Cancer du cerveau : signes, noms, traitements, causes, stades, survie

Le cancer du cerveau est une lésion tumorale qui se développe dans le crâne à différents niveaux. Les symptômes sont donnés par la localisation, le type morphologique et l'évolution des tumeurs. Explications avec le Dr Vas Ciprian Barlog, neurologue spécialisé en neuro-oncologie à l'hôpital de Gonesse.

Cancer du cerveau : signes, noms, traitements, causes, stades, survie
© 123RF-Kirsty Pargeter

Le cancer du cerveau est une lésion tumorale qui se développe dans le crâne à différents niveaux : parenchyme, hémisphères cérébrales, cervelet, tronc cérébral, méninges (méningiomes), structures vasculaires (angiomes) ou glandulaires (adénomes). Les symptômes sont donnés par la localisation, le type morphologique et l'évolution des tumeurs. Ce sont des symptômes qui sont en général communs aux autres pathologies neurologiques (maux de tête, épilepsie...). C'est pour cela que depuis plusieurs années, une nouvelle spécialité est apparue. On parle de la neuro-oncologie et des neuro-oncologues, médecins qui sont à la base des neurologues avec des compétences oncologiques particulières concernant seulement les pathologies neurologiques. Explications avec le Dr Vas Ciprian Barlog, neurologue spécialisé en neuro-oncologie à l'hôpital de Gonesse.

Définition : qu'est-ce que le cancer du cerveau ?

Les tumeurs intracrâniennes peuvent être soit bénignes, soit malignes. Chez l'adulte, elles se localisent principalement au-dessus de la tente du cervelet, partie d'une méninge qui sépare le cerveau au-dessus, du cervelet en-dessous. Parmi les tumeurs bénignes qui sont le plus souvent situées en dehors du tissu cérébral à proprement parler, on retrouve essentiellement les schwannomes développés à partir d'un type cellulaire particulier, les cellules de Schwann, et les méningiomes développés au niveau des méninges, une des trois membranes recouvrant et protégeant le cerveau. Les tumeurs malignes sont elles aussi de plusieurs types, mais se localisent plus volontairement au niveau du parenchyme cérébral. Une tumeur découverte au niveau du cerveau entraîne souvent des signes similaires qui ne permettent initialement pas de définir le caractère bénin ou malin de la tumeur, et même si l'imagerie oriente vers une origine, le prélèvement, ou biopsie, est nécessaire pour faire le diagnostic.

Schéma du cerveau
Schéma du cerveau © Institut National du Cancer

Quels sont les noms des tumeurs du cerveau ?

Il existe un grand nombre de tumeurs du cerveau différentes. Selon leur localisation, leur taille et la vitesse à laquelle elles se développent, ces tumeurs n'entraînent pas les mêmes symptômes et n'ont pas la même gravité. Les tumeurs du cerveau portent généralement le nom des cellules à partir desquelles elles se développent

Gliome

Ces sont les cancers les plus connus, appelés comme ainsi parce que la cellule endommagée est la cellule gliale qui se trouve autour des neurones. La classification prend en compte le degré d'agressivité. Il y a plusieurs types, de I à IV, le premier étant le moins agressif.

Glioblastome

"Il s'agit du grade IV des gliomes, il est le plus agressif et le plus répandu. Les traitements connus aujourd'hui ne permettent pas de guérir cette maladie. Il n'a que des moyens par chimiothérapie et radiothérapie de rallonger l'espérance de vie à un an, un an et demi" explique le Dr Vas Ciprian Barlog, neurologue spécialisé en neuro-oncologie à l'hôpital de Gonesse.

Méningiome

Le méningiome affecte les cellules des méninges et peut être localisé autour du cerveau et de la moelle épinière. La forme la plus courante de méningiome est bénigne, et son pronostic favorable. Le docteur Barlog, précise qu'il existe aussi "des formes malignes qui nécessitent un traitement chirurgical et radiothérapie".

Médulloblastome

 C'est une lésion maligne au niveau de la moelle épinière et du cervelet. Cette lésion tumorale apparaît principalement chez les enfants et les adolescents. "Cela provoque comme symptôme des troubles de la marche, de l'équilibre, une hypertension intracranienne. Il y a des traitements spécifiques et la possibilité de guérir selon le stade d'intervention" précise le Docteur Barlog.

Adénomes Hypophysaires

C'est une tumeur le plus souvent bénigne qui se développe dans la glande de l'hypophyse. "Cette glande, située derrière la chiasma optique, dans la fosse hypophysaire de l'os sphénoïde, contient des cellules qui produisent des hormones réglant l'activité de plusieurs organes. Un adénome hypophysaire peut alors créer des déséquilibres hormonaux. En fonction de l'adénome le traitement sera médical ou chirurgical. Les adénomes hypophysaires sont pour la majeure partie des lésions bénignes. Si elles sont malignes, le pronostic est favorable si elles sont traitées à temps" détaille le médecin.

Lymphome cérébral

Le lymphome cérébral touche en particulier les patients immunodéficients et les personnes âgées de plus de 60 ans. "Son traitement n'est pas pratiqué partout, car il nécessite une surveillance étroite, une chimiothérapie lourde. Une partie des patients peuvent avoir une rémission très longue et il y a beaucoup de récidives. Les spécialistes étudient des traitements avancés à partir de cellule souches afin d'améliorer le pronostic, qui est pour le moment encore défavorable" précise le docteur Barlorg. La survie est plus importante chez les jeunes.

