Le vrai du faux sur les traitements hormonaux de la ménopause Idée n°3 : le THS se prend à vie

Une fois que les ovaires ont cessé de produire des hormones, rien ne permettra de les remettre en route. Il semble donc logique que le traitement hormonal qui comble la défaillance des ovaires se prenne à vie, non ?

"Non pas du tout, le THS n'est pas fait pour être pris jusqu'à la fin de ses jours, explique le Dr Rozan. C'est du cas par cas, mais je dirais qu'en moyenne, les femmes le prennent pendant 10 à 15 ans."

Pour mieux comprendre, prenons un cas "représentatif" : une femme de 50 ans dont la ménopause est désormais avérée ne supporte plus ses bouffées de chaleur. Elle est également déprimée, agressive et se trouve le teint terne. Son gynécologue va donc lui prescrire un THS, si aucune contre-indication ne s'y oppose. Très vite, tous ces symptômes disparaissent : plus de bouffées de chaleur, une libido et une bonne humeur retrouvées, bref : tout va bien. "Si bien qu'en général, après un ou deux ans de traitement, la patiente pense qu'elle peut arrêter, la mauvaise période est passée, explique Marc-Alain Rozan. On la voit souvent revenir au bout de quelques semaines : les symptômes ont repris et elle veut poursuivre le THS." La réévaluation du traitement est doit quoi qu'il en soit avoir lieu après quelques années. Pour ce faire, il suffit là aussi de l'arrêter quelque temps pour voir si les symptômes réapparaissent. Si tel n'est pas le cas, le gynéco vous proposera probablement d'arrêter définitivement le THS.

Les bouffées de chaleur s'estompent

Tout est une question de temps : il faut généralement plusieurs années avant que les symptômes les plus gênants s'apaisent. "Les bouffées de chaleur ne durent que quelques années, je n'ai jamais vu une femme de 70 ans qui en avait encore, note Marc-Alain Rozan. Quant aux autres "symptômes", comme la libido ou la sécheresse de la peau, ce n'est pas qu'ils disparaissent mais on y fait moins attention. Ou alors on trouve d'autres solutions, des traitements locaux par exemple." Pour ce qui est de l'ostéoporose, autre conséquence potentielle de la ménopause, elle va reprendre à l'arrêt du traitement. Mais là encore, d'autres solutions peuvent être trouvées pour conserver le capital osseux. "Il faut apprendre aux femmes à avoir un apport suffisant en calcium et à faire de la gymnastique, notamment pour conserver le rachis et les lombaires. Tout est une question de tact et de mesure."

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