle consiste en une perte de la masse cérébrale et peut engendrer des troubles neurologiques. Dans la maladie d'Alzheimer, une atrophie cérébrale concernant les zones impliquées dans la mémoire objectivée par un scanner ou une IRM est présente. L'atrophie cérébelleuse qui touche le cervelet peut être secondaire à une consommation chronique et excessive d'alcool ou être d'origine héréditaire. Elle se manifeste alors par un syndrome cérébelleux avec des troubles de l'équilibre et de la coordination des mouvements. "L'atrophie cérébrale est une constatation que l'on fait lors d'une IRM à la recherche d'une maladie cérébrale. Ce n'est pas une pathologie en tant que telle car la taille du cerveau diminue avec l'âge de toute manière", commente le Pr Emmanuelle Duron, neurologue-gériatre à l'hôpital Paul Brousse et chercheuse à l'INSERM au sein de l'unité MOODS.

Quels sont les symptômes ?

Tout dépend de la zone du cerveau touchée par l'atrophie. "Si l'atrophie cérébrale touche des zones de mémoire telles que l'hippocampe, elle va se manifester par des troubles de la mémoire, précise la neurologue-gériatre. Si l'atrophie touche une zone du langage, on va observer ce que l'on appelle une aphasie, c'est-à-dire des difficultés trouver ses mots. S'il s'agit d'une atrophie liée à l'âge, on va constater des troubles de l'attention et une plus grande lenteur dans la planification de l'action".

Quelles sont les causes ?

Les deux causes principales de l'atrophie cérébrale sont :

Le vieillissement pour lequel il n'y a pas de symptômes particuliers à part éventuellement des troubles de l'attention.

Les maladies neurodégénératives dont la maladie d'Alzheimer, la dégénérescence fronto-temporale, la maladie des corps de Lewy et les troubles cognitifs majeurs d'origine cardiovasculaire.

Quelles sont les conséquences ?

Les maladies citées ci-dessus sont des causes de l'atrophie cérébrale et non des conséquences. Par exemple, dans la maladie d'Alzheimer, l'atrophie cérébrale est un des signes de la maladie objectivable à l'IRM. Au cours du temps, les fonctions cognitives du sujet diminuent, s'inscrivant dans le cadre des troubles cognitifs majeurs qui sont associés à une perte d'autonomie.

Quel est le diagnostic ?

L'atrophie cérébrale peut être découverte lors d'une exploration de troubles cognitifs. "Par exemple, le diagnostic de la maladie d'Alzheimer se fait par des tests neuropsychologiques très précis, et une I.R.M cérébrale peut conforter le diagnostic. C'est à ce moment-là que l'on peut voir s'il y a une atrophie cérébrale à l'endroit où on l'attend, à savoir au niveau de l'hippocampe. Parfois, une ponction lombaire peut permettre de déceler certains marqueurs quand on est au début de la maladie d'Alzheimer", indique le Pr Emmanuelle Duron. Une scintigraphie cérébrale peut également être indiquée. "La recherche d'une atrophie cérébrale n'est pas un motif de prescription d'une I.R.M. en soi. Il est nécessaire de passer par une consultation mémoire qui justifierait d'en faire une", continue-t-elle.

Quels sont les traitements ?

Le traitement de l'atrophie cérébrale est celui de sa cause. "Ce qui est fait est fait, c'est trop tard, on va simplement éviter que les choses s'aggravent", précise la spécialiste. Si l'origine est vasculaire, il va falloir contrôler les facteurs de risques cardio-vasculaires (hypertension artérielle, diabète, hypercholestérolémie, surpoids). "Si c'est une atrophie dont la cause est la maladie d'Alzheimer, il n'existe pas encore de traitement curatif mais des traitements symptomatiques qui permettent de ralentir le déclin cognitif. Aujourd'hui, on peut continuer à les prescrire mais ils ne sont plus remboursés. En terme de recherches sur la maladie d'Alzheimer, on est sur la piste d'une vaccination avec des anticorps dirigés contre les anomalies qui créent la maladie d'Alzheimer. Dans ce cadre un médicament qui n'a pas encore été approuvé en France donne de l'espoir", poursuit la neurologue-gériatre.

Quelle espérance de vie ?

Même dans le vieillissement normal, le cerveau rétrécit. Ce n'est pas l'atrophie cérébrale qui peut diminuer l'espérance de vie mais la maladie qui en est la cause.

Merci à Pr Emmanuelle Duron, neurologue-gériatre à l'hôpital Paul Brousse et chercheuse à l'INSERM au sein de l'unité MOODS.

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