Dysmorphophobie : cause, signes, test, comment s'en sortir ?

Se voir plus gros que ce que l'on est, être focalisé sur sa petite bosse sur le nez... La dysmorphophobie (corporelle ou visage) correspond à la préoccupation irraisonnée d'un défaut physique qui est inexistant ou léger. Quels signes et tests pour la reconnaître ? Comment s'en sortir ? Le point avec notre psychiatre.

Dysmorphophobie : cause, signes, test, comment s'en sortir ?
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Définition : qu'est ce que la dysmorphophobie ?

"La dysmorphobobie est un trouble mental qui se caractérise par une obsession sur un "défaut" physique au point d'en devenir une préoccupation majeure, voire délirante, explique le Dr Patrick Lemoine, psychiatre. L'origine du défaut peut être imaginaire ou réelle et prendre alors des proportions démesurées : dégoût de soi, retrait de la vie sociale, perturbations dans la vie amoureuse ou professionnelle…" Les personnes qui en souffrent vont estimer que leur nez est trop gros, ne vont plus oser sourire en raison de dents mal alignées, s'habilleront larges pour cacher des kilos en trop… "N'importe quelle zone du visage et du corps peut faire l'objet de cette focalisation : si le visage est le plus souvent en cause avec un complexe au niveau des yeux, du nez ou des oreilles, sur le corps, des fesses jugées trop grosses, des kilos en trop, des orteils mal formés, des testicules mal placés… peuvent aussi être concernés", précise le Dr. Lemoine.

Quelle est la cause ?

"Cette réaction peut être le fruit d'une psychose, d'une trouble borderline ou d'une anorexie mentale", indique l'expert.

Quels sont les signes ?

Les personnes dysmorphophobiques sont tellement focalisées sur leurs défauts, qu'elles finissent par adopter des comportements spécifiques :

  • obsession de son physique (dans les miroirs, sur les photos...) ou a contrario technique d'évitement des miroirs ou des photos
  • camouflage excessif d'une ou plusieurs parties de son corps
  • tentation de faire de la chirurgie esthétique avec parfois harcèlement du chirurgien
  • isolement social (éviction des lieux publics, des sorties entre amis...)
  • perte de confiance en soi, tendance à la dépression et à l'anxiété

Quand et qui consulter ?

Dès que les troubles deviennent par trop envahissants, que le défaut devient une obsession et perturbe votre vie quotidienne, prenez rendez vous avec un psychologue ou un psychiatre. "Ne cédez pas à la tentation de la chirurgie esthétique ou de régime aberrant car, bien souvent, cela n'arrange pas le problème de fond", recommande le Dr. Lemoine.

Diagnostic : quel test faire ?

Le diagnostic est purement clinique. Il n'y a pas d'imageries ou d'analyse biologique, Il repose principalement sur l'interrogatoire du patient par un professionnel de santé : symptômes psychiques et physiques, conséquences sur le quotidien… 

Comment s'en sortir ?

Une aide psychologique est indispensable. Le plus efficace est une thérapie cognitivo-comportementale (TCC). "Celle-ci va permettre de travailler sur les schémas de pensées erronés qui provoquent des réactions inappropriées, voire délétères chez le patient, afin de les déconstruire et l'aider à s'accepter tel qu'il est. C'est en général un traitement long et pénible mais qui marche ! S'il s'agit d'un trouble délirant dans le cadre d'une psychose (paranoïa), il est parfois nécessaire d'accepter un médicament antipsychotique au long cours", prévient le psychiatre.

Merci au Dr Patrick Lemoine, psychiatre.

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