Amibe "mangeuse de cerveau" : quels symptômes doivent alerter ?

Infectée par une amibe "mangeuse de cerveau" lors d'une baignade dans une rivière, une fillette est décédée. Un cas a déjà été recensé en France. Symptômes, conseils de prévention : ce qu'il faut savoir.

Amibe "mangeuse de cerveau" : quels symptômes doivent alerter ?
© Kateryna Kon-123RF

[Mis à jour le 17 septembre 2019 à 14h55] Une Américaine âgée de 10 ans est décédée après avoir été infectée par une amibe Naegleria fowleri, dite aussi "mangeuse de cerveau" car elle s'attaque directement au cerveau et entraîne une méningo-encéphalite. La fillette prénomée Lily Mae Avant s'est baignée dans une rivière du Texas et un lac au début du mois de septembre. Elle a ensuite été prise de maux de tête et de fièvre qui ont conduit ses parents à l'emmener à l'hôpital. Les médecins ont rapidement découvert la cause des symptômes. Les services de santé du département d'État du Texas ont ensuite confirmé que la fillette était atteinte d'une méningo-encéphalite amibienne primaire (MEAP). "L'amibe est présente dans l'eau douce au Texas et ailleurs aux États-Unis, et il n'y a pas d'étendue d'eau particulière qui présenterait davantage de risque. Les cas sont extrêmement rares, malgré les millions de personnes qui nagent dans les lacs et les rivières chaque année", a déclaré le porte-parole de l'Agence, Chris Van Deusen cité par la chaîne de télévision locale KWTX.

Un cas en France en 2008

Les amibes libres pathogènes de l'espèce Naegleria fowleri sont responsables de la MEAP, "une maladie peu fréquente mais mortelle dans 95% des cas" soulignait l'Agence nationale de sécurité sanitaire française (Anses) en 2013. Depuis 50 ans, 310 cas ont été recensés dans le monde, et seulement 11 personnes ont survécu. Un cas de MEAP a été déclaré en France en 2008. Un garçon de 9 ans est décédé d'une méningite foudroyante suite à une baignade et des plongeons dans un bassin alimenté par une source d'eau chaude, en Guadeloupe, où la présence de N. fowleri a été détectée. Des analyses avaient mis en évidence la présence de N. fowleri dans le liquide céphalo-rachidien de la victime et confirmé le diagnostic. Ces amibes vivent dans les eaux douces dont la température dépasse 25°C. Elles sont détectées principalement en été et en automne et dans l'ensemble des types de baignade (piscine, bains à remous, lac, rivière...). Pour l'Anses, "le risque pour la santé publique est faible par rapport à celui d'autres maladies infectieuses liées à la baignade".

Une amibe qui pénètre par les narines

amibe mangeuse de cerveau
Amibes qui pénètrent par les narines et atteignent le cerveau. © Kateryna Kon-123RF

La contamination se fait par exposition de la muqueuse nasale à de l'eau contenant des Naegleria fowleri, généralement à l'occasion d'une baignade. Une fois dans les voies nasales du baigneur, l'amibe traverse la muqueuse puis se déplace le long du nerf olfactif jusqu'au cerveau entraînant des lésions et une inflammation. Par précautions, et même si le risque de contracter cette amibe reste faible selon les autorités, elles recommandent lors de la baignade :

  • ne pas plonger ou sauter dans les sources d'eau chaude non traitées (eau de surface, eau souterraine, eau minérale naturelle) ;
  • éviter de mettre la tête sous l'eau / garder la tête hors de l'eau ;
  • utiliser dans la mesure du possible un pince-nez ;
  • éviter de creuser, ou de remuer les sédiments en pratiquant les activités liées à l'eau.

En savoir plus : "Évaluation des risques liés à la présence d'amibes Naegleria fowleri dans les eaux de baignade", Avis de l'Anses. Novembre 2013.

Amibe "mangeuse de cerveau" : quels symptômes doivent alerter ?
Amibe "mangeuse de cerveau" : quels symptômes doivent alerter ?

[Mis à jour le 17 septembre 2019 à 14h55] Une Américaine âgée de 10 ans est décédée après avoir été infectée par une amibe Naegleria fowleri, dite aussi "mangeuse de cerveau" car elle s'attaque directement au cerveau et entraîne une méningo...