Gardnerella vaginalis : quelle est cette bactérie et comment la soigner ?

La gardnerella vaginalis se localise au niveau de la flore vaginale de la femme et peut parfois provoquer différentes infections vaginales. Quels sont les risques de complications de cette bactérie au curieux nom ? Comment la soigner ? Le point avec le Dr Pia de Reilhac, gynécologue.

Définition : qu'est-ce que la gardnerella vaginalis ?

"La gardnerella vaginalis est un hôte normal de la flore vaginale, vivant en équilibre avec les autres germes qui servent de défense au vagin", explique le Dr Pia de Reilhac, présidente de la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale et gynécologue à Nantes. Il s'agit d'une bactérie qui peut parfois provoquer des infections des organes génitaux féminins. L'homme est rarement atteint, et lorsqu'il est touché, il ne présente pas de symptômes. La contamination du partenaire est relativement peu fréquente lors des vaginoses bactériennes mais reste néanmoins possible. 

Symptômes : pertes blanches, odeurs vaginales... 

Des symptômes peuvent apparaître quand la gardnerella vaginalis est en déséquilibre dans la flore vaginale. "Les symptômes sont plus ou moins présents : il peut y avoir des leucorrhées [pertes blanches] grisâtres fluides et malodorantes, à l'odeur de poisson pourri", continue le Dr Pia de Reilhac. Il n'y a habituellement pas de signes d'inflammation, ni rougeurs, ni douleur et ni démangeaisons.

Causes

Dans le vagin, il existe une bactérie appelée lactobacille, qui est le principal défenseur du vagin. Le lactobacille est en équilibre avec d'autres germes, dont la gardnerella vaginalis. Mais lorsque le lactobacille disparaît, la gardnerella vaginalis prend le dessus. Ce déséquilibre entre bactéries provoque alors une vaginose, soit un déséquilibre de la flore microbienne du vagin. Cette vaginose peut prendre la forme d'une vulvite (inflammation de la vulve) et/ou d'une vaginite (inflammation du vagin)"

Complications : attention à la vaginose

Un déséquilibre entre lactobacilles et gardnerella vaginalis ne provoque pas de complications. "Les seules complications sont les récidives de vaginoses (récidives de déséquilibre de la flore vaginale). D'où l'intérêt d'une hygiène appropriée :

  • une toilette par jour sous la douche, avec un rinçage correct et un séchage complet sans frotter,
  • le port de vêtements pas trop serrés…
  • Et attention, il  ne faut pas employer de produits décapants", préconise le Dr Pia de Reilhac.

Quand consulter ?

L'inconfort ressenti, notamment à cause de l'odeur des leucorrhées, pousse à consulter son gynécologue. "Le diagnostic est facilement fait, d'abord en questionnant la patiente, puis en effectuant le test à la potasse [un produit chimique], qui consiste à mettre une goutte de potasse sur un prélèvement, préalablement étalé sur une lame. L'odeur est alors caractéristique."

Traitements : antibiotiques ou pas ? 

Le traitement de la gardnerella vaginalis et de la vaginose bactérienne consiste à administrer des antibiotiques. Le médicament le plus couramment utilisé est le Métronidazole, qui peut être pris en une seule fois (2 grammes en une prise) ou plusieurs fois (500 mg 2 fois par jour pendant 6 jours). "Le gynécologue peut aussi prescrire du Secnidazole 2g (1 sachet en une prise) quelque fois répété 7 jours après. Chez la femme enceinte, la vaginose peut se traiter avec le Secnidazole. "Il est utile de prendre des probiotiques pour retrouver l'équilibre de la flore vaginale", conseille le Dr Pia de Reilhac. Enfin, vis-à-vis d'une vaginose, le port du préservatif n'est pas utile, mais l'inconfort peut être très important car le sperme en accentue encore l'odeur, déjà nauséabonde.