Moustique tigre : photo, carte de France, bouton, piqûre qui gonfle ?

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"Moustique tigre : photo, carte de France, bouton, piqûre qui gonfle ?"

Alerte au moustique tigre ! Présent dans près de 60 départements en France, dont la Loire Atlantique et les Yvelines, ce moustique peut piquer et transmettre certaines maladies à l'Homme comme la dengue, Zika ou le chikungunya. Un nouveau site de l'Anses permet de signaler sa présence en France. Comment le reconnaître ? Quels sont les symptômes ? Photo, taille, carte 2020 et conseils de l'infectiologue Stéphane Gayet.

[Mis à jour le jeudi 25 juin à 09h44] Le moustique tigre est une espèce invasive surtout présente dans les zones urbaines, autrement dit, il aime les lieux habités par l'homme. Dans un communiqué du 19 juin 2020, l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) émet une liste de recommandations pour se protéger des moustiques-tigres, et partage un site pour signaler sa présence en France. En 2020, la carte de sa présence en France montre que sa progression toujours spectaculaire, selon le site Vigilance-Moustique avec 7 nouveaux départements placés en vigilance rouge, soit 58 au total. Le moustique tigre peut transmettre des maladies comme la dengue ou le chikungunya. En 2020, aucun cas autochtone n'a encore été observé, mais en 2019, des cas de fièvre Zika et de dengue ont été signalés en France métropolitaine. Comment le reconnaître ? Comment savoir si on s'est fait piqué ? Et comment désinfecter et soigner la piqûre ? Quelles sont les recommandations des autorités sanitaires pour s'en protéger ?

Carte de France : où est-il présent ?

Chaque année, le moustique tigre sort de son hibernation au printemps, période à laquelle on retrouve la conjonction humidité et chaleur. L'humidité, pour que les œufs pondus puissent se développer et passer de l'état de larve à nymphe, et la chaleur, pour que la larve pousse son développement jusqu'au stade adulte du moustique. En 2020, le moustique tigre est présent dans 67 départements soit près de 65% du territoire, dont 58 départements en vigilance rouge. "La carte montre que la progression du moustique tigre est toujours spectaculaire avec 7 nouveaux départements placés en vigilance rouge" annonce le site Vigilance-Moustique.

carte moustique tigre france mai 2020
Carte de présence du moustique tigre en France au 26 mai 2020. © Vigilance-Moustiques

• 7 nouveaux départements placés en vigilance rouge : Charente, Cher, Loire-Atlantique, Yvelines, Haute-Savoie, Deux Sèvres, Vienne.

Rejoignent les 51 départements dans lesquels le moustique tigre était déjà implanté et actif en 2019 : Charente-Maritime, Côte d'Or, Loire, Nièvre, Puy-de-Dôme, Paris, Seine-et-Marne, Essonne, Seine-Saint-Denis, Hauts de Seine, Aisne, Hautes Alpes, Hautes Pyrénées, Ariège, Lozère, Indre, Maine et Loire, Corrèze, Val-de-Marne, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Vendée, Saône-et-Loire, Rhône, Ain, Isère, Savoie, Alpes hautes Provence, Var, Alpes Maritimes, Haute Corse, Corse du Sud, Drôme, Vaucluse, Bouches du Rhône, Ardèche, Gard, Hérault, Aveyron, Tarn, Aude, Pyrénées Orientales, Haute Garonne, Tarn-et-Garonne, Lot, Dordogne, Lot-et-Garonne, Gers, Gironde, Landes, Pyrénées Atlantiques.

• 9 départements désormais en vigilance orange, c'est à dire que le moustique y a été intercepté ponctuellement dans les 5 dernières années (méthodologie retenue par l'ECDC dans sa mission de suivi des espèces vectorielles invasives en Europe) : Allier, Doubs, Indre et Loire, Jura, Loir et Cher, Haute Loire, Oise, Yonne, Val d'Oise.

• 29 départements en vigilance jaune : ces départements font l'objet d'une veille entomologique spécialement dédiée à la surveillance du moustique tigre, sans qu'aucun spécimen n'y ait été intercepté ponctuellement : Ardennes, Aube, Calvados, Cantal, Côtes d'Armor, Creuse, Eure, Eure et Loir, Finistère, Ille et Vilaine, Loiret, Manche, Marne, Haute Marne, Mayenne, Meurthe et Moselle, Meuse, Morbihan, Moselle, Nord, Orne, Pas de Calais, Haute Saône, Sarthe, Seine Maritime, Somme, Haute Vienne, Vosges, Territoire de Belfort.

Il pique surtout au crépuscule et à l'aube.

