Érotomanie : définition, test, causes, que faire ?

"Érotomanie : définition, test, causes, que faire ?"

L'érotomanie, ou syndrome de Clérambault, est un trouble psychologique délirant qui se caractérise par la conviction chez un individu qu'il est aimé par un autre. Comment expliquer cette passion pathologique ? Que faire ? Le point avec Valérie Grumelin, psychologue à Paris.

Obsession, harcèlement... L'érotomanie est un trouble psychologique caractérisé par un délire passionnel. "Très souvent, ce sont des enfants issus d'une famille toxique au sein de laquelle ils ont juste reçu le strict minimum pour s'en sortir" explique Valérie Grumelin, psychologue. Pour les victimes d'une personnalité érotomane, il est conseillé de signaler ces faits en allant déposer une plainte.

Définition : qu'est-ce que l'érotomanie ?

L'érotomanie est un trouble psychologique délirant qui se caractérise par la conviction chez un individu qu'il est aimé par un autre. Elle prend une forme obsédante qui se fixe généralement sur un individu au départ inconnu, voire une personnalité publique. Cette conviction se traduit chez l'érotomane par une forme de harcèlement pour provoquer la rencontre et faire avouer l'autre sur ses prétendus sentiments. Si cet amour fictif n'est pas déclaré, la personne érotomane peut céder à la dépression, puis à la rancune et à l'agressivité. Ce trouble touche très majoritairement les femmes.

Quel est le contraire d'érotomanie ?

L'extrême opposé de l'érotomanie est la paranoïa, trouble mental qui se manifeste par une méfiance exagérée à l'égard des autres, l'interprétation négative de la moindre parole, le soupçon ou encore l'agressivité. La personne paranoïaque se sent persécutée en permanence, elle a l'impression qu'on lui veut du mal. 

Quelles sont les causes de l'érotomanie ?

"La cause de l'érotomanie est une non reconnaissance narcissique par les parents. C'est très compliqué parce que cela vient aussi et d'abord de la personnalité des parents. Quand on a une relation normale avec eux, ils nous font des câlins, des bisous, ils nous montrent de l'intérêt. Mais si une femme n'a jamais eu d'attention physique ou affective de la part ses parents, elle va interpréter la moindre petite attention comme du désir sexuel, rapporte Valérie Grumelin. Elle se fabrique alors une relation platonique et cela lui fait un bien fou. Très souvent, ce sont des enfants issus d'une famille toxique au sein de laquelle ils ont juste reçu le strict minimum pