Tuberculose : symptômes, transmission, quels traitements ?

"Tuberculose : symptômes, transmission, quels traitements ?"

La tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire en France. Son incidence est de 6,8 cas pour 100 000 habitants. Son vaccin, le BCG, n'est plus obligatoire depuis 2007 pour les enfants. Quels sont les symptômes de la tuberculose ? Quelle toux typique ? De la fièvre ? Est-elle contagieuse ? Comment la soigner ? Tout savoir.

La tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire en France. Son incidence est de 6.8 cas pour 100 000 habitants (2020). La maladie n'a donc pas totalement disparu. Depuis 2004, des Centres de Lutte Antituberculeuse (CLAT) sont chargés, dans chaque département de réaliser les enquêtes autour des cas de tuberculose, de dépister les sujets contacts, et de participer à la vaccination par le BCG des enfants à risque. Le vaccin BCG n'est plus obligatoire depuis 2007. 

C'est quoi la tuberculose ?

"La tuberculose est une maladie infectieuse contagieuse due à une bactérie du genre mycobactérium, dont le germe le plus souvent en cause est le Mycobactérium tuberculosis ou bacille de Koch" explique le Dr Jacques Amselem, médecin généraliste en Seine-et-Marne. Après un premier contact avec le bacille qui peut passer inaperçu ou donner quelques signes mineurs, la maladie peut se localiser au niveau d'un organe et rester latente. On distingue deux principales formes, la tuberculose pulmonaire et la tuberculose extra-pulmonaire (quand elle se développe en dehors des poumons).

Quelle est la fréquence de la tuberculose en France ?

La tuberculose est une maladie qui doit obligatoirement être déclarée en France depuis 1964. La tuberculose n'a pas disparu de France mais son incidence est faible : 6,8 cas pour 100 000 habitants dans les chiffres 2020 publiés par Santé Publique France. "Cette incidence est en baisse régulière depuis des décennies" commente l'agence. D'après ses observations, la modification de la politique vaccinale du BCG (plus obligatoire depuis 2007) et la pénurie de vaccin des 6 dernières années n'ont pas impacté l'épidémiologie de la tuberculose de l'enfant. Les taux de déclaration de tuberculose chez les enfants restent "très faibles". Les formes graves de l'enfant (méningées ou miliaires) sont stables (9 cas en 2020 contre 10 en 2019). Au niveau régional, l'Ile-de-France cumule 38% des cas de tuberculose. La Seine-Saint Denis est le département de France le plus affecté par la tuberculose (23,8 cas pour 100 000 habitants). Les groupes à risque sont essentiellement les migrants en provenance de pays à forte prévalence, les personnes sans domicile fixe, les personnes âgées, les personnes infectées par le VIH et les détenus.

tuberculose en France
Evolution de la tuberculose en France. © Santé Publique France

Qu'est-ce que le bacille de Kock ?

Le bacille de Kock est une bactérie qui infecte les poumons et provoque la tuberculose. Ce bacille a été mis en évidence par Robert Koch en 1882 qui lui donna son nom. La bactérie pénètre les voies respiratoires créant des douleurs thoraciques, de la fièvre et des crachats de sang lors de la toux. Dans les poumons, la bactérie se multiplie, envahissant les bronches et les tissus pulmonaires. La contamination se fait, le plus souvent, par voie aérienne. 

C'est quoi une tuberculose latente ?

On distingue deux temps dans la tuberculose : le temps de l'infection par la bactérie et le temps de la maladie déclarée et symptomatique. Après un contact infectant, le bacille de Koch reste le plus souvent silencieux sans provoquer de maladie : on parle alors d'infection tuberculeuse "latente" et la personne n'est ni malade ni contagieuse. Une minorité de ces personnes va développer une tuberculose maladie. Ainsi, chez l'adulte, le risque de passage de la tuberculose latente à une tuberculose est de l'ordre de 10% au cours de la vie. Ce risque est plus important chez le jeune enfant, le grand adolescent et les personnes dont l'immunité est affaiblie. Le risque de développer la maladie après avoir été infecté est plus élevé dans les 2 ans qui suivent le contact infectant.

C'est quoi une tuberculose pulmonaire ?

La plus fréquente, elle se manifeste par une toux, des éternuements et une perte de poids. Il s'agit d'une maladie contagieuse qui se transmet par voie aérienne. Les pays en développement sont les plus affectés car les patients ne peuvent pas toujours accéder aux traitements. La prise en charge est médicamenteuse (antibiothérapie). 

C'est quoi une tuberculose extra-pulmonaire ?

Une tuberculose peut aussi toucher d'autres organes que les poumons. Par exemple, les ganglions et les os.

C'est quoi une tuberculose ganglionnaire ?

L'organe le plus souvent atteint est le poumon, mais les ganglions peuvent également être la cible des bacilles quiescents. La tuberculose se manifeste alors par l'apparition d'adénopathies, augmentation de volume des ganglions atteints. Le diagnostic peut être fait par biopsie d'un ganglion touché, c'est-à-dire un prélèvement qui permettra de rechercher la présence de bacilles de Koch. 

C'est quoi une tuberculose osseuse ?