Définition et origine du moustique tigre

Le moustique tigre, ou aedes albopictus, est un moustique originaire des forêts tropicales d'Asie du Sud-Est, mais qui est désormais présent dans la plupart des pays du globe car il a su s'adapter à divers environnements et notamment en milieu urbain. "Il est arrivé en Europe dans les années 2000, par avion, ou plus probablement par bateau, puisque la vie des moustiques est liée à l'humidité", explique Stéphane Gayet, infectiologue au Chu de Strasbourg. L'espèce est aujourd'hui implantée dans plus de 100 pays sur les 5 continents de la planète. Cette expansion fulgurante, liée principalement au commerce international (de pneus notamment), lui vaut d'être classé parmi les espèces les plus invasives au monde. Il a tendance à proliférer dans toutes sortes de récipients et de réservoirs d'eau artificiels (vases, pots, bidons, gouttières...). "On l'appelle moustique tigre en référence aux lignes blanches qui strient son corps et ses pattes noires", précise-t-il. En piquant son hôte, le moustique tigre peut transmettre des maladies, heureusement rares dans notre pays, comme :

Le moustique tigre est silencieux et diurne, autrement dit,  il pique plutôt le jour (principalement le matin et le soir) sans faire de bruit, alors que le moustique a plutôt tendance à piquer la nuit.

Photo d'un moustique tigre

moustique tigre
© 123RF-Marco Uliana

Différencier un moustique d'un moustique tigre

Reconnaître un moustique tigre

Le moustique tigre est très facilement identifiable à l'œil nu : il est reconnaissable à ses rayures nettes noires et blanches sur le corps et sur les pattes.

  • Ses ailes sont franchement noires (sans tâches). "Le moustique tigre est très foncé, presque noir, avec de fines rayures blanches. C'est de ces rayures que vient son nom : aedes albopictus, albo signifie "blanc" et pictus "rayé", donc "rayé de blanc", explique le spécialiste. Même en vol, il est aisé de voir que le moustique tigre est plus foncé que les autres.
  • Son corps est noir et blanc : il est facilement identifiable grâce à la ligne blanche présente le long de son thorax
  • Pour se nourrir, les moustiques disposent d'un appareil piqueur : un long appendice en prolongement de la tête. Si l'insecte n'a pas d'appareil piqueur, ce n'est donc pas un moustique.
  • Il n'est pas très vif et est plutôt  facile à écraser en vol.  
  • Il pique surtout au crépuscule et à l'aube. En effet, il est plus diurne que le moustique autochtone : il a une activité plus journalière, alors que le moustique autochtone est plus crépusculaire et nocturne", ajoute le médecin infectiologue.
  • Il est plus agressif que les autres moustiques : "En effet, piquer des mammifères ou des hommes est nécessaires aux moustiques femelles, mais il semblerait que les moustiques-tigres préfèrent l'homme." 

"La piqûre est la même que celle d'un moustique"

• Taille du moustique tigre

Le moustique tigre est plus petit que le moustique autochtone que l'on a chez nous : aedes albopictus mesure seulement quelques millimètres. Le moustique autochtone, lui, mesure généralement entre un demi-centimètres et un centimètre.

A quoi ressemble une piqûre de moustique tigre ?

"Visuellement, la piqûre est la même : on peut sentir une petite douleur, il y a un petit bouton rouge, ça gonfle et ça démange assez vite , décrit Stéphane Gayet. Le bouton ressemble à une cloque un peu plate, de 5 mm à 2 cm de diamètre, selon les personnes. Le bouton peut tourner au rouge et s'élargir s'il y a une mauvaise réaction de la peau.

Que faire en cas de piqûre ?

"Il est toujours important de désinfecter avec un antiseptique, tout de suite après la piqûre, pour limiter le risque de contagion de maladies , explique le médecin. Une fois que cela est fait, la piqûre disparaîtra d'elle-même.

Quelles maladies peut-il transmettre ?

"Le moustique tigre est un vecteur potentiel de certaines maladies virales, mais il ne les porte pas systématiquement , commence le spécialiste. Les plus connues sont la Dengue, le virus du Chikungunya et le virus Zika. Il est capable de les transmettre d'une personne à une autre". Concrètement, le moustique contracte la maladie en piquant un individu contaminé, puis le transmet en piquant une autre personne. S'il est piqué, le malade reste contagieux quelques heures avant l'apparition des manifestations et pendant la phase aiguë, généralement 5 jours suivant le début des manifestations.

La dengue est une maladie la plupart du temps asymptomatique. Dans 25 à 60% des cas, elle se manifeste par des symptômes proches de ceux de la grippe (fièvre élevée, frissons, maux de tête, myalgies, nausées, vomissements, douleurs articulaires...) associés à des éruptions cutanées et une grande fatigue.

Le chikungunya est une maladie le plus souvent bénigne, qui entraîne des symptômes comme une grande fatigue et des douleurs qui peuvent persister plusieurs semaines. En cas d'apparition de fièvre et de douleurs articulaires survenant après une piqûre de moustique, il vaut mieux consulter son médecin.

La maladie à virus zika est une maladie le plus souvent bénigne mais qui peut parfois entraîner des symptômes de type grippal comme des maux de tête, des courbatures, une fatigue, mais aussi des éruptions cutanées. Elle peut également se manifester par une conjonctivite ou par une douleur derrière les yeux, ainsi que par un œdème des mains et/ou des pieds. La fièvre apparaît peu élevée et transitoire.

Quels risques en cas de piqûres ?

