Myocardite : symptômes, après Moderna, Covid, traitement

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"Myocardite : symptômes, après Moderna, Covid, traitement"

La myocardite est une inflammation du myocarde, le plus souvent causée par l'infection du myocarde par un virus. Il s'agit aussi d'un effet indésirable reconnu des vaccins à ARNm (Comirnaty de Pfizer-BioNTech et Spikevax de Moderna. Quels sont les symptômes ? Les causes ? Le diagnostic ? Les traitements ?

[Mis à jour le jeudi 14 octobre à 16h11] La myocardite est une inflammation du myocarde, le plus souvent causée par l'infection du myocarde par un virus. Les infections virales, comme le Covid, sont une cause fréquente de myocardite, pouvant entraîner une hospitalisation, une insuffisance cardiaque voire une mort subite. L'Agence du médicament (ANSM) a été informée de la suspension de la vaccination avec Spikevax (Moderna) au Danemark et en Suède, ainsi qu'en Finlande, chez les moins de 18 ou  30 ans selon les pays, après la survenue de cas de myocardites. Pour rappel, des cas de myocardites et de péricardites ont déjà été signalés en France et en Europe après l'utilisation d'un vaccin ARNm (Comirnaty de Pfizer BioNTech et Spikevax de Moderna), le plus souvent après la 2e dose et chez des hommes jeunes. L'Agence européenne des médicaments (EMA) avait alors conclu que ces effets peuvent survenir très rarement après la vaccination et figurent désormais dans les notices des vaccins. En revanche, ils ne remettent pas en cause le rapport bénéfice/risque des vaccins contre la Covid-19. Les données disponibles suggèrent que l'évolution de la myocardite après la vaccination est similaire à l'évolution typique de ces affections, s'améliorant généralement avec le repos ou le traitement. Quels sont les symptômes, les traitements et les chances de guérison d'une myocardite ? Quels signes d'alerte après la vaccination ? Infos.

Définition : qu'est-ce qu'une myocardite ?

La myocardite est une inflammation du myocarde, le plus souvent causée par l'infection du myocarde par un virus. Le myocarde forme la masse principale du cœur. C'est un muscle strié, épais et creux capable de se contracter de manière rythmique et involontaire. En se contractant, le myocarde permet au sang de circuler dans les vaisseaux sanguins et de nourrir les différents organes du corps. L'inflammation du myocarde causée par un virus entraîne la destruction des cellules composant le myocarde et diminue ainsi sa capacité de contraction et sa capacité à fournir un apport en sang. Progressivement, le cœur n'est donc plus capable de pomper du sang. L'inflammation peut s'étendre à tout le muscle cardiaque ou se limiter à une ou quelques zones. Dans ce cas, les symptômes seront bénins et la prise en charge rapide et adaptée pourra permettre une guérison. En revanche, une inflammation étendue dans tout le cœur peut entraîner une insuffisance cardiaque importante, de graves troubles du rythmes cardiaques et parfois une mort subite

Schéma d'une myocardite inflammation du coeur
Schéma d'un coeur sain et d'une myocardite © Viktoriya Kabanova - 123RF

Myocardite après Pfizer : combien de cas ?

En France, depuis le début de la surveillance, 238 cas graves de myocardite, une inflammation du myocarde (le muscle qui permet au cœur de se contracter), ont été observés dont 33 chez des moins de 19 ans, selon les données de l'ANSM à la mi-septembre. Ils sont principalement survenus dans les 14 jours suivant la vaccination, plus souvent après la deuxième dose et chez des hommes jeunes. Les  données analysées en France et au niveau international confirment l'existence d'une association causale entre le vaccin Comirnaty et la myocardite. Les myocardites font désormais partie intégrante des effets indésirables listé dans le RCP du vaccin Comirnaty. Les données françaises indiquent que les myocardites sont, pour la grande majorité, résolutives et non sévères.

Myocardite après Moderna (Spikevax) : nombre de cas, que sait-on ?

79 cas graves de myocardites sont rapportés le 24 septembre par l'ANSM dont 9 chez des moins de 19 ans. Le signal est désormais officiellement reconnu à l'Europe et inscrit dans le RCP des vaccins à ARNm dont Moderna depuis septembre. La vaccination avec Moderna a été suspendue au Danemark, en Suède et en Finlande, chez les moins de 18 ou 30 ans selon les pays, après la survenue de cas de myocardites.

