Corticostéroïdes : définition, inhalés, effets secondaires

Chargement de votre vidéo
"Corticostéroïdes : définition, inhalés, effets secondaires"

Les corticostéroïdes ou corticoïdes, aussi connus sous le nom d'anti-inflammatoires stéroïdiens, sont indiqués dans de nombreuses pathologies. Oraux, inhalés, topiques... Quand les prendre ? Quels sont leurs effets secondaires ? Les précautions d'emploi ? Ceux qui sont les plus prescrits en France ? Liste et conseils du Dr Habib Chabane, allergologue à Paris.

Définition : qu'est-ce qu'un corticostéroïde ? 

Les corticostéroïdes sont des hormones produites par la paire de glandes surrénales, localisées au-dessus des reins, précisément au niveau d'une partie appelée la corticosurrénale. On parle également de glucocorticoïdes. Les corticostéroïdes peuvent également être synthétisés en laboratoire et être utilisés en thérapeutique : on parle de corticothérapie. Les glucocorticoïdes de synthèse se répartissent de la manière suivante :

  • Les corticoïdes à effets courts, comprenant la prednisone, la prednisolone et la méthylprednisolone. Leur pouvoir inflammatoire est compris entre 4 et 5 ;
  • Les corticoïdes à effets intermédiaires, comprenant la triamcinolone et la paraméthasone. Leur pouvoir inflammatoire est compris entre 5 et 10 ;
  • Les corticoïdes à effets prolongés, comprenant la bétaméthasone, la dexaméthasone et le cortivazol. Leur pouvoir inflammatoire est compris entre 25 et 30 (il peut aller jusqu'à 60 pour le cortivazol).

Les corticostéroïdes ont des effets sur les réactions métaboliques de l'organisme, une action anti-inflammatoire luttant contre les processus d'inflammations, et aussi une activité immunosuppressive, c'est-à-dire diminuant les réactions de défense de l'organisme, recherchées parfois dans certaines maladies auto-immunes. Ils peuvent être utilisés en médicaments à prendre par la bouche, mais aussi sous forme de produits injectables, par voie veineuse dans certaines situations d'urgence et aussi locale dans les articulations en cas de rhumatismes. Ils ont néanmoins de nombreux effets indésirables, ce qui limite généralement leur utilisation à des cures courtes, lorsqu'il ne s'agit pas de maladie inflammatoire chronique.

Corticostéroïdes oraux ou inhalés : quelles indications ? 

  • Les corticostéroïdes inhalés sont principalement indiqués en traitement de fond de l'asthme. En réduisant l'inflammation et les sécrétions dans les bronches, ils favorisent le passage de l'air et les échanges gazeux. Ils sont également indiqués dans les bronchites chroniques obstructives (BPCO), diverses fibroses pulmonaires.
  • Les corticostéroïdes oraux sont indiqués dans le cadre de maladies auto-immunes, de pathologies inflammatoires, de réactions allergiques aiguës, d'exacerbation d'asthme. Ils sont également prescrits dans les maladies rhumatologiques (polyarthrite rhumatoïde), certains cancers, des maladies inflammatoires de l'intestin, des maladies neurologiques ou encore rénales. 

Quelle est la liste des corticostéroïdes disponibles en France ? 

Les corticoïdes les plus employés en France (liste non exhaustive) sont la prednisone (Cortancyl®) et la prednisolone (Solupred®). Mais aussi : Méthylprednisolone (Solumédrol®), Bétaméthasone (Celestene®), Hydrocortisone (Hydrocortisone®), Dexaméthasone (Dectancyl®, Decadron®), Triamcinolone (Kenacort®) pour ceux qui sont administrés par voie orale. Quant aux corticostéroïdes par voie inhalée, les plus fréquemment prescrits sont : Béclometasone (Becotide®), Budesonide (Pulmicort®), Fluticasone (Flixotide®). 

Disponibles avec ou sans ordonnance ?

Les corticostéroïdes sont vendus sur ordonnance

"Les corticostéroïdes ne sont pas vendus sans ordonnance car leur utilisation prolongée sans surveillance médicale comporte des risques d'effets indésirables graves. Seule la béclométhasone nasale est autorisée en France à partir de l'âge de 15 ans pour le traitement de la rhinite allergique", indique le Dr Habib Chabane. 

Quelles sont les précautions lors de l'utilisation ?

Au-delà du fait de suivre scrupuleusement la prescription de son médecin, il faut s'assurer de boire beaucoup d'eau. En cas de traitement prolongé par voie orale, il est conseillé de suivre un régime sans sel (pour éviter la rétention d'eau) et de se supplémenter en potassium. Pour prévenir les risques gastriques, l'association d'un médicament  antiulcéreux tel que Omeprazole est recommandée. 

Le Dr Habib Chabane recommande également de : 

  • Contrôler régulièrement son poids (rétention hydrique)
  • Contrôler la kaliémie (ionogramme sanguin) car il existe un risque de perte de potassium et de troubles cardiaques. Il est possible de se supplémenter si besoin (alimentation ou médicament).
  • Contrôler sa tension artérielle (risque d'hypertension) et contrôler le métabolisme lipidique.
  • Contrôler sa glycémie et réduire si besoin la consommation de sucres (ou traitement si besoin).
  • Contrôler la vision si le traitement est pris au long cours.  
  • Enrichir l'alimentation en calcium et en vitamine D et contrôler la minéralisation osseuse (densitométrie osseuse). 

Quelles sont les contre-indications ?

Un traitement bref par corticothérapie ne présente aucune contre-indication. Elle est néanmoins contre-indiquée, et ce quelle que soit la durée, dans les cas suivants :

  • une pathologie psychiatrique sévère
  • une hypersensibilité à l'un des constituants
  • une vaccination récente par un vaccin vivant ou un état infectieux évolutif (herpès par exemple)

En cas d'ulcère gastroduodénal, un corticostéroïde peut être administré, mais des médicaments antiulcéreux doivent être associés.

Quels sont les effets secondaires ?

Si les corticostéroïdes sont très efficaces pour soulager les pathologies associées à un processus inflammatoire, ils peuvent, en revanche, entraîner de graves effets indésirables. "Entre autres, leur utilisation par voie orale au long cours entraîne un risque hypertension et de diabète chez les patients prédisposés, l'ostéoporose et une augmentation du risque de fracture, des troubles du sommeil et de l'humeur, une peau plus fine et plus fragile,  des troubles digestifs (ulcères, maux d'estomac, pancréatites), un gonflement du visage (syndrome de Cushing), de la nuque et du ventre, une rétention d'eau et prise de poids, une hypokaliémie, ou encore diminution des défenses immunitaires (à forte dose). Chez l'enfant, un retard de croissance est à craindre", détaille l'allergologue.

Corticostéroïdes topiques : c'est quoi ?

Les corticostéroïdes sont dits "topiques" quand ils sont à appliquer localement. On parle également de dermocorticoïdes. Ils sont indiqués dans le traitement de nombreuses maladies dermatologiques telles que l'eczéma de contact, la dermatite atopique, le psoriasis, la dermite séborrhéique, afin de soulager l'inflammation et les démangeaisons. La plupart du temps, le médecin préconise 1 ou 2 applications par jour et prescrit un arrêt progressif du traitement. En cas d'utilisation prolongée, les corticostéroïdes topiques peuvent entraîner une dilatation des petits vaisseaux, un amincissement et une dépigmentation de la peau. 

Merci au Dr Habib Chabane, allergologue à Paris.

Conseils médicaments