Hypotonie : les causes de la baisse du tonus musculaire

L'hypotonie musculaire correspond à une baisse du tonus musculaire. Elle peut être due à certaines maladies comme la chorée de Huntington, l'athétose, l'hémiplégie, l'AVC ou encore la maladie de Parkinson, mais aussi par la prise de neuroleptiques. Axiale, oculaire, néonatale... Le point sur les différents types d'hypotonie, leurs diagnostics et leurs traitements.

Hypotonie : les causes de la baisse du tonus musculaire
© Katarzyna Białasiewicz - 123RF

Définition : qu'est-ce que l'hypotonie ?

L'hypotonie, à l'inverse de l'hypertonie, désigne une diminution du tonus musculaire, c'est-à-dire de la force des muscles. Elle se manifeste par une absence de mouvement ou une moindre résistance au mouvement passif des articulations. L'origine est généralement soit une atteinte nerveuse, soit une atteinte musculaire qui peuvent être isolées ou s'inscrire dans des pathologies plus globales. Les muscles atteints répondent peu ou moins à des stimuli ou sollicitations.

Hypotonie axiale

L'hypotonie axiale concerne à la fois la tenue de la tête, mais aussi la station assise, et les membres. Elle peut toucher le nourrisson et être à l'origine de troubles dans son développement, soit transitoirement, à l'occasion d'une maladie aiguë quelle qu'elle soit, ou de façon constante.

Hypotonie pyélique

Une hypotonie pyélique désigne une baisse du tonus musculaire au niveau du pyélon, c'est à dire le bassinet rénal. Ce type d'hypotonie est en générale constatée lors d'une échographie et met en évidence une dilatation de ce réservoir collectant les urines provenant de toutes les parties du rein. Elle peut être en lien avec une maladie de la jonction pyélo-urétérale qui peut nécessiter une intervention chirurgicale.

Hypotonie oculaire

L'hypotonie oculaire apparaît lorsque la tension oculaire diminue fortement, jusqu'a 1 ou 2 mm Hg. Une hypotonie légère ne donne habituellement pas de symptômes, mais si la chute de pression intraoculaire est plus sévère, une baisse de vision est souvent constatée. Elle peut être due à un traumatisme ou à la diminution de la production d´humeur aqueuse par le corps ciliaire suite à une inflammation, une cicatrise ou un détachement.

Hypotonie du rein

Parler d'hypotonie du rein est une autre façon d'évoquer une hypotonie pyélique.

Hypotonie du bassinet

L'hypotonie du bassinet correspond à l'hypotonie pyélique.

Hypotonie du nourrisson ou néonatale

L'hypotonie est souvent détectée à la naissance ou pendant la petite enfance. Un nourrisson atteint d'hypotonie présente alors un relâchement musculaire qui le rend incapable de garder les genoux ou les coudes partiellement pliés. L'enfant peut plus tard avoir du mal à s'alimenter et à développer des compétences motrices. L'hypotonie peut retarder la tenue de la tête, puis la station assise...elle peut aussi prédominer au niveau des membres... L'hypotonie peut être transitoire lors d'une pathologie aigue par exemple ou être permanente.

Causes

L'hypotonie peut être déclenchée par une anomalie liée au système nerveux, avec l'hypotonie centrale ou l'hypotonie périphérique, ou une anomalie liée au système musculaire. Une hypotonie peut également être liée à une blessure du système nerveux ou des yeux. Certains médicaments, comme ceux impliqués dans l'anesthésie par exemple ou les neuroleptiques, ont pour effet recherché un relâchement des muscles. L'hypotonie peut aussi être provoquée par un accident vasculaire cérébral (en particulier si elle ne concerne que la moitié du corps), des maladies génétiques comme le syndrome de Down, le syndrome de Prader-Willi, la maladie de Tay-Sachs et la trisomie 13. Au niveau du rein elle est principalement en lien avec une maladie de la jonction pyélo-urétérale, et au niveau oculaire avec un traumatisme. Elle peut aussi être idiopathique lorsqu'une cause n'a été identifiée. 