Myocardite chez les jeunes : nombre de cas ?

Après Pfizer : 33 cas de myocardite ont été rapportés chez les moins de 19 ans. Depuis le 15 juin 2021, la vaccination chez les sujets les plus jeunes (12-18 ans) est possible avec le vaccin Comirnaty. Au 16 septembre 2021, plus de 4,5 millions d'entre eux ont reçu au moins une injection. Au total, 591 cas dont 206 graves ont été rapportés après la vaccination. Aucun signal n'a été identifié chez les sujets les plus jeunes. "Au vu des données, le profil des effets indésirables chez les jeunes de 12 à 18 ans est similaire à celui des adultes."

Après Moderna : 9 de myocardite ont été rapportés chez des moins de 19 ans. Depuis le 28 juillet 2021, la vaccination chez les sujets les plus jeunes (12-18 ans) est possible avec le vaccin Spikevax. x. Au 16 septembre 2021, plus de 285 000 d'entre eux ont reçu au moins une injection. Au total, 65 cas dont 18 graves ont été rapportés après la vaccination. Le délai de survenue après la réalisation de l'injection de Moderna était inférieur à 72 heures pour 51 cas (78,5 %). Aucun signal n'a été identifié chez les sujets les plus jeunes. Au vu des données, le profil des effets indésirables chez les patients de 12-18 ans est similaire à celui des patients adultes, estime l'ANSM.

Myocardite : une complication du Covid-19 ?

Les infections virales, comme le Covid,  sont une cause fréquente de myocardite, une inflammation du muscle cardiaque (myocarde) qui peut entraîner une hospitalisation, une insuffisance cardiaque et une mort subite. Publiée le 27 mars 2020 dans le Journal of American Medicine Association (JAMA), une étude avait montré qu'un syndrome respiratoire aigu sévère, l'un des symptômes d'une infection au nouveau coronavirus, semblait affecter le myocarde et provoquer des myocardites. Les auteurs de l'étude rappelaient d'ailleurs que les virus de la famille des coronavirus sont capables d'affecter le système cardiovasculaire. Par ailleurs, des médecins français, italiens, britanniques et belges avaient signalé des cas de syndromes inflammatoires chez des enfants de 10 à 15 ans. En France, l'alerte a été donnée par l'Hôpital Necker qui a rapporté 25 cas d'enfants admis en réanimation et qui présentaient des syndromes inflammatoires du cœur, des poumons ou de l'appareil digestif "associant fréquemment une défaillance circulatoire avec des éléments en faveur d'une myocardite", détaille le Dr Damien Bonnet, coordonnateur du réseau M3C Necker (centre de référence des maladies cardiaques congénitales complexes) à Paris dans un article de Midi Libre. Ces symptômes évoquent la maladie de Kawasaki, une pathologie essentiellement infantile, rare mais qui représente toutefois la première cause de maladie cardiaque acquise dans l'enfance dans les pays industrialisés. En phase aiguë, on peut observer une myocardite et/ou une péricardite, une inflammation de la membrane recouvrant le cœur. Non soignées, ces inflammations peuvent accroître le risque d'insuffisance cardiaque, de troubles du rythme cardiaque et d'infarctus. 

Quelle est l'évolution d'une myocardite ?

Une inflammation du myocarde se déroule généralement en trois phases :

  • Phase d'infection par un virus, qui peut durer quelques jours.
  • Phase auto-immunitaire, qui peut s'étendre de quelques semaines à quelques mois.
  • Phase au cours de laquelle apparaissent les premiers signes d'insuffisance cardiaque. Les cellules de ses parois étant enflammées ou détruites, le cœur n'est plus capable de pomper du sang. 

Quelles sont les causes d'une myocardite ?

Dans la très grande majorité des cas, la myocardite est causée par une infection virale qui attaque les cellules du muscle cardiaque. Ce sont généralement les virus de la famille des Coxsackievirus ou des Adenovirus qui sont responsables d'une myocardite. Elle peut également être associée à une autre pathologie bactérienne comme la maladie de Lyme, la Bartonellose ou la diphtérie. Dans de rares cas, elle peut résulter d'une réaction toxique suite à la prise d'un médicament, de substances comme l'alcool, la cocaïne, le plomb, l'arsenic ou encore suite à une morsure de serpent ou de scorpion. Dans ce cas, la myocardite est appelée "myocardite d'hypersensibilité". Dans de très rares cas, la myocardite peut survenir après certaines chimiothérapies, radiothérapies ou électrocutions. 

