Psychose : définition, symptômes, des traitements ?

La psychose est une maladie mentale qui correspond à une perte de contact avec la réalité. Définition, psychose infantile, puerpérale ou chronique, causes, symptômes, traitements et prévention... On fait le point avec le Dr Guillaume Fond, psychiatre.

Définition : qu'est-ce qu'une psychose ?

La psychose est définie comme une perte de contact avec la réalité dont le symptôme le plus évident est le délire, "c'est-à-dire l'élaboration d'idées que les autres personnes ne valident pas comme crédibles et cohérentes", explique le Dr Guillaume Fond, psychiatre. La personne victime de psychose n'a en général pas conscience de son délire au moment de la phase active, elle peut toutefois le critiquer partiellement et en accepter l'idée. Plus rarement, la psychose peut s'accompagner d'hallucinations (des perceptions sans objets). Le mode le plus classique est l'hallucination acoustico-verbale ("entendre des voix"). Elles sont plus rarement visuelles, olfactives ou sensorielles.

Psychose infantile

La psychose infantile est extrêmement rare. Elle ne doit pas être confondue avec l'imagination intense et la pensée magique. Anciennement, les psychoses infantiles pouvaient inclure des troubles de spectre de l'autisme mais cette classification est totalement abandonnée aujourd'hui.

Psychose puerpérale

Il s'agit d'un épisode psychotique survenant dans les jours suivants l'accouchement et dont le thème central est l'enfant (par exemple avec un déni de filiation ou un délire quant à l'origine de la conception de l'enfant). "Il s'agit d'une urgence nécessitant de protéger l'enfant (en le séparant temporairement de sa mère car le risque d'infanticide n'est pas négligeable) et d'hospitaliser la mère, le plus souvent sous contrainte", insiste le spécialiste. Le traitement est le même que pour les autres psychoses. L'allaitement est contre-indiqué.

Psychose chronique

Lorsqu'un trouble psychotique dure plus de 6 mois, on parle de psychose chronique. "La schizophrénie est la forme la plus fréquente de psychose chronique, elle inclue désormais la psychose hallucinatoire chronique (une forme anciennement décrite de psychose tardive chez la femme avec une prédominance d'hallucinations auditives)", poursuit le médecin.

Symptômes

La psychose se manifeste par des idées délirantes, ne correspondant pas à la réalité, des troubles de la personnalité, des troubles de la pensée qui apparaît ainsi désorganisée, des troubles des émotions ; des comportements étranges avec modifications de l'humeur et parfois par une pulsion du geste violent contre soi ou les autres. Il en résulte des difficultés d'intégration sociale et une dégradation de la qualité de vie quotidienne. Tous ces symptômes ne sont absolument pas reconnus par le patient, qui n'a pas conscience de ces troubles.

Névrose ou psychose ?

Le terme de névrose a été abandonné il y a plus de 30 ans dans les classifications car il ne reposait sur aucune donnée scientifique. Anciennement, la distinction entre névrose et psychose reposait sur la conscience des troubles (les névrotiques avaient conscience de leurs troubles contrairement aux névrotiques). "Ceci a été abandonné car on a constaté qu'une proportion importante de psychotiques avaient également conscience de leurs troubles, de la même façon que certains "névrotiques" pouvaient les ignorer", ajoute notre interlocuteur.

Causes et facteurs de risques

La psychose provient majoritairement d'une perturbation des neurotransmetteurs du cerveau, entre autres de la dopamine. Les traitements antipsychotiques ont pour but de réguler la dopamine. D'autres neurotransmetteurs peuvent être également ciblés (sérotonine, glutamate par exemple). Les causes de ces perturbations sont multiples :

  • génétiques : gène déficient...
  • environnementales : privation d'oxygène du cerveau de l'enfant à l'accouchement, consommation de cannabis, de tabac, exposition à des infections touchant le cerveau comme la toxoplasmose, inflammation cérébrale...

Diagnostic

Le diagnostic de la psychose se basera sur l'observation des signes cliniques et l'exclusion de diagnostics différentiels (comme les effets d'une drogue par exemple). Un certain nombre d'examens complémentaires, comme une analyse sanguine et parfois un scanner cérébral, seront réalisés pour éliminer une origine organique à ces symptômes.

Traitement

Le traitement de la psychose doit être précoce pour plus d'efficacité. Les traitements de ce genre de troubles reposent sur une combinaison de médicaments, des antipsychotiques et une prise en charge psychiatrique. Ce soutien s'étend souvent aussi aux membres de la famille. Un individu atteint de psychose depuis longtemps peut après une longue période de prise en charge, gérer sa maladie avec un suivi régulier. Souvent, la dépression est ignorée alors qu'elle est présente dans la moitié des cas. Elle se traite comme n'importe quelle autre dépression. Son amélioration est capitale pour le pronostic de la maladie.

Prévention

Certains signes évocateurs d'une possible évolution vers une psychose peuvent être décelés dans l'enfance. Un diagnostic posé précocement permet une prise en charge plus rapide. "Prévenir la consommation de tabac et de cannabis ainsi que l'infection à Toxoplasma gondii semblent les actions de santé publique prioritaires pour prévenir l'apparition d'épisodes psychotiques dans la population", conclut le Dr Fond.

Merci au Dr Guillaume Fond, psychiatre enseignant chercheur et auteur, Assistance Publique des hôpitaux de Marseille, " Je fais de ma Vie un Grand Projet " ed Flammarion.