Stéphane Gayet tient à rassurer sur le cas du moustique tigre : "Il ne faut pas être alarmiste, ce moustique n'est pas forcément dangereux : pour qu'il transmette des maladies virales, comme la Dengue, le chikungunya ou l'infection au Zika, il faut d'abord qu'il pique quelqu'un de contaminé. Or, il y a très peu de cas en France." Il faut donc être vigilant, mais ce n'est pas quelque-chose dont il faut avoir la hantise, car ces moustiques représentent un risque uniquement dans les pays où il y a ces maladies.

Signaler la présence des moustiques tigres

Si vous repérez des moustiques tigres, il est demandé de les signaler à l'ARS ou à la préfecture, qui pourra ainsi lancer un plan de lutte. Signaler la présence d'un moustique tigre permet de participer à sa surveillance, ce qui aide les autorités sanitaires à mettre en place des mesures de lutte adaptées à sa propagation sur le territoire. Mais avant de signaler un moustique tigre, vous devez disposer d'une photographie du moustique ou son état doit permettre une identification (par envoi d'un échantillon à l'opérateur en charge de la démoustication dans votre région). Une fois cette condition remplie, pour vérifier que vous êtes bien en présence d'un moustique tigre, il vous faudra répondre à trois questions : 

  • Le moustique est-il de petite taille ?
  • De quelle couleur est-il ?
  • Dispose-t-il d'un appareil piqueur (un long appendice en prolongement de sa tête) ?

→ Signalez la présence d'un moustique tigre sur le site signalement-moustique.anses.fr.

Prévention : comment éviter les moustiques tigres ?

Dans un communiqué du 19 juin 2020, l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) émet une liste de recommandations pour se protéger des moustiques-tigres. 

Pour éviter la prolifération du moustique-tigre, il faut :

  • Vider les vases, les soucoupes des pots de fleurs ou les remplir de sable humide.
  • Supprimer ou vider régulièrement les petits récipients pouvant contenir de l'eau dans les jardins.
  • Rendre les bidons de récupération d'eau de pluie inaccessibles aux moustiques (les couvrir d'une moustiquaire ou d'un tissu fin), retourner les arrosoirs.
  • Prévoir une pente suffisante pour que l'eau ne stagne pas dans les gouttières.
  • Veiller à la bonne évacuation des eaux de pluie.
  • Ranger à l'abri de la pluie tous les stockages pouvant contenir de l'eau : pneus, bâches plastique, jeux d'enfants.
  • Pour les récipients impossibles à vider (puits, collecteurs d'eau de pluie ouverts…), on peut les couvrir hermétiquement avec de la toile moustiquaire ou, à défaut, recouvrir cette eau d'une fine couche d'huile : les larves ne peuvent plus respirer et meurent.
  •  Entretenir son jardin, élaguer les arbres, débroussailler les haies et les herbes hautes, éviter le stockage de débris végétaux permettent de limiter les lieux de repos du moustique tigre.

Pour se protéger des piqûres, il faut :

La citronnelle ne protège que pendant une heure environ

  • Porter des vêtements longs, amples et de couleurs claires
  • Utiliser des répulsifs cutanés en suivant les précautions d'emploi indiquées sur l'emballage. L'Organisation mondiale de la Santé recommande d'utiliser des répulsifs cutanés, principalement ceux qui renferment du DEET de l'IR3535 ou de l'Icaridine. En revanche, les appareils électriques comme les diffuseurs ou les émetteurs d'ultra-sons ont une faible efficacité. Dans tous les cas, Il faut donc prendre au préalable l'avis de son médecin ou, à défaut, de son pharmacien, car certains produits n'ont pas d'efficacité et d'autres sont déconseillés aux femmes enceintes et aux enfants.
  • Utiliser des moustiquaires pour éviter que les moustiques entrent dans les maisons,
  • La citronnelle ne protège que pendant une heure environ contre les piqûres et est déconseillée chez les enfants âgés de moins de 2 ans.

Voyage, pays à risque : quelles recommandations ?

Comme il n'existe pas de vaccin contre le chikungunya et la dengue, la prévention et le contrôle de la prolifération des moustiques restent les seuls moyens de s'en prémunir. Par ailleurs, en cas de fièvre élevée subite (supérieure à 38,5°C), de douleurs sévères dans les articulations, muscles et maux de tête un à deux jours après un voyage, il est recommandé de consulter un médecin. Enfin, si vous partez en voyage dans une région tropicale, il est impératif de vous protéger des piqûres de moustiques :

  • porter des vêtements couvrants et amples imprégnés d'insecticide,
  • appliquer des produits anti-moustiques,
  • dormir sous une moustiquaire préalablement traitée à l'insecticide,
  • mettre en marche l'air conditionné car les moustiques n'aiment pas les basses températures.

*surveillance qui consiste à capturer périodiquement des moustiques à l'aide de pièges placés dans des stations. Ces moustiques sont identifiés et envoyés pour analyse au Laboratoire de l'Agence Régional de Santé.

Merci à Stéphane Gayet, infectiologue au CHU de Strasbourg.

Piqûres