Traitements de l'acné : les rétinoïdes (isotrétinoine)

Première cause de consultation chez le dermatologue, l'acné touche 6 millions de Français. L'acné se manifeste chez 80% des adolescents mais aussi plus tardivement à l'âge adulte. Les médicaments rétinoïdes sont prescrits dans le traitement d'une acné d'intensité modérée à sévère, par voie locale ou orale. Précisions avec la dermatologue Marie-Estelle Roux.

Traitements de l'acné : les rétinoïdes (isotrétinoine)
©  Iren Moroz-adobe stock

Qu'est ce que l'isotrétinoïne ?

"L'isotrétinoïne est un médicament, dérivé de la vitamine A", explique le Dr Marie-Estelle Roux, dermatologue. Initialement commercialisés sous le nom de Roacutane®, ce sont désormais les génériques que l'on trouve en pharmacie : Procuta®, Curacné®, Contracné®, Acnetrait®.

Pour quels types d'acné ?

Il est prescrit en cas d'acné inflammatoire (nodulaires, conglobata), modérée à sévère.

Dans quelles indications ?

"On recommande l'isotrétinoïne pour les acnés modérées à sévères ayant un retentissement psychologique important, ou risquant de laisser des cicatrices" insiste la dermatologue. C'est un traitement de seconde intention, lorsque les traitements classiques topiques ou par antibiotiques ne se sont pas révélés suffisamment efficaces.

Application locale : effets secondaires

Les principaux effets secondaires de l'isotrétinoïne en application locale sont une aggravation transitoire de l'acné en début de traitement avec irritation de la peau, un érythème ainsi qu'une desquamation de la couche cornée de la peau. Ces effets sont
fréquents en début du traitement et s'estompent en général avec le temps. Sécheresse, allergies et photosensibilité sont également des manifestations qui peuvent s'observer. Il est donc indispensable de se protéger du soleil pendant la durée du traitement.

Comprimés : effets secondaires

De nombreux effets secondaires plus ou moins rares peuvent survenir. Le médecin prescripteur doit prévenir le patient des risques possibles. "Les effets indésirables les plus fréquents sont la sécheresse de la peau et des muqueuses, la sensibilité accrue au soleil." précise le Dr Roux. Peuvent également se manifester : une irritation et ou sécheresse oculaire, une blépharite ou une conjonctivite, des céphalées et dans de rares cas des troubles de l'humeur (dépression ou l'aggravation d'une dépression, agressivité, anxiété). Des modifications du bilan sanguin peuvent s'observer comme une augmentation de la glycémie, des triglycérides et du cholestérol chez les patients génétiquement prédisposés, et plus rarement une augmentation des transaminases.

Il ne faut pas s'exposer au soleil quand on prend ces médicaments.

Modalités de prescription

Comme l'explique le Dr Roux, "la prescription doit être initiée par un dermatologue, elle peut être renouvelée en alternance par un dermatologue et par un médecin généraliste. Un bilan biologique doit par ailleurs être pratiqué avant le début du traitement, et renouvelé tous les 1 à 3 mois."

Grossesse

"L'isotrétinoïne est un médicament tératogène, ce qui signifie que le risque de malformation fœtale est très important" insiste le Dr Roux. La prescription d'isotrétinoïne chez les femmes en âge de procréer est donc soumise à des règles très strictes : la femme doit s'engager à utiliser au moins une méthode de contraception efficace (pilule, stérilet …) au moins un mois avant de débuter le traitement. La contraception doit impérativement être poursuivie pendant toute la durée du traitement et se prolonger un mois après l'arrêt de l'isotrétinoïne. "Un test de grossesse sanguin doit être fait tous les mois, ainsi qu'un mois après la fin du
traitement
" ajoute la dermatologue. Par ailleurs, les traitements de rétinoïdes en application locale ne doivent pas être utilisés
pendant la grossesse
.

Merci au Dr Marie-Estelle Roux, dermatologue.

Maladies et infections de la peau