Le vrai du faux sur les traitements hormonaux de la ménopause Idée n°6 : le THS protège contre les maladies cardiovasculaires

La pilule contraceptive est connue pour augmenter chez certaines femmes le risque de maladies cardiovasculaires, notamment chez les fumeuses. Pourtant, le traitement hormonal de la ménopause a la réputation inverse : il protègerait les artères des femmes qui le prennent.

De prime abord, cette assertion semble plutôt logique : avant la ménopause, les femmes font, statistiquement parlant, moins d'infarctus que les hommes. Les hormones féminines naturelles protègent en effet nos artères. Le THS est calqué sur le fonctionnement hormonal habituel de la femme, même lorsque les hormones choisies ne sont pas les plus naturelles possibles.

Le traitement de la ménopause pourrait donc avoir les mêmes vertus. C'est ce qu'ont voulu démontrer les chercheurs responsables de l'étude WHI, il y a une dizaine d'années aux Etats-Unis. Quelle ne fut donc pas leur surprise quand ils ont découvert que les résultats disaient... Tout l'inverse ! Mais la chose s'explique, selon le Dr Rozenbaum. "L'âge moyen des patientes de l'étude était élevé, 65 ans environ, et elles avaient commencé leur traitement sur le tard. Or, le THS est conçu pour être administré au moment de la ménopause, c'est-à-dire autour de la cinquantaine. Ce sont les oestrogènes qui protègent les artères du cholestérol. Si ces femmes ont commencé brutalement un traitement à 65 ans, les oestrogènes ont pu entraîner un décollement des plaques d'athérosclérose formées depuis la ménopause, ce qui a pu provoquer des accidents cardio-vasculaires."

D'autres facteurs de risque

Depuis, d'autres études ont été menées sur des femmes plus jeunes, qui ont conclu que le THS comportait plutôt un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires. Mais ces recherches n'ayant pas été réalisées en double aveugle (ni le patient, ni le médecin, ne sait quel groupe prendre le placebo et quel groupe prend le véritable médicament), elles n'ont pas eu le même retentissement médiatique et n'ont pas engendré de changement dans les recommandations officielles. 

En outre, de trop nombreux facteurs de risques cardiovasculaires existent à la cinquantaine pour pouvoir facilement distinguer l'effet, dans un sens ou dans l'autre, du THS. "Les femmes sont, comme les hommes, victimes du tabac, de l'alcool et du surpoids, explique le Dr Rozan. Tous ces facteurs font grimper le risque de maladie cardio-vasculaire, il est donc difficile de faire la part des choses."

Dernière précision : les différentes études semblaient montrer un risque accru de thrombose veineuse (formation de caillots dans le sang) sous THS. Il semblerait que ce risque soit largement diminué lorsque la prise se fait par voie intradermique et non par voie orale. Les hormones pénètrent alors directement dans le sang sans passer par le foie, qui joue un rôle important dans la coagulation.

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