1 cas de démence sur 8 serait lié à ce trouble du sommeil après 65 ans, selon des chercheurs
Mal dormir peut avoir des conséquences bien plus importantes qu'une simple fatigue. Notamment sur le déclin cognitif...
Difficultés à s'endormir, réveils nocturnes répétés, sommeil peu réparateur… Avec l'âge, les nuits deviennent souvent plus compliquées. Se réveiller par exemple à 5h du matin n'est vraiment pas normal. S'il est déjà prouvé que les problèmes de sommeil peuvent augmenter le risque d'AVC, une nouvelle étude menée par des chercheurs du Massachusetts General Hospital de Boston révèle cette fois qu'ils seraient associées à un risque plus élevé de démence après 65 ans.
Ces travaux, publiés dans The Journals of Gerontology: Series A, ont analysé les données de près de 5 800 Américains âgés de plus de 65 ans. Les chercheurs ont étudié plusieurs symptômes liés à l'insomnie, comme les difficultés d'endormissement ou les réveils pendant la nuit, puis les ont comparés à l'apparition de troubles cognitifs au fil du temps. Résultat : les auteurs estiment qu'environ 13% des cas de démence pourraient être associés à l'insomnie. Autrement dit, près d'un cas sur huit pourrait être lié à ce problème de sommeil fréquent avec l'âge.
Selon les experts du sommeil, l'insomnie ne se résume pas à "dormir peu". Elle correspond surtout à une mauvaise qualité du sommeil avec un impact dans la journée. L'Institut National du Sommeil et de la Vigilance définit l'insomnie comme une insatisfaction liée à la quantité ou à la qualité du sommeil, associée à un ou plusieurs symptômes : difficulté à s'endormir, réveils nocturnes, réveil trop précoce ou sommeil non réparateur. Ces troubles entraînent de la fatigue, des problèmes de concentration, de l'irritabilité ou une somnolence dans la journée. Et à la longue pèsent sur le déclin cognitif.

On sait que le sommeil a tendance à devenir plus léger et plus fragmenté avec le vieillissement d'autant que certaines pathologies, douleurs chroniques ou traitements médicamenteux peuvent également perturber les nuits. Les spécialistes estiment pourtant qu'il ne faut pas banaliser ces difficultés lorsqu'elles s'installent dans la durée mais chercher à améliorer son sommeil. Comment ?
Plusieurs mesures simples sont recommandées : conserver des horaires de sommeil réguliers, éviter les écrans avant le coucher, limiter café, thé ou alcool après 17h et pratiquer une activité physique en journée. Lorsque les troubles persistent plusieurs semaines ou ont un impact important sur la vie quotidienne, il est conseillé d'en parler à son médecin. D'autres facteurs de santé peuvent aussi jouer un rôle dans le développement d'une démence, comme les maladies cardiovasculaires, le diabète, l'hypertension ou encore la dépression. Prendre soin de sa santé de façon générale contribue à préserver sa santé cognitive avec l'âge.