Effet secondaire d'un médicament : combien de temps après la prise ?
Nausées, vertiges, fatigue... Le délai d'apparition des effets indésirables d'un médicament varie selon les molécules. Nos conseils pour savoir quand s'alerter et réagir avec le Dr Monique Quillard médecin généraliste.
Qu'ils surviennent quelques minutes après la prise ou des années plus tard, les effets secondaires d'un médicament ne sont jamais à prendre à la légère. Si certains sont inoffensifs, d'autres peuvent impacter lourdement votre santé ou nécessiter une révision immédiate de votre traitement. Mais comment faire la différence entre un effet secondaire classique et un effet indésirable grave ? Quel est le rôle réel de la notice et comment réagir efficacement en cas de doute ? Eclairage avec le Dr Monique Quillard, médecin généraliste.
Définition : qu'est-ce qu'un effet secondaire ?
Un effet secondaire est un effet provoqué par un médicament qui n'est initialement pas recherché dans la prescription de celui-ci. "Les effets secondaires ne sont pas forcément nocifs et sont généralement connus pour des molécules qui ont été longtemps étudiées et qui sont depuis longtemps sur le marché. Ils sont notifiés sur la notice du médicament. Ils peuvent survenir à la suite d'une prise "normale" du traitement ou surdosage, mésusage…" explique le Dr Monique Quillard, médecin généraliste.
Combien de temps apparaissent-ils après la prise ?
"Les effets indésirables peuvent très rapides, 24 à 48 heures après la première prise, ou survenir après plusieurs mois ou années et même longtemps après l'arrêt du médicament, par exemple le Médiator qui a provoqué des lésions des valves cardiaques et de nombreux morts. Idem pour le Distilbène qui a été responsable de malformations et de stérilité chez les femmes", nous répond le Dr Quillard.
Doivent-ils obligatoirement être notifiés dans la notice ?
Oui, les laboratoires doivent signaler les effets dont ils ont connaissances sur la notice du traitement ou sur la base de données européenne Eudravigilance. "Ils portent sur la notice les effets indésirables apparus pendant les essais cliniques, puis ceux qui ont été signalés aux centres de pharmacovigilance et documentés", précise notre expert. À noter que les notices numériques sont désormais mises à jour en temps réel sur les sites officiels de santé.
Que faire en cas d'effet secondaire d'un médicament ?
Si celui-ci est gênant ou grave, il convient de prévenir le médecin qui vous a prescrit le traitement responsable, afin de voir avec lui s'il est nécessaire de l'arrêter ou de le remplacer. Ensuite, il est important de signaler cet effet au centre régional de pharmacovigilance afin que celui-ci soit enregistré. "Les professionnels de santé ou les usagers peuvent signaler en quelques clics aux autorités sanitaires tout événement indésirable sur le site signalement-sante.gouv.fr , dont les effets indésirables, incidents ou risques d'incidents liés aux produits de santé", conseille le Dr Quillard.
Quelles différences avec les effets indésirables ?
Un effet secondaire n'est pas forcément "indésirable". Les autorités de santé privilégient le terme "effet indésirable" pour toute réaction négative liée à l'utilisation conforme ou non (surdosage, erreur médicale) d'un produit. Les autorités parlent aussi :
→ d'effet indésirable grave pour désigner un effet indésirable mortel ou susceptible de mettre la vie en danger, ou entraînant une invalidité ou une incapacité importante ou durable, ou provoquant ou prolongeant une hospitalisation, ou se manifestant par une anomalie ou une malformation congénitale.
→ d'effet indésirable inattendu pour désigner un effet indésirable dont la nature, la sévérité ou l'évolution ne correspondent pas aux informations réglementaires du médicament.
Comment le déclarer ?
Le patient, ou son représentant (dans le cas d'un enfant par exemple), ainsi que les médecins et tout autre professionnel de santé (infirmier, kinésithérapeute…) peut déclarer l'effet ressenti auprès du centre régional de pharmacovigilance (CRPV). Le signalement est analysé par des experts, puis enregistré dans la base de données nationale de pharmacovigilance de façon anonymisée. Cette démarche citoyenne est essentielle : elle a permis, ces dernières années, de mieux encadrer l'usage de certains vasoconstricteurs ou anti-inflammatoires courants.
Merci au Dr Monique Quillard médecin généraliste.