Hallucinogène : effets, conséquences, drogues

Les hallucinogènes sont des substances psychotropes qui induisent des hallucinations et altèrent la perception des usagers. Quelles sont les plantes et drogues hallucinogènes ? Quelles conséquences ? Quels dangers ? Comment arrêter ? Réponses de Yann Botrel, hypnothérapeute addictologue.

Hallucinogène : effets, conséquences, drogues
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Définition : qu'est-ce qu'un hallucinogène ? 

Toute substance provoquant des modifications des perceptions jusqu'à l'hallucination est un hallucinogène. Il peut donc s'agir d'une substance de synthèse (hallucinogène synthétique) ou d'une plante, de champignons (hallucinogène naturel). Toutes ont en commun de provoquer un état modifié de conscience du fait d'une action sur le système nerveux central. La personne sous hallucinogènes voit des choses qui n'existent pas, entend des voix... Une overdose d'hallucinogènes peut être mortelle.

Plantes hallucinogènes : c'est quoi ?

En France, les plantes hallucinogènes sont nettement moins consommées que les drogues et les champignons. Selon l'OFDT (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies), la plante la plus utilisée après les champignons est la Salvia divinorum. Les autres plantes hallucinogènes comme la Datura stramonium, l'ayahuasca, l'iboga, la rose des bois ou encore le peyolt sont consommées de manière très marginale dans l'Hexagone. 

Drogues hallucinogènes : c'est quoi ?

Les drogues hallucinogènes (hallucinogènes synthétiques) sont produites chimiquement. "Elles provoquent une modification de tous les sens (vue, audition,  goût, odorat, toucher) et de la perception que l'usager a de son corps dans l'espace spatio-temporel. Celui-ci peut avoir l'impression d'entendre et de voir des choses qui n'existent pas réellement. Son comportement et son humeur sont altérés", explique Yann Botrel. Les drogues hallucinogènes les plus utilisées en France selon l'OFDT sont : 

le LSD qui provoque des hallucinations, une perte des repères, des angoisses et un profond mal-être à la "descente", c'est-à-dire lorsque le produit s'estompe dans l'organisme.

la kétamine qui a un effet euphorisant et entraîne des hallucinations. À forte dose, cette drogue provoque un syndrome dissociatif (sensation de sortir de son corps).

le GHB et le GBL qui ont des propriétés euphorisantes, sédatives et amnésiantes. 

Champignons hallucinogènes : c'est quoi ?

Les champignons hallucinogènes ont une action psychotrope, c'est-à-dire qu'ils agissent sur le système nerveux central. Les champignons hallucinogènes modifient les perceptions sensorielles, ont un effet hypnotique ou créent des hallucinations. Les champignons hallucinogènes sont des stupéfiants qui se consomment comme un aliment. Ils peuvent agir pendant plusieurs heures, voire une journée entière. On utilise certaines substances contenues dans les champignons hallucinogènes pour traiter la dépression ou les TOC.

Quels sont les effets des hallucinogènes ?

"Les hallucinogènes modifient les perceptions visuelles, auditives, spatiales et temporelles de l'individu. Ils provoquent souvent des "bad trips", épisodes traumatisants qui peuvent se manifester rapidement ou quelques heures après la prise de drogues hallucinogènes avec un risque d'accident. Les substances de synthèse comme la MDMA sont plus addictogènes et la craving parfois important" indique l'addictologue. 

Quels sont les conséquences et dangers pour la santé ?

Selon l'OFDT, les principaux dangers liés à la prise de drogues hallucinogènes sont les "bad trips", les bouffées délirantes, les malaises accompagnés d'angoisse ainsi que les risques d'accidents et d'intoxications. "Dans la mesure où les hallucinogènes modifient les perceptions et les sens, les usagers peuvent aller jusqu'à se jeter par la fenêtre. Il y a également un risque d'associations (alcool - GHB) qui peuvent se révéler fatales", précise l'addictologue. Du fait de son action anesthésiante, la kétamine peut provoquer d'importantes blessures.

Quels risques de dépendance ?

"Il est rare que les champignons entraînent une dépendance sur le long terme, puisque les prises sont généralement espacées et occasionnelles, plutôt dans un contexte récréatif. Pour autant, il peut y avoir des dépendances aux expériences psychédéliques. Il y a surtout des risques d'accidents, d'intoxications et de mauvaises associations pouvant conduire au décès", observe notre interlocuteur.

Comment arrêter ?

"Quand on passe d'une consommation plaisir à une consommation besoin, cela signifie qu'une dépendance s'installe et qu'il est nécessaire de demander de l'aide", prévient le spécialiste. Pour faire le point, Yann Botrel préconise la règle des 4C :

  • C comme contrôle (perte de contrôle),
  • C comme conséquences (on sait que ce n'est pas bon pour soi mais cela ne suffit pas à arrêter) ;
  • C comme compulsion (on ne peut pas s'empêcher d'utiliser le produit et quand on l'utilise, l'effet de soulagement est immédiat) ;
  • C comme : craving, besoin impérieux d'avoir et de consommer le produit qui prend de plus en plus de place dans sa vie.

Un seul de ces 4C confirme la dépendance. 

Source : 
https://www.ofdt.fr/produits-et-addictions/de-z/hallucinogenes/ 

Merci à Yann Botrel, hypnothérapeute addictologue. Site www.yann-botrel.fr Chaîne YouTube : www.youtube.com/channel/UCbvUvg6npK-64yJc5Y9PuPA 

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