Comment trouver sa place dans un groupe ?

Sentiment d'être en décalage, mal à l'aise, incompris, jugé voire rejeté... L'impression de ne pas être à sa place dans un groupe provient souvent d'une interprétation erronée. Quelles sont les causes d'un tel sentiment ? Comment aller au-delà et trouver sa place ? Les clefs de Dana Castro, psychologue.

Comment trouver sa place dans un groupe ?
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Avoir l'impression de ne pas être au bon endroit, avec les bonnes personnes, de ne pas être accepté tel que l'on est... est un sentiment qui peut concerner tout le monde, à tout âge et à toute période de la vie. "L'homme est un animal social", disait Aristote. Il a donc besoin d'appartenir à un groupe qu'il soit social, relationnel ou statutaire, poursuivait le psychologue Abraham Maslow. Alors comment faire si on a l'impression de ne pas trouver sa place dans un groupe ? Comment s'affirmer et se sentir légitime ? Explications et clefs d'épanouissement avec Dana Castro, psychologue. 

Comment expliquer le sentiment de ne pas être à sa place dans un groupe ?

Une personne qui ne se sent pas à sa place se sent gênée et mal à l'aise. "Elle éprouve un sentiment négatif en présence de certaines personnes, que ce soit dans un groupe d'amis, au sein d'une entreprise ou par rapport à un conjoint : elle a l'impression d'être en décalage par rapport à ce qu'elle estime être les attentes des autres. Elle imagine qu'on ne l'accepte pas comme elle est, explique Dana Castro. La personne pense à l'intérieur d'elle-même qu'elle ne devrait pas être là. C'est un sentiment très personnel qui découle d'une perception intime et propre à la personne. Bien souvent, ce n'est ni rationnel ni une réalité. Et si certaines remarques, qui ont pourtant été dites sans fond négatif, entrent en collision avec un sentiment d'insécurité, elles paraîtront hostiles, violentes, ou seront prises comme des critiques, ce qui va renforcer le sentiment de ne pas être à sa place". Concrètement, une personne peut ne pas se sentir à sa place :

  • Dans un groupe (activité sportive, à l'école...)
  • Au travail, au sein d'une entreprise
  • Avec sa famille, généralement lors des repas de famille ou des rassemblements privés
  • Avec son conjoint, en couple
  • Avec certains groupes d'amis.

"Généralement, les personnes qui confient ne pas se sentir à leur place, peuvent être parfaitement à l'aise avec certains individus (généralement des proches de longue date) et dans certains contextes. Elles vous diront par exemple qu'avec leur meilleure amie, elle "se lâche" et se sent "acceptée comme elle est", illustre notre interlocutrice.   

Signes : comment se traduit un sentiment de ne pas être à sa place ?

La personne qui n'arrive pas à trouver sa place présente en général : 

  • Un sentiment d'insécurité
  • L'impression d'être en décalage
  • L'impression de ne pas être compris(e)
  • Une gêne ou un sentiment de malaise
  • Un complexe d'infériorité

Quels sont les livres pour aider à trouver sa place ?

  • Trouver ma place : 22 protocoles pour accéder au bonheur, de Natacha Calestrémé (Editions Albin Michel)
  • Adultes sensibles et doués : trouver sa place au travail et s'épanouir, d'Arielle Adda et Thierry Brunel (Editions Odile Jacob)
  • Comment trouver sa place quand on ne rentre dans aucune case, de Sonia Valente (Editions Eyrolles)
  • La voie du Feng Shui : les clés pour trouver sa place, de Marie-Pierre Dillenseger (Editions Dunod)

Quelles solutions pour trouver sa place dans un groupe ?

Si on veut une place, on la prend

Ne pas rester passif. "Le sentiment d'insécurité inhibe l'action. Pourtant, il ne faut pas attendre qu'on nous donne une place. En somme, la place, il faut la prendre. Personne ne nous donnera le "feu vert" et le signal qu'on est bien à notre place. Si on veut une place, on la prend", insiste notre experte. Autrement dit, si vous vous trouvez au sein d'un groupe, c'est que vous avez une légitimité à en faire partie. Il faut donc oser se mettre en mode actif, parler aux autres, exprimer son avis, proposer des initiatives, montrer son désaccord, participer aux discussions en assumant qui on est... jusqu'à être un véritable acteur du groupe. Et pour que les autres nous acceptent, il faut commencer par s'accepter soi-même et assumer sa singularité. 

Réévaluer les remarques qu'on a pu entendre et prendre du recul sur les faits. Il faut remettre de l'objectivité dans la situation et se poser les bonnes questions. Pourquoi ces remarques ont-elles été dites ? Ont-elles été dites avec une arrière-pensée ? Un fond négatif ? Sont-elles des observations ou de vraies critiques ? Est-ce vraiment mal intentionné ou est-ce le fruit d'une mauvaise interprétation ? "Il faut aussi prendre conscience qu'un groupe est constitué d'individus uniques : il y a des personnes plus extraverties que d'autres, plus taiseuses, plus renfermées, plus sociables, plus discrètes... des leaders et des suiveurs. Il y a la place pour tous les caractères, et généralement il y a un peu de chaque caractère dans un groupe bien équilibré". 

► Ne pas hésiter à en parler avec les personnes concernées. "Exprimer son ressenti sans drame et sans projeter sur les autres des inquiétudes infondées. Simplement dire "je ne me sens pas bien", "j'ai l'impression de ne pas être à ma place", "je ne comprends pas ce que vous attendez de moi", "je me sens un peu en décalage avec vous", permet de désamorcer des situations et de dresser son curriculum vitae psychologique pour se rendre compte de ses valeurs, de ses qualités et qu'on mérite toutes les places qu'on SOUHAITE prendre". Pour que ce soit moins impressionnant, confiez-vous à une seule personne du groupe, celle avec laquelle vous vous sentez le plus en confiance. "Si ce n'est pas gérable, on peut toujours aller voir un psychologue. Mais avant de consulter, c'est toujours bien d'essayer de régler les situations par soi-même pour voir nos difficultés et sur quoi on bute", ajoute Dana Castro.

► Accepter de se détacher de certaines personnes. "Si vraiment, après des discussions et une prise de recul, on ne se sent pas à sa place dans un groupe, il ne faut pas forcer les choses et quitter le groupe. Mais attention, la fuite et le détachement sont très salutaires s'ils sont nécessaires (si objectivement la relation était toxique ou malsaine par exemple), mais ne font plus de bien s'ils sont systématiques", tient à préciser notre psychologue. 

Merci à Dana Castro, psychologue.

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