Comment combattre la résistance aux antibiotiques ? Lorsque les antibiotiques deviennent inefficaces : quels risques pour notre santé ?

Depuis plus de 30 ans, la résistance aux antibiotiques progresse. Et avec elle, un problème majeur : si ces médicaments deviennent inefficaces, les infections considérées aujourd'hui comme peu préoccupantes risquent de revenir à grande vitesse.

Les bactéries résistantes ne sont pas plus agressives que les bactéries sensibles mais rendent le traitement difficile voire impossible. Ainsi, malgré les actions déjà engagées par plusieurs pays, "il faut en faire davantage si nous ne voulons pas perdre des moyens de pratiquer la médecine et de traiter à la fois des maladies courantes et graves" s’inquiète le docteur Keiji Fukuda, sous-directeur général pour la sécurité sanitaire de l’OMS suite au dernier rapport d'avril 2015. En effet, si les traitements deviennent de plus en plus complexes faute d’efficacité des antibiotiques, certaines pathologies aujourd’hui peu préoccupantes pourraient redevenir mortelles.

La bactérie Escherichia coli
cause la plupart des infections
urinaires. 
© Maxim Suvorov - Fotolia.com

Le retour des infections urinaires ? Ainsi, une des inquiétudes de l'OMS porte sur les infections urinaires à Escherichia coli, cette bactérie intestinale inoffensive dans nos tubes digestifs mais qui provoque des infections très douloureuse dès lors qu’elle s’aventure dans le système urinaire. Les premiers médicaments contre cette infection (les fluoroquinolones) ont été introduits dans les années 1980. À l’époque, la résistance était presque nulle alors qu’aujourd’hui, le traitement est devenu inefficace pour plus de la moitié des patients. Dans quelques années, une infection urinaire qui se soigne aujourd’hui grâce à quelques jours d’antibiotiques (et beaucoup d’eau !) pourrait devenir dangereuse : si Escherichia coli arrive à passer dans le système sanguin, elle peut causer des septicémies (infections généralisées du sang) souvent létales.

Des opérations chirurgicales à haut risque ? Chaque année, 25 000 patients décèdent suite à une infection bactérienne résistante d’origine nosocomiale (contractée dans un établissement de santé) dans l’Union Européenne. Une opération chirurgicale anodine pourrait comporter un risque élevé de septicémie si les antibiotiques habituellement prescrits suite à une opération devenaient inefficaces contre les bactéries présentes dans les milieux hospitaliers. De la même manière, les taux de succès des greffes d’organes, des interventions néo-natales ou de la chimiothérapie pourraient être compromis.

Un coût supplémentaire. Comme les infections deviendraient plus complexes à soigner, les patients devraient être hospitalisés plus longtemps. Les séjours à l’hôpital prolongés augmenteraient alors le coût global des soins. De même, le risque de décès s’amplifierait, nécessitant des soins plus intensifs qu’en absence de résistance, plus onéreux que d’ordinaire.  

Sommaire