Quels sont les chiffres en France ?

En France, selon l'Institut national de recherche contre le cancer, il y a autour de 5000 nouveaux cas de cancer du cerveau, tout type confondu, par année. Si les méningiomes sont plus fréquents chez les femmes, les autres tumeurs cérébrales sont plus fréquentes chez les hommes.   

Quelles sont les causes d'un cancer du cerveau ?

"Si des cancers comme ceux du poumon ou du foie ont des causes comme le tabac ou l'alcool, il n'y a pas encore de facteur de risque incriminé dans celui du cerveau" répond notre interlocuteur. "Il y a des formes génétiques, assez rares, que l'on peut suspecter, par exemple, si des glioblastomes apparaissent chez un jeune patient ou s'il a des membres de famille qui ont eu un cancer cérébral" précise-t-il.

Quels symptômes chez la femme ?

"Les cancers du cerveau grossissant à l'intérieur du crâne (qui est rigide, inextensible), causent une hypertension intracrânienne qui donne des symptômes neurologiques commun à l'homme et la femme. En général, les femmes sont peut-être plus sujettes aux céphalées, nausées, vomissements, bien que ces symptômes apparaissent aussi chez les hommes" informe le Dr Barlog. "Cependant, dans le cas d'adénome hypophysaire, qui peut provoquer des dérèglements hormonaux, certaines femmes auront des sécrétions de lait hors de la grossesse, des aménorrhées."

→ les maux de tête apparaissent plutôt le matin au réveil et s'accompagnent souvent de nausées, voire de vomissements. Ils sont provoqués par une augmentation de la pression à l'intérieur du crâne

→ les crises d'épilepsie peuvent aussi être un signe d'appel d'une tumeur au cerveau (chez la femme mais aussi chez l'homme).

Quels symptômes chez l'homme ?

Si les symptômes sont très peu différenciés selon le sexe, le docteur Barlog souligne que "les hommes vont faire plus de crises d'épilepsie. Toujours dans le cas d'un adénome hypophysaire, et d'un dérèglement des hormones sexuelles, les hommes peuvent souffrir d'impuissance et de gynécomastie (l'augmentation des glandes mammaires)".

Quels sont les stades du cancer du cerveau ?

"On ne parle pas de stades d'évolution dans les cancers du cerveau comme pour les autres cancers. Les cancers du cerveau sont évaluées en grades histologiques, de I à IV, le I étant le moins agressif puis il y a des sous-catégories en fonction de différents critères moléculaires. Les spécialistes s'appuient sur le type de cancer, sa localisation, sa taille et son extension pour mettre en place un traitement et établir un pronostic" explique le neuro-oncologue

Diagnostic : comment savoir si on a un cancer du cerveau ?

"Il y a deux façons de découvrir un cancer du cerveau : soit un événement aigu qui fait se rendre aux Urgences, la plupart du temps il s'agit d'une crise d'épilepsie. On fait alors un scanner cérébral qui peut révéler une masse anormale au niveau du cerveau. Ou bien alors, il y a une apparition progressive de symptômes neurologiques : céphalées, nausées, vomissements, déficits neurologiques, troubles de langage, cognitifs. Le médecin généraliste ou neurologue, va prescrire un scanner ou une IRM. Les médecins parlent alors de suspicion de tumeur, pour avoir confirmation, un neurochirurgien réalise une biopsie ou une chirurgie" décrit le neuro-oncologue.

Quels traitements pour soigner un cancer du cerveau ?

"Une fois le diagnostic établit, différents médecins spécialistes, neurologues, oncologues, neuro-chirurgiens se rencontrent afin d'établir ensemble une ligne de conduite pour le traitement" explique notre interlocuteur.

Si la tumeur n'est pas cancéreuse, elle sera enlevée chirurgicalement, si elle est dans une zone accessible à la chirurgie.

Pour les cancers du cerveau, il existe trois grandes thérapeutiques : la chimiothérapie, la chirurgie et la radiothérapie. La chimiothérapie consiste à prendre des médicaments qui vont détruire les cellules cancéreuses. Elle peut être employée en complément de la radiothérapie, avant une intervention chirurgicale pour faciliter l'intervention, ou après celle-ci pour détruire les cellules tumorales restantes. Le traitement chirurgical consiste à retirer la tumeur. La radiothérapie utilise quant à elle des rayons pour détruire les cellules cancéreuses.

Quelles sont les chances de survie ?

Il est difficile de donner les chances de survie de manière globale. Le pronostic d'un cancer du cerveau dépend du type et de son grade. L'espérance de vie dépend également d'autres facteurs, communs à l'ensemble des tumeurs du cerveau, tels que l'âge, l'état de santé général, les risques cardiovasculaires et respiratoires, la tolérance aux médicaments, et les capacités de récupération neurologique.

Merci au Dr Vas Ciprian Barlog, neurologue spécialisé en neuro-oncologie à l'hôpital de Gonesse.

Voir : le livret sur les tumeurs du cerveau de l'Institut national du cancer publié en 2010.

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