Protoxyde d'azote : c'est quoi, dangers, à quoi ça sert ?

Ce gaz "hilarant" est facilement accessible et son usage détourné soulève une inquiétude croissante en France.

Protoxyde d'azote : c'est quoi, dangers, à quoi ça sert ?
© Alain ROBERT/SIPA (publiée le 30/03/2026)

Selon Santé publique France, 14% des 18-24 ans ont consommé du protoxyde d'azote au moins une fois dans leur vie. Plusieurs centaines de cas graves ont été rapportés au cours des deux dernières années. Face à une consommation qui ne cesse d'augmenter en France, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé en mars 2026 sur TF1 que la législation française devrait prochainement être durcie concernant l'usage du protoxyde d'azote sous forme de gaz hilarant.

C'est quoi et à quoi ça sert ?

Le protoxyde d'azote (N₂O) est un gaz incolore, souvent surnommé "gaz hilarant" ou "proto". Il est utilisé en médecine pour ses propriétés anesthésiantes et analgésiques (anti-douleur), notamment dans certains soins dentaires et à l'hôpital. Ainsi que dans des cartouches pour siphon à crème chantilly. Mais depuis plusieurs années, son usage initial est détourné : il est inhalé (souvent via un ballon rempli à partir d'une cartouche) pour obtenir une sensation d'euphorie très brève, des fous rires ou des hallucinations. Ce phénomène est identifié dans le milieu festif ou encore chez des collégiens, lycéens et étudiants avec des consommations répétées, voire quotidiennes.

Pourquoi est-ce dangereux ?

Les risques sont immédiats : il peut causer des vertiges, une désorientation, un manque de coordination, une vision altérée, une perte de connaissance par manque d'oxygène (asphyxie), et donc des chutes ou des accidents graves surtout au volant. Plus grave encore, la consommation régulière ou en grande quantité de protoxyde d'azote détruit la vitamine B12, essentielle au système nerveux. Cela peut entraîner de graves troubles neurologiques, des lésions de la moelle épinière, des troubles de la marche et, dans les cas extrêmes, des paralysies et des arrêts cardio-respiratoires. On peut donc mourir en inhalant du protoxyde d'azote.

Bonbonnes de protoxyde d'azote © Syspeo/SIPA (publiée le 30/03/2026)

Le protoxyde d'azote n'est pas une drogue illégale (un stupéfiant) en France, car il est utilisé légalement pour faire de la crème chantilly ou pour anesthésier. C'est pour cela qu'il est si facile à acheter, déplore la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). Cependant, à cause des dangers, une loi a été votée en 2021 pour contrôler la situation : il est désormais interdit de le vendre aux moins de 18 ans et interdit de le vendre si l'on sait que l'acheteur va l'utiliser pour s'enivrer. Malgré cette loi, des associations, comme Ligue contre la violence routière, réclament toujours que le gaz soit classé comme une vraie drogue, ce qui permettrait de limiter son usage et de punir plus sévèrement les conducteurs qui causent des accidents sous son emprise.

Quel est son prix ?

Le protoxyde d'azote est peu coûteux à l'achat, surtout sous la forme de cartouches destinées à la cuisine. Par exemple, un lot de 10 à 12 petites cartouches (celles utilisées pour les siphons à chantilly) coûte entre 10 et 18 euros dans les commerces ou en ligne. Le fait que le prix soit si faible rend le protoxyde d'azote accessible à un très large public, y compris les mineurs, ce qui amplifie le problème de santé publique.