Pourquoi on ne se souvient presque jamais de ses rêves : la science a enfin une explication

Chaque nuit, nous faisons des rêves… mais au réveil, ils disparaissent presque toujours. Que se passe-t-il pendant le sommeil qui nous empêche de nous rappeler nos rêves ? Pourquoi certains dormeurs s'en souviennent et pas d'autres ?

Pourquoi on ne se souvient presque jamais de ses rêves : la science a enfin une explication
© 123rf-remains

"Mince, c'était quoi mon rêve déjà ?" Qui ne s'est pas déjà réveillé le matin en se posant cette question. Si le sommeil est un moment de lâcher-prise essentiel, ne pas se souvenir de ses rêves est parfois très frustrant. Ça vient d'où ? Pendant une nuit complète, nous traversons en moyenne cinq cycles de sommeil d'environ 90 minutes. Et différentes phases de sommeil : lente, profonde, paradoxale... C'est au cours du sommeil paradoxal que l'activité cérébrale est la plus intense. Les rêves sont alors plus nombreux et plus élaborés. Pourtant, malgré leur richesse, la grande majorité de ces expériences nocturnes s'effacent au réveil. Ces mécanismes ont été détaillés par l'Observatoire B2V des Mémoires à l'occasion de la Journée internationale du sommeil.

Les rêves correspondent en partie à une réactivation d'expériences vécues au cours de la journée. Durant cette phase de réactivation inconsciente, certaines zones du cerveau impliquées dans la formation des souvenirs, notamment l'hippocampe et le cortex préfrontal, voient leur activité fortement diminuer. Résultat : les images, sensations ou histoires vécues pendant le rêve restent dans une mémoire très fragile et temporaire. En réalité, pour qu'un rêve soit mémorisé, il faudrait se réveiller au moment où il se produit. Ce réveil permet au cerveau de transférer son contenu de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme. Sans cette interruption du sommeil, les souvenirs disparaissent rapidement, parfois en quelques secondes seulement. 

Les "grands rêveurs" : un profil de dormeur à part

Certaines personnes ont pourtant l'impression de rêver beaucoup plus que d'autres. L'Observatoire distingue ainsi les "grands rêveurs", capables de se souvenir d'un rêve presque chaque jour, et ceux qui passent des semaines ou des mois sans s'en rappeler un seul. Cette différence serait liée à l'activité de la jonction temporo-pariétale, une région du cerveau impliquée dans la vigilance et le traitement de l'information. Chez les grands rêveurs, cette zone serait plus active, ce qui favoriserait les micro-réveils pendant la nuit et donc la mémorisation des rêves.

D'autres facteurs influencent également la capacité à se souvenir de ses rêves. Les femmes rapportent en moyenne davantage de souvenirs oniriques que les hommes, ce qui pourrait être lié à une plus grande tendance à analyser et à intérioriser les émotions. L'âge joue aussi un rôle : avec les années, la durée du sommeil paradoxal diminue progressivement, ce qui réduit la probabilité de se réveiller pendant un rêve. Oublier ses rêves n'est donc pas un signe que l'on ne rêve pas. Au contraire, nous rêvons tous chaque nuit. Simplement, notre cerveau n'en garde qu'une trace très fugace, sauf lorsque le réveil survient au bon moment.

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