Cancer du col de l'utérus : transmission, causes, âge, vaccin

Près de 3000 femmes découvrent leur cancer du col de l'utérus chaque année, 1000 en décéderont. En cause, une infection persistante par un papillomavirus. Comment éviter la transmission ? A quel âge est-on le plus à risque ? Y-a-t-il des symptômes évocateurs ?

Selon Santé publique France, le cancer du col de l'utérus a touché 2 920 nouvelles femmes en 2018. Et près de 1 100 en sont décédées. 

Qu'est-ce que le cancer du col de l'utérus ?

L'utérus est un organe génital féminin prépondérant pour la reproduction, puisque c'est à son niveau que va se dérouler toute la grossesse. Néanmoins, cet organe peut être atteint de tumeurs cancéreuses, dont on distingue 2 types :

  • le cancer du col de l'utérus,
  • le cancer de l'endomètre, l'autre nom de la muqueuse utérine, couche de cellules tapissant l'intérieur de cette cavité. 

"Le cancer de l'endomètre est un cancer du corps de l'utérus et non du col. Par contre, il existe des cancers glandulaires du col utérins appelés adénocarcinomes. Ils ne sont pas dépendants du papillomavirus découverts au frottis. Ces derniers sont plus rares mais de moins bon pronostic", détaille le Dr Philippe Mironneau, gynécologue et obstétricien à Dijon.

schéma de l'utérus - col de l'utérus - vagin
Schéma de l'utérus avec le col de l'utérus visible © 123RF-CHEN I CHUN

Âge du cancer du col de l'utérus

Selon le dernier bulletin épidémiologique publié en septembre 2019 par Santé publique France, 40% des cas sont diagnostiqués chez des femmes de moins de 50 ans, l'âge médian étant à 53 ans et l'incidence la plus élevée est observée chez les femmes de 45 à 49 ans. Ce cancer cause 1 100 décès par an. 

Stades du cancer du col de l'utérus : de 1 à 4

Pour chaque cancer, différents stades existent permettant de définir un niveau de  gravité et l'étendue de la maladie. Concernant le cancer du col de l'utérus, la maladie est classée en quatre stades allant de 1 à 4. Plus le chiffre est élevé et plus le cancer est propagé. Quand il est qualifié de "local", c'est qu'il ne s'est pas propagé à d'autres zones du corps.

Symptômes : comment se manifeste le cancer du col de l'utérus ?

Il n'y a pas de signes spécifiques pouvant révéler un cancer du col de l'utérus. Il peut s'agir de saignements mais pas toujours et ces saignements peuvent aussi être associés à des causes plus bénignes. En cas de symptômes gynécologiques persistants, il faut en parler au médecin qui pourra prescrire un frottis et confirmer un diagnostic. 

Causes

Le cancer du col de l'utérus est la conséquence d'une infection persistante par un papillomavirus humain (HPV) oncogène. Il existe plus de 100 types de HPV mais deux d'entre eux, les HPV 16 et 18, sont responsables d'environ 70% des cancers du col de l'utérus dans les pays industrialisés, comme la France.

Cancer du col de l'utérus en chiffres

Le cancer du col de l'utérus représente la 12e cause de cancer et la 12e cause de mortalité par cancer chez la femme. En 2018, 2920 nouveaux cas ont été diagnostiqués en France et 1117 femmes sont décédées. Le taux d'incidence est de 6,1% pour 100 000 femmes en 2018. Plus de 6 femmes sur 10 (63 %) diagnostiquées en France avec un cancer du col de l'utérus, survivent à leur cancer après 5 ans.

Transmission

La contamination s'effectue essentiellement lors de rapports sexuels non protégés. Le virus HPV se transmet alors par simple contact avec la peau et les muqueuses et atteint environ 80% des personnes qui ont des relations sexuelles.

60% des contaminations au HPV ont lieu pendant la première année de vie sexuelle.

Il est recommandé de se faire vacciner avant le début de la vie sexuelle puisque 60% des contaminations au HPV ont lieu pendant la première année de vie sexuelle.

Facteurs de risque

Les facteurs de risques sont notamment :

  • les premiers rapports sexuels précoces,
  • les partenaires multiples,
  • une infection du ou des partenaires par le HPV ou autres infection sexuellement transmissibles,
  • le tabac.

Dépistage et prévention : comment éviter le cancer du col du l'utérus

La prévention du cancer du col de l'utérus passe avant toute chose par le dépistage des lésions pré-cancéreuses et cancéreuses causées par le virus du papillome humain. Il repose notamment sur la pratique régulière d'un frottis qui, en prélevant des cellules du col, permet une analyse au microscope. 

Frottis : référence chez les 25-30 ans

Le frottis permet un examen des cellules du col de l'utérus au microscope et un recueil des cellules superficielles. Le prélèvement est ensuite étalé et fixé sur une lame de verre. Le prélèvement est alors envoyé à un laboratoire d'anapathologie qui fera une recherche de cellules anormales. Le dépistage du cancer du col de l'utérus repose actuellement sur la réalisation d'un frottis cervico-utérin chez les femmes asymptomatiques de 25 à 65 ans tous les 3 ans. Pour de nombreux spécialistes l'intervalle de 3 ans semble long. Une période de 2 ans semble actuellement recommandée. A noter qu'à partir de 50 ans les femmes sont moins fréquemment dépistées car elles se rendent moins chez le médecin pour réaliser le frottis recommandé, Pourtant les femmes de 50 ans et plus présentent un risque plus élevé que les femmes plus jeunes, Pour les femmes de 25 à 30 ans, la HAS recommande la réalisation de deux frottis à un an d'intervalle puis 3 ans si le résultat des deux premiers est normal.

Test viral HPV : en priorité chez les plus de 30 ans

En juillet 2019, la Haute Autorité de Santé (HAS) a recommandé que le test HPV remplace le frottis en dépistage primaire du cancer du col de l'utérus chez les femmes ayant 30 ans et plus. Ce test doit être réalisé 3 ans après le dernier frottis dont le résultat était normal. Le test doit être refait tous les 5 ans quand les résultats sont négatifs. La mise en place devrait être progressive.

Préservatif

L'infection est fréquente chez les femmes dès leurs premiers rapports sexuels. Les risques d'infection vont en augmentant avec l'âge et le nombre de partenaires. L'utilisation de préservatifs (préservatif féminin et préservatif masculin) lors des rapports sexuels permet de limiter la transmission du virus mais ne permet pas une éviction complète de tout contact, car il est présent au niveau des muqueuses génitales qui ne sont pas recouvertes par le préservatif.

Vaccin

Comme le cancer du col de l'utérus est causé par un papillomavirus (HPV) oncogène, la vaccination consiste à protéger de cette infection, dès le plus jeune âge. La vaccination contre les infections à HPV a été introduite dans le calendrier vaccinal français en 2007. Trois vaccins sont disponibles en France : un vaccin quadrivalent commercialisé depuis 2007, un vaccin bivalent depuis 2010 et un vaccin nonavalent depuis 2018. L'Institut national du cancer recommande la vaccination des jeunes filles dès 11 ans contre les HPV (deux doses entre 11 et 14 ans ou trois doses entre 15 et 19 ans). Il peut aussi être proposé en rattrapage jusqu'à 19 ans révolus. Ce vaccin n'offre pas une protection contre la totalité des papillomavirus cancérigènes, ni contre les infections existantes. Il protège contre 70 à 90% des HPV. La vaccination n'empêche pas la réalisation du frottis à partir de 25 et jusqu'à 65 ans.

A savoir : La Haute Autorité de Santé étudie l'opportunité de l'extension de la vaccination aux jeunes garçons (11-14 ans). 

Diagnostic

Devant un signe clinique évocateur ou lors d'un examen de dépistage, certains examens sont communs.

  • Un examen au spéculum, outil en plastique permettant de visualiser le col de l'utérus, favorise la mise en évidence d'une éventuelle lésion.
  • Si une lésion est présente, des prélèvements seront à prévoir. Ceux-ci se font généralement au cours d'une anesthésie générale où des biopsies (prélèvements) des zones suspectes seront faites et envoyées à l'analyse pour identifier leur nature.
  • Une IRM peut également compléter le bilan ainsi qu'une échographie passant par voie vaginale.
  • En cas de cancer avéré, un bilan d'extension sera nécessaire, c'est-à-dire la recherche par différents examens d'autres localisations du cancer par migration de cellules.

Bilan du cancer de l'utérus

Le bilan évalue l'extension locale et régionale de la tumeur. L'extension locale comprend la taille de la tumeur, l'envahissement des organes de voisinage et des ganglions. L'extension générale englobe l'extension du cancer et l'existence de métastases dans les poumons ou le foie par exemple. Un scanner du bassin, un IRM de l'abdomen, une radio du thorax ou une échographie pelvienne peuvent être pratiqués. Une échographie du foie et une scintigraphie osseuse pourront être réalisées. 

Traitement : conisation, radiothérapie, chimio, ablation de l'utérus... 

Les traitements proposés sont :

  • la chirurgie,
  • la radiothérapie,
  • la chimiothérapie.

Ces examens peuvent se pratiquer de manière isolée ou en association selon les protocoles décidés. La "conisation" ne permet d'enlever qu'une partie du col de l'utérus. Cette intervention permet de laisser en place une partie du col. Chez la femme qui n'a pas eut d'enfants, l'intervention sera toujours la plus limitée possible... Le chirurgien est parfois obligé de pratiquer une hystérectomie, c'est-à-dire une ablation totale de l'utérus : Celle-ci est habituellement accompagnée d'un contrôle, voire de l'ablation des ganglions locorégionaux.

Merci au Dr Philippe Mironneau, gynécologue et obstétricien à Dijon.

En savoir + ; Bulletin épidémiologique hebdomadaire, Santé publique France, Prévention du cancer du col de l'utérus, n°22-23, 17 septembre 2019.

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