Démence : des scientifiques révèlent l'erreur du milieu de vie qui détruit la mémoire après 55 ans

Chez les personnes ne commettant pas d'erreur, l'espérance de vie sans démence atteignait 85 ans en moyenne.

Démence : des scientifiques révèlent l'erreur du milieu de vie qui détruit la mémoire après 55 ans
©  zinkevych - 123RF

Passer le cap de la quarantaine s'accompagne souvent de nouvelles priorités de santé, mais rares sont ceux qui pensent déjà à préserver leur mémoire future. Pourtant, les chercheurs s'intéressent de plus en plus aux facteurs susceptibles d'influencer le déclin cognitif des décennies plus tard. Des scientifiques américains ont ainsi analysé les données de plus de 12 000 participants de la cohorte Atherosclerosis Risk in Communities (ARIC) et publié leurs résultats dans la revue scientifique Alzheimer's & Dementia. Grâce à un suivi de 26 ans en moyenne, ils ont cherché à étudier le lien entre certains facteurs de risque cardiovasculaire au milieu de la vie et le nombre d'années vécues ensuite sans démence.

Pour bien comprendre ce lien entre le cœur et le cerveau, prenons l'image du réseau routier. Le cerveau est parcouru par une multitude de petits vaisseaux sanguins qui lui apportent continuellement l'oxygène et les nutriments dont il a besoin pour fonctionner. Une mauvaise santé vasculaire peut endommager les vaisseaux qui alimentent le cerveau, notamment en réduisant son irrigation ou en augmentant le risque d'AVC. Avec les années, ces atteintes peuvent contribuer au déclin des fonctions cérébrales.

À la lumière de ces résultats, "l'erreur" du milieu de la vie consiste surtout à négliger sa santé vasculaire et à ne pas agir sur trois facteurs de risque majeurs lorsqu'ils sont présents : le tabagisme, l'hypertension artérielle et le diabète. Les chiffres de l'étude sont saisissants : chez les personnes ne présentant aucun de ces trois facteurs, l'espérance de vie sans démence atteignait environ 85 ans en moyenne. Chez celles qui cumulaient les trois facteurs de risque, elle tombait à environ 72 ans, soit près de 13 ans de moins.

Lien entre coeur et cerveau © Droits réservés / Journal des Femmes Santé

Attention toutefois : cela ne signifie pas qu'éviter ces trois facteurs permet de repousser la démence de 13 ans. L'étude montre une association statistique, mais ne prouve pas que ces facteurs sont directement responsables de cet écart. De plus, le tabac, l'hypertension et le diabète augmentent aussi le risque de mourir plus jeune d'autres maladies, ce qui influence ces résultats.

Les scientifiques invitent à la prévention précoce. Le Dr Josef Coresh, l'un des auteurs principaux de l'étude, insiste sur l'importance d'agir dès la quarantaine : "Nos résultats indiquent que les individus doivent activement éviter ces facteurs à la quarantaine, comme stratégie pour préserver leur santé cérébrale. J'espère que ces résultats inciteront les gens à arrêter de fumer et à surveiller de près leur santé vasculaire à partir de 45 ans." Le message des chercheurs est donc clair : dès la quarantaine, arrêter de fumer et surveiller sa tension et sa glycémie constituent des leviers importants pour protéger sa santé vasculaire et, potentiellement, préserver son cerveau plus longtemps.