Les effets quand on arrête de fumer

Lorsqu'on arrête de fumer, des symptômes apparaissent liés au sevrage. Fatigue, nervosité, prise de poids... Voici à quoi vous attendre.

Les effets quand on arrête de fumer
© 123RF-: Maxim Lupascu

Fatigue

Lorsqu'on fume, le corps est intoxiqué par la fumée du tabac et l'un de ses constituants, la nicotine joue un rôle de stimulant. Ainsi, à l'arrêt du tabac, apparaît une fatigue qui est due d'une part au phénomène de désintoxication auquel procède l'organisme, d'autre part à l'absence de nicotine et donc de stimulant. Ces deux mécanismes combinés entraînent une importante fatigue dans les deux à quatre semaines qui suivent la suppression du tabac.

Toux

L'arrêt du tabac peut entraîner l'apparition d'une toux accompagnée de crachats provoquée par la reprise de l'activité des cils des bronches (qui fonctionnaient moins bien du fait de leur immobilisation par les substances toxiques du tabac). De nombreux fumeurs s'étonnent alors de se "sentir moins bien" que quand ils ne fumaient pas. Tousser après l'arrêt du tabac correspond le plus souvent à une réaction naturelle de l'appareil respiratoire qui disparaît environ au bout de 3 à 4 semaines. En effet, les cils vibratiles qui tapissent l'intérieur des bronches se remettent à fonctionner et effectuent leur fonction d'évacuation. Or, sous l'effet du tabac, ces cils vibratiles ne pouvaient effectuer leur travail excrétoire. Il peut se produire que cette toux n'ait aucun rapport avec l'arrêt du tabac et soit liée par exemple à un asthme ou à un reflux gastro œsophagien. 

Ces manifestations sont importantes au début de l'arrêt du tabac puis diminuent rapidement pour disparaître, en général, en quelques semaines.

Le syndrome de manque

Le syndrome de manque est la conséquence de la baisse brutale de la nicotine dans l'organisme en dessous d'un certain seuil auquel le fumeur est habitué ; dans cette situation, le cerveau, notamment ses récepteurs, réclame sa dose de nicotine. Nervosité, colère, agressivité, agitation, impossibilité de se concentrer, insomnie, envie de grignoter et de manger, tristesse, dépressive, anxiété, impossibilité de se concentrer... sont caractéristiques du syndrome de manque. L'arrêt du tabac provoque une réelle souffrance que le fumeur doit apprendre à maîtriser. Ces manifestations sont importantes au début de l'arrêt du tabac puis diminuent rapidement pour disparaître, en général, en quelques semaines. Les pulsions d'envie de fumer peuvent se prolonger plusieurs mois, surtout pour les gros fumeurs. Les substituts nicotiniques et certains médicaments peuvent aider à vaincre les symptômes de manque de nicotine. La dépression est une complication pouvant survenir après un arrêt du tabac: 15% environ des fumeurs présentent une dépression un an après l'arrêt du tabac.

La déprime

La dépendance psychique et comportementale liée aux habitudes est également importante à prendre en compte. Un fumeur prend l'habitude de fumer une cigarette dans certaines circonstances, installant de véritables rites dans sa vie quotidienne. L'arrêt du tabac va s'accompagner de difficultés à retrouver d'autres rythmes, à réapprendre à vivre sans tabac dans des situations rituelles ou fumer était devenu un réflexe. Quelques semaines suffisent souvent à régler cette période délicate. Les personnes déprimées sont souvent des fumeurs très dépendants car le tabac provoque un effet stimulant sur l'humeur masquant les manifestations d'un état dépressif sous jacent. L'apparition d'un état dépressif quelques mois après l'arrêt du tabac est d'ailleurs souvent constatée.

 "Il est probable que le tabac ait un effet antidépresseur."

"Les fumeurs sont souvent des anxio-dépressifs. Le fait de s'arrêter de fumer sans avoir réglé le fond de leur humeur risque d'entraîner des effets secondaires psychologiques  désagréables et conduire à la rechute.  Il est probable que le tabac ait un effet antidépresseur et c'est sans doute une des raisons qui fait qu'il n'est pas toujours facile de s'en passer", détaille le Pr Jean-Pol Tassin, directeur de Recherche émérite à l' Inserm. Il étudie les mécanismes physiologiques qui sous-tendent l'addiction.
Le tabagisme chronique est en fait associé à des variations neurologiques qui semblent avoir un lien avec des troubles de l'humeur et qui surviennent peu de temps après avoir fumé une cigarette. Or la cigarette suivante fait disparaître ces troubles pendant quelques instants mais provoque ensuite des épisodes de stress. Et plus il y a de consommation de cigarettes et plus ce phénomène s'amplifie provoquant ainsi des variations de l'humeur du fumeur tout au long de la journée.

Ainsi le fumeur se trompe en pensant à tort que la cigarette le détend et calme ses angoisses, alors que c'est le contraire qui se produit : la cigarette semble le calmer en fait pendant le temps des manifestations qu'elle a elle-même déclenchés. Les fumeurs doivent accepter que fumer ne détend pas et n'a aucun effet antidépresseur et comprendre qu'au contraire arrêter de fumer sera excellent pour leur moral.

Prise de poids

Une des raisons majeures de ne pas vouloir s'arrêter de fumer, plus particulièrement chez les femmes, est la crainte de prendre des kilos. Un fumeur pèse en moyenne 3 à 4 kilos de moins qu'un non fumeur. La prise de poids qui peut s'effectuer à l'arrêt du tabac, de l'ordre de 3 à 4 kilos environ, n'est que le rattrapage d'un poids normal.

Les femmes retrouvent leur poids normal en moyenne dans l'année qui suit l'arrêt.

La prise éventuelle des quelques kilos est souvent à l'origine d'une rechute. La nicotine agit comme un coupe faim, freine l'appétit et provoque la sensation d'avoir moins besoin de manger. Pour un fumeur qui fume 1 paquet par jour, la nicotine permet de brûler 200 à 300 calories chaque jour. Pour une activité identique, un fumeur consomme davantage de calories qu'un non fumeur. Près d'un fumeur sur 3 ne grossit pas en arrêtant de fumer Pendant la période de consommation de substituts permettant la délivrance de la nicotine, il est plus facile de ne pas trop grignoter et de maintenir son poids. 

Pr Jean-Pol Tassin, directeur de Recherche émérite à l' Inserm.

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