Quels sont les symptômes d'une myocardite ?

L'ANSM recommande aux personnes recevant les vaccins Covid de contacter immédiatement un médecin si des symptômes suggérant une myocardite surviennent. Ces symptômes incluent un essoufflement, des palpitations (battements cardiaques forts, parfois irréguliers), et une douleur dans la poitrine.

• Quels symptômes après la vaccination Covid ?

L'ANSM recommande à toute personne vaccinée contre le Covid présentant des symptômes tels qu'un essoufflement (dyspnée), des douleurs dans la poitrine, des palpitations (battements cardiaques forts,) ou un rythme cardiaque irrégulier de consulter rapidement un médecin. 

Premiers symptômes d'une myocardite

Les signes cliniques d'une myocardite sont de nature et de gravité variables, et ne sont pas forcément spécifiques à cette pathologie. Dans les formes les moins sévères, la personne ne ressent aucun symptôme. Certaines inflammations du myocarde peuvent en revanche se caractériser par des symptômes ressemblant à ceux de la grippe :

  • fièvre
  • maux de tête
  • courbatures et douleurs au niveau des articulations
  • grande fatigue
  • diarrhées
  • maux de gorge...

Symptômes d'une myocardite sévère

Dans les cas les plus sévères, peuvent survenir des symptômes d'origine cardiaque :

  • douleurs au thorax et au niveau de la poitrine (accompagnées de palpitations et d'une sensation d'oppression permanente)
  • jambes enflées (œdème)
  • gêne et difficultés à respirer (dyspnée)
  • insuffisance cardiaque et essoufflement même au repos
  • troubles du rythme cardiaque (battements cardiaques rapides ou irréguliers...)

Symptômes d'une myocardite fulminante

Dans le cas d'une myocardite dite fulminante, l'inflammation évolue rapidement vers une grave défaillance du cœur (détresse respiratoire, voire un arrêt cardiaque) qui nécessite une prise en charge en urgence et parfois la mise en place d'une assistance circulatoire ou d'une transplantation cardiaque.

Diagnostic : IRM, ECG, bilan sanguin ?

Le diagnostic d'une myocardite repose d'abord sur un interrogatoire (présence de symptômes listés ci-dessus, antécédents médicaux ou familiaux...) et un examen physique complet, pratiqué par un médecin. Si ce dernier soupçonne une myocardite, il peut prescrire à son patient la réalisation d'examens plus poussés pour détecter des signaux inflammatoires et identifier la présence d'un virus dans le sang comme un électrocardiogramme (ECG), des prélèvements sanguins (taux de protéine C-réactive, de la vitesse de sédimentation ou de globules blancs), un échocardiogramme, une IRM cardiaque, une coronarographie (pour éliminer la piste d'un éventuel infarctus du myocarde dû à l'obstruction d'une artère coronaire) ou encore une biopsie du myocarde

Traitements : peut-on soigner une myocardite et comment ?

Le traitement d'une myocardite virale repose sur la prise en charge des symptômes, par le biais de médicaments (des antiviraux par exemple), associés à une surveillance étroite du patient et à une mise au repos. Le traitement de l'insuffisance cardiaque inclut des diurétiques et des nitrates pour soulager les symptômes. En parallèle, il est recommandé d'éviter les efforts importants et de restreindre la consommation d'alcool et de tabac.

Guérison : quels sont les risques de séquelles ?

La guérison et la récupération des fonctions cardiaques interviennent généralement après plusieurs mois. Il existe un risque de séquelles à long terme, dont le pronostic ne peut être donné qu'au cas par cas. Dans les cas de défaillance cardiaque les plus sévères, une transplantation peut se révéler nécessaire.

Sources :

  • Etude Association Between COVID-19 and Myocarditis Using Hospital-Based Administrative Data — United States, March 2020–January 2021, CDC, 31 août 2021
  • Retour d'information sur le PRAC de juillet 2021. ANSM.
  • Institut de cardiologie de Montréal
  • La revue du praticien, Orphanet. 
  • Etude "Potential Effects of coronaviruses of the cardiovascular system", publiée dans Jama, Cardiology le 27 mars 2020.
  • Point de situation sur la surveillance des vaccins contre la COVID-19 - ANSM 

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