Diagnostic

L'hypotonie peut être diagnostiquée dès la naissance lors de l'examen initial, ou plus tard après observation des symptômes. Le médecin interroge la mère sur le déroulement de la grossesse et de l'accouchement, et sur les antécédents médicaux de l'enfant. Il procède à un examen physique complet pour évaluer les capacités de l'enfant. Des examens complémentaires (analyses de sang, imagerie) peuvent s'avérer utiles pour détecter d'éventuelles anomalies et identifier les causes de l'hypotonie.

Chez l'adulte, l'hypotonie musculaire est observée lors d'un examen clinique et neurologique. Un EMG (électromyogramme) peut être utile ainsi que des examens d'imagerie comme un scanner et/ou une IRM. En cas d'hypotonie oculaire, c'est la mesure de la pression oculaire qui confirme le diagnostic, en particulier lors d'une baisse soudaine de l'acuité visuelle ou après un traumatisme. 

Lorsque l'hypotonie concerne le rein, c'est l'échographie qui permet de faire le diagnostic.

Traitement

La prise en charge de l'hypotonie nécessite généralement le recours à une équipe pluridisciplinaire, et repose essentiellement sur un traitement des symptômes. Le traitement peut également être spécifiquement lié à la cause de l'hypotonie.

Ergothérapie

L'ergothérapie a pour objectif d'aider les patients à retrouver leur autonomie en cas de handicap. Elle peut s'avérer utile aux enfants hypotoniques si la faiblesse musculaire est trop invalidante pour effectuer correctement les gestes du quotidien : marcher, manger, parler, s'habiller, etc. L'ergothérapeute évalue dans un premier temps les difficultés et se renseigne sur son environnement pour préconiser des aides matérielles et/ou humaines.

Physiothérapie

La physiothérapie est indiquée pour rétablir la motricité. Le recours à cette spécialité peut donc être envisagé en cas d'hypotonie. Elle permet de corriger la posture, la coordination, et apporte de la stabilité, au moyen d'exercices réguliers et de manipulations. La thermothérapie (par le chaud), la cryothérapie (par le froid) et l'hydrothérapie (par l'eau) font partie des applications de la physiothérapie. La physiothérapie est généralement pratiquée par les kinésithérapeutes.

Orthophonie

L'orthophonie est recommandée pour les patients hypotoniques dont le manque de tonus affecte la bouche et la mâchoire. Des exercices de stimulation de la zone oro-faciale permettent d'améliorer le langage et la respiration.

Traitements et médicaments spécifiques

Les enfants souffrant de maladies comme la myasthénie suivent un traitement spécifique et de longue durée. Si l'hypotonie est associée à l'une de ces maladies, elle est prise en charge dans le cadre du traitement. Les antibiotiques pris en cas de méningite peuvent également contribuer à soulager les symptômes de l'hypotonie. Une intervention chirurgicale peut être nécessaire en cas d'hypotonie rénale. En cas d'hypotonie oculaire inflammatoire, des médicaments anti-inflammatoires sont prescrits.

Mes conseils

En cas d'hypotonie du nourrisson, une attention particulière doit être portée aux éventuelles difficultés de développement. L'environnement familial et médical est essentiel pour apporter le soutien nécessaire et permettre un développement optimal. Le suivi dépend de l'âge, mais est toujours pluridisciplinaire. Une équipe composée d'un pédiatre, d'un généticien le cas échéant, d'un kinésithérapeute, d'un orthophoniste, d'un psychologue ou d'un pédopsychiatre et d'un diététicien est nécessaire pour une prise en charge optimale.

Pour aller plus loin : Collège des enseignants de neurologie

Hypotonie : les causes de la baisse du tonus musculaire
Hypotonie : les causes de la baisse du tonus musculaire

Sommaire Définition Hypotonie axiale Hypotonie pyélique Hypotonie oculaire Hypotonie du rein Hypotonie du bassinet Hypotonie du nourrisson Causes Diagnostic Traitements • Ergothérapie • Physiothérapie •...

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