Oxygénothérapie et Covid-19 : à domicile, comment ça se passe ?

Plus de 33 000 personnes sont hospitalisées en France pour Covid-19. Pour soulager les hôpitaux, la Haute Autorité de Santé a élaboré un plan de prise en charge à domicile de patients atteints de la Covid-19 qui nécessitent une oxygénothérapie. Qui peut en bénéficier ? Sous quelles conditions ? On fait le point.

Oxygénothérapie et Covid-19 : à domicile, comment ça se passe ?
©  alexandersafonov - 123RF

Face à l'épidémie de Covid-19, les hôpitaux sont sous tension en France. Au 17 novembre, plus de 33 000 personnes contaminées sont hospitalisées. Face à cette situation sanitaire de crise, le Ministère des Solidarités et de la Santé a saisi la Haute Autorité de Santé (HAS) afin d'élaborer un plan de prise en charge exceptionnellement à domicile de patients atteints de la Covid-19 qui nécessitent une oxygénothérapie. Explication.

Oxygénothérapie : qu'est-ce que c'est ? 

L'oxygénothérapie est définie comme un traitement médical ayant pour but de délivrer de l'oxygène à une personne qui en a besoin par les voies respiratoires, via une sonde nasale, un masque ou grâce à un caisson prévu à cet effet. Parmi les malades atteints de la Covid-19, certains nécessitent une assistance en oxygène pour les aider à mieux respirer, on parle alors de patients oxygéno-requérants. "L'objectif de l'oxygénothérapie est de maintenir une saturation sanguine en oxygène (SpO2) chez le patient à plus de 92%" explique la Haute Autorité de Santé (HAS) dans son communiqué du 9 novembre. La saturation en oxygène représente la quantité d'hémoglobine oxygénée dans le sang. Elle sert à évaluer rapidement les fonctions respiratoires d'un patient. Les valeurs "normales" se situent entre 95 et 100%.

Quels patients Covid-19 peuvent en bénéficier ? 

Si la HAS propose que l'oxygénothérapie soit réalisée à domicile pour certains patients Covid-19, elle rappelle que "l'hospitalisation reste recommandée pour les patients à risque de faire une forme sévère". La décision doit également être prise à la fois par le médecin et par le patient, qui doit être d'accord. Selon la HAS, l'oxygénothérapie à domicile peut être envisagée pour deux types de malades uniquement : 

→ Des patients qui ont été hospitalisés et dont l'état de santé permet d'envisager un retour à domicile avec un apport en oxygène nécessaire à leur prise en charge.

→ Des malades dont l'état de santé permet une prise en charge initiale à domicile avec des besoins en oxygène < 4 L /min 

Ces malades doivent également : 

  • être autonomes,
  • disposer d'un domicile salubre,
  • être en présence permanente d'un tiers,
  • être situés à moins de 30 minutes d'un établissement de santé de référence disposant d'une structure d'urgence ou d'un SMUR de proximité.

A l'inverse, certains patients ne peuvent d'office pas être éligibles à une oxygénothérapie à domicile : 

  • les patients souffrant d'une pathologie chronique non stabilisée comme le diabète, ou insuffisance rénale 
  • les patients souffrant d'une obésité morbide
  • les femmes enceintes
  • les patients de plus de 70 ans ayant une pathologie cardiovasculaire, une cirrhose, un diabète équilibré 

Comment ça se passe, quel suivi, quel matériel ? 

Si le patient est éligible à l'oxygénothérapie à domicile et s'il souhaite y avoir recours, un prestataire d'oxygénothérapie à domicile doit mettre en place et suivre les dispositifs médicaux techniques (appareils d'oxygénothérapie). Ce n'est pas parce que le patient n'est pas hospitalisé qu'il n'est pas suivi par une équipe médicale : "Dans le cadre d'un parcours de soins coordonné, cette prise en charge doit être assurée par une équipe pluriprofessionnelle avec un médecin généraliste pour la coordination de la prise en charge, un infirmier pour la surveillance et la dispensation des médicaments et un kinésithérapeute" détaille la HAS. 

Pendant toute la durée du traitement et pour que ce dernier se passe au mieux, plusieurs procédés doivent être mises en place : 

  • La sécurité du malade doit être constamment vérifiée avec l'aide d'une personne de la famille, d'un aidant ou encore d'un professionnel de santé passant à domicile. 
  • Les solutions de télésurveillance doivent être utilisées lorsqu'elles sont disponibles car elles permettent une surveillance rapprochée du malade et une aide pour son entourage.
  • Les professionnels doivent être en lien avec les unités hospitalières de référence pour pouvoir réagir rapidement et hospitaliser le malade si son état de santé s'aggrave.
  • Le SAMU-Centre 15 est informé afin de créer une fiche d'alerte spécifique. La HAS a défini des signes d'alerte qui doivent conduire l'équipe intervenant à domicile ou le patient et son entourage à contacter sans délai le SAMU ou l'unité d'hospitalisation de référence.

Des traitements associés : paracétamol, antibiotiques...

En plus de l'oxygénothérapie, les patients suivent un traitement délivré après un entretien avec un professionnel de santé. "En premier lieu, il s'agit d'assurer une bonne hydratation et une alimentation équilibrée du patient. Le paracétamol est prescrit pour lutter contre la fièvre et la douleur. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens ne sont, eux, pas recommandés" détaille la HAS. "Le traitement médicamenteux repose aussi sur des anticoagulants en prophylaxie pendant 7 à 10 jours et sur les corticoïdes pendant 5 à 10 jours. L'antibiothérapie ne doit pas être systématique." L'HAS va analyser et suivre l'ensemble des patients Covid-19 qui bénéficient d'une oxygénothérapie à domicile afin de pouvoir faire évoluer la prise en charge.

Sources

- Données hospitalières au 17 novembre, Gouvernement.fr 

Covid-19 : proposer une oxygénothérapie à domicile, une modalité adaptée pour certains patients - HAS - 9 novembre 2020

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