Syndrome de Stendhal : c'est quoi, symptômes, solutions

Le syndrome de Stendhal ou "de Florence" désigne un trouble psychosomatique, provoqué par l'admiration d'un grand nombre d'œuvres d'art dans une période de temps limitée, au cours d'une visite d'un musée par exemple. Rodolphe Oppenheimer, psychothérapeute et Psychanalyste, nous explique les symptômes et comment y remédier.

Syndrome de Stendhal : c'est quoi, symptômes, solutions
© Iakov Filimonov

Définition : qu'est-ce que le syndrome de Stendhal ? 

Le syndrome de Stendhal appartient aux syndromes du voyageur et est également surnommé "syndrome de Florence". "Il s'agit d'un trouble psychosomatique que l'on retrouve chez les grands amateurs d'œuvre d'art éprouvant soudainement une émotivité exacerbée à la vue d'une création artistique", souligne Rodolphe Oppenheimer, psychothérapeute et psychanalyste. Une personne atteinte du syndrome de Stendhal éprouve une admiration excessive face à une ou plusieurs œuvres d'art (au cours d'une visite de musée par exemple). "Cette impression de "sublime" entraine chez le sujet un trouble psychiatrique proche du delirium. A noter que le syndrome de Stendhal ne doit en aucun cas être confondu avec le syndrome de Brulard, ce dernier concernant des troubles mémoriels". Ce syndrome provient d'une expérience forte vécue par l'écrivain français Stendhal (1783-1842) alors qu'il était en voyage à Florence. Il s'agenouilla sur un prie-Dieu lors de sa visite à la Basilique Santa Croce et se sentant submergé par des vertiges, contempla les fresques de la coupole de la chapelle Niccolini : les Sibylles de Volterrano. Il ressentit un "moment sublime de proximité du paradis" et écrit : "J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux-Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber."

Quelle différence avec le syndrome de Stockholm ? 

Le syndrome de Stendhal (surnommé également syndrome de Florence) appartient à la famille du syndrome du voyageur. "Il s'agit d'une forme d'extase immédiate face à l'abondance d'œuvres d'art ou face à sa grandeur physique et esthétique, détaille Rodolphe Oppenheimer. Il se manifeste par un ensemble de troubles psychosomatiques apparaissant presque instantanément. Le syndrome de Stockholm, quant à lui, résulte d'une prise d'otages s'inscrivant dans la durée et faisant naitre chez la victime une sorte d'empathie, une transmission émotionnelle prononcée pour son bourreau".

Quels sont les symptômes ? 

Le syndrome de Stendhal est un trouble psychiatrique qui peut provoquer les symptômes suivants : 

  • Vertiges 
  • Perte de sentiment d'identité 
  • Délires 
  • Suffocation 
  • Vision trouble 
  • Hallucinations
  • Hystérie
  • Mains moites 
  • Accélération du rythme cardiaque

Comment l'expliquer ?

"Lorsque le sujet se trouve devant l'œuvre d'art, il essaye de percevoir le sens profond que l'artiste a tenté d'insuffler à son œuvre (au travers d'une peinture par exemple)', confirme le spécialiste. Ce phénomène touche principalement les artistes et amateurs d'art.
"La psychiatre et psychanalyste Graziella Magherini, chef du service de psychiatrie de l'hôpital Santa Maria Nuova du centre historique de Florence est la première personne à donner un nom à ce syndrome à la fin des années 1980. Sa première publication fait état de 106 cas similaires (tous des touristes étrangers), reçus en urgence après avoir contemplé une œuvre d'art qui entraina une multitude d'effets secondaires (palpitations, évanouissements)".

Quelles sont les conséquences ? 

"Selon la psychiatre et psychanalyste Graziella Magherini, le syndrome de Stendhal entrainerait une décompensation aigüe bénigne touchant des sujets voyageant en dehors de leur pays et profondément passionnés par l'art", rapporte notre interlocuteur. Elle regroupe les symptômes en trois différentes catégories : 

  • Attaque de panique, avec tachycardie et vertiges.
  • Manifestations dépressives : pleurs, tristesse, insomnie, nostalgie du domicile.
  • Décompensation psychiatrique : perception délirante, sentiment de persécution, angoisse et culpabilité.

Comment y remédier ? 

"La psychothérapie ou la psychanalyse s'avèrent être des solutions efficaces pour lutter contre le syndrome de Stendhal, assure notre interlocuteur. Par leur patience et leur savoir-faire relationnel, les psychothérapeutes pourront trouver des solutions afin de permettre au sujet de vivre pleinement sa passion pour l'art sans craindre d'effets secondaires indésirables."

Merci à Rodolphe Oppenheimer, psychothérapeute et Psychanalyste, à Clichy (92), auteur de plusieurs ouvrages.

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