Pollution aux particules fines : définition, impact, que faire ?

Poussières suspendues dans l'air, les particules fines sont issues de combustions liées aux activités industrielles, domestiques et aux transports, ou peuvent être émises par l'agriculture. Celles-ci peuvent être très nocives pour la santé. Quelles normes ? Quelles maladies provoquent-elles ? Réponses avec Tony Renucci, directeur de l'association Respire.

Pollution aux particules fines : définition, impact, que faire ?
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Qu'est-ce que la pollution aux particules fines ? 

"Les particules fines sont de la poussière qui proviennent de combustions. Elles génèrent des imbrûlés. Il y a des particules d'origine humaine (chauffage à bois, centrales thermiques, activités) et d'autres d'origine naturelle (volcan, incendies)", explique Tony Renucci, directeur de l'association Respire. Il existe deux types de particules, celles ayant un diamètre inférieur ou égal à 10 micromètres (les PM10) et celles dont le diamètre est inférieur ou égal à 2,5 micromètres (les PM2,5), encore plus nocives pour la santé. 

Particules fines en suspension : ça veut dire quoi ? 

Les particules fines en suspension sont des particules solides et liquides qui sont suspendues dans l'air. 

Quels sont les niveaux de pollution aux particules fines ? 

Voici les normes française et européennes de la qualité de l'air, selon le ministère de l'Ecologie. 
Pour les PM10 : 

  • Valeurs limites pour la protection de la santé humaine : 

-    50 µg/m³ (UE) en moyenne journalière à ne pas dépasser plus de 35
jours par an
-    40 µg/m³ (UE) en moyenne annuelle

  • Seuil d'information et de recommandation :

-    50 µg/m³ (FR) en moyenne sur 24 heures 

  • Seuil d'alerte :

-    80 µg/m³ (FR) en moyenne sur 24 heures

Pour les PM2,5 : 

  • Valeur cible pour la protection de la santé humaine : 

-    20 µg/m³ (FR) en moyenne annuelle

  • Valeur limite de 2015 pour la protection de la santé humaine : 

-    25 µg/m³ (UE) en moyenne annuelle

En septembre 2021, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a revu à la baisse ses recommandations pour la qualité de l'air. 

  • Valeurs recommandées pour les PM10 : 

    -   15 μg/m 3 valeur moyenne annuelle
    -   45 μg/m 3 valeur moyenne journalière

  • Valeurs recommandées pour les PM2,5 : 

     -   5 μg/m3 valeur moyenne annuelle
     -   15 μg/m3 valeur moyenne journalière

Quelle est l'origine de cette pollution ? 

Les particules fines sont issues, d'après le ministère de la transition écologique de "toutes les combustions incomplètes liées aux activités industrielles ou domestiques, ainsi qu'aux transports. Elles sont aussi émises par l'agriculture (épandage, travail du sol, etc). Elles peuvent également être d'origine naturelle (érosion des sols, pollens, feux de biomasse, etc.)". 

Quel indice pour la mesurer ? 

Pour mesurer la pollution des particules fines, on parle de concentrations moyennes journalières ou annuelles de matières particulaires (PM) par mètre cube d'air. Ces concentrations sont exprimées en microgrammes par mètre cube (μg/m3). 

Quelles conséquences pour la santé ? 

"Les particules fines pénètrent en profondeur dans les poumons et sont donc à l'origine d'inflammations. Elles peuvent également aggraver l'état de santé des personnes souffrant déjà de problèmes cardiaques ou pulmonaires", alerte Tony Renucci. Les PM2,5, encore plus fines, sont les plus dangereuses car elles peuvent passer la barrière pulmonaire et s'infiltrer dans les veines. Une exposition régulière augmente donc le risque de développer des maladies respiratoires, cardiovasculaires, des cancers pulmonaires, jusqu'à entrainer la mort. D'après l'OMS, "même à faibles concentrations, les particules polluantes ont des répercussions sur la santé ; aucun seuil n'a été identifié au-dessous duquel elles n'affectent pas la santé". 

Y-a-t-il une carte de France pour suivre la pollution aux particules fines ? 

Le site Atmo France propose une carte renvoyant vers les associations régionales qui surveillent la qualité de l'air.  En région parisienne, par exemple, l'association Air Parif est chargée de cette surveillance. 

La pollution aux particules fines peut-elle survenir à la maison ? 

"Dès qu'il y a de la combustion, cela entraine l'apparition de particules fines", assure Tony Renucci. La cuisson, les bougies, la fumée de cigarette et le chauffage, particulièrement le chauffage à bois, sont des sources de combustion internes.  

Quelles maladies peut-elle provoquer ? 

Santé publique France indique qu'au niveau cardiovasculaire, "une réduction de la variabilité du rythme cardiaque, une augmentation de la pression artérielle et de la coagulabilité sanguine et une progression de l'athérosclérose conduisant au développement de maladies coronariennes (infarctus du myocarde) et d'accidents vasculaires cérébraux" sont souvent enregistrées et dues à l'émission de particules fines. Celles-ci ont également un véritable impact au niveau respiratoire : "une réduction de la capacité respiratoire, une augmentation de la réactivité bronchique, une croissance cellulaire anormale pouvant conduire au développement d'une bronchopneumopathie chronique obstructive, de l'asthme, d'infections respiratoires inférieures, et dans certains cas à un cancer du poumon". Des études démontrent aussi que la pollution atmosphérique a un rôle important sur "les troubles de la reproduction, les troubles du développement de l'enfant, les affections neurologiques et le diabète de type 2". En 2019, Santé publique France révélait que la pollution de l'air en France était coupable de la mort de 40.000 personnes chaque année

Que faire pour se protéger ?

Pour améliorer la qualité de l'air extérieur, "nous même, individuellement, ne pouvons pas modifier les choses profondément. Ce sont les politiques mises en place qui doivent changer concernant notamment le trafic routier et l'activité des industries et qui rejailliront sur la population". En intérieur, Tony Renucci conseille d'éviter les bougies, d'aérer le plus possible après avoir cuisiné, utiliser un purificateur d'air, ne pas utiliser la cheminée les jours de pic de pollution

Merci à Tony Renucci, directeur de l'association Respire.

Sources : 

- Tableau des normes de la qualité de l'air du ministère de la transition écologique
- Article du ministère de la transition écologique sur la pollution de l'air 
- Données de l'OMS
- Atmo France 
- Santé publique France 

Environnement et climat