La tuberculose osseuse est une des formes extra-pulmonaires de la maladie. Elle affecte la colonne vertébrale chez un patient sur deux (mal de Pott), le genou ou la hanche. Les personnes dont le système immunitaire est défaillant (immunodéprimés) sont particulièrement exposées. L'imagerie médicale (IRM, scanner) permet d'évoquer fortement le diagnostic. Seule la mise en évidence du Bacille de Koch confirme le diagnostic. Le traitement repose sur la prise d'antibiotiques

Quels sont les symptômes de la tuberculose ?

Les symptômes de la tuberculose sont facilement reconnaissables :

  • une toux qui entraîne des expectorations, parfois même avec du sang,
  • des douleurs thoraciques,
  • une détresse respiratoire,
  • des poussées de fièvre,
  • un manque d'appétit,
  • une perte de poids
  • et des sueurs nocturnes.

Dès l'apparition des premiers symptômes, il est préférable de consulter rapidement un médecin afin de bénéficier d'un traitement adéquat, surtout s'il y a eu contact avec un patient infecté. 

Comment se fait la contagion ?

La tuberculose est une maladie contagieuse qui se transmet par voie aérienne d'homme à homme. Des gouttelettes contaminées sont projetées lors de la toux, d'éternuements ou de crachat. Celui qui inhale ces gouttelettes se retrouve donc contaminé à son tour. Le risque de transmission du bacille de Koch est d'autant plus élevé que les contacts ont été étroits, rapprochés et répétés. La transmission sera facilitée dans un lieu confiné et mal ventilé. Il est admis qu'un malade est contagieux dans les 3 mois qui précèdent le diagnostic.

Quel est le temps d'incubation de la tuberculose ?

La tuberculose possède 2 temps d'incubation distincts:

► Le premier concerne la primo-infection : c'est le temps (4 à 12 semaines) séparant le contact avec le bacille de Koch, et le virage positif des tests tuberculiniques. Ce temps est asymptomatique

► Une fois cette primo-infection réalisée, il peut se passer un délai avant l'apparition de la tuberculose "maladie" et des premiers symptômes. Ce deuxième temps d'incubation peut être bref (immédiat) ou long (jusqu'à plusieurs années). Le risque de développer la maladie après avoir été infecté est plus élevé dans les 2 ans qui suivent le contact infectant.

En quoi consiste le dépistage de la tuberculose ?

Le dépistage se fait autour d'une personne atteinte de tuberculose contagieuse afin de détecter le plus précocement possible d'éventuels symptômes et pouvoir proposer une prise en charge évitant toute complication. Il comprend une consultation médicale, un test sanguin ou cutané et une radiographie pulmonaire Le dépistage est gratuit. Le dépistage d'une tuberculose latente (sans symptômes) repose classiquement sur l'intra-dermo réaction (IDR) à la tuberculine (Tubertest). Ce test nécessite une lecture à 72 heures ce qui suppose de revoir les personnes en consultation. Depuis quelques années, l'IDR peut être remplacée par le dosage sanguin de l'interféron gamma (Quantiféron) qui ne nécessite qu'une seule consultation. Son usage est indiqué uniquement chez les personnes âgées de plus de 15 ans.

Qui doit faire le vaccin BCG ?

La vaccination contre la tuberculose s'appelle le BCG du nom de ses inventeurs (Bacille de Calmette et Guérin). Ce vaccin concerne essentiellement les nourrissons afin de les protéger des formes graves de tuberculose. Son efficacité varierait de 75 à 85%. Il n'est plus obligatoire depuis 2007. La vaccination est recommandée à partir de l'âge de 1 mois pour les enfants qui présentent un risque élevé de tuberculose (à partir de 3 mois pour les autres), et jusqu'à l'âge de 15 ans. Les facteurs de risque : la naissance dans un pays où le risque est élevé, la résidence en Guyane, à Mayotte et dans certains cas en Ile-de-France, un séjour d'au moins un mois dans l'un de ces pays, un cas de tuberculose dans la famille il y a moins de 5 ans. L'injection du vaccin est contre-indiquée en cas de sensibilité à l'un des composants du vaccin, de traitement par corticoïdes ou immunosuppresseurs (chimiothérapie, traitement antiTNF) , et d'immunosuppression ou de séropositivité au VIH.

Quels sont les traitements de la tuberculose ?

Le traitement de la tuberculose dure généralement 6 mois et implique la prise de plusieurs antibiotiques simultanément. Cependant, avec le développement de résistances aux antibiotiques, certains cas deviennent de plus en plus compliqués à traiter.

Comment se protéger ?

Si vous vous rendez dans un pays où les cas de tuberculose sont nombreux, pensez à adopter une hygiène renforcée, en vous lavant fréquemment les mains. Prenez soin de votre système immunitaire en mangeant et en dormant correctement, et en limitant les facteurs de stress. La prévention primaire de la tuberculose, dont la vaccination infantile par le BCG pour les enfants exposés à un risque élevé de tuberculose dans leur entourage ou dans leur environnement, protège bien des formes graves de cette maladie.

Sources : 

Tuberculose en France : les chiffres 2020. Santé Publique France. 6 décembre 2021.

Questions-réponses sur la tuberculose. ARS Nouvelle-Aquitaine, 2015

Merci au Dr Jacques Amselem, médecin généraliste. Propos recueillis en 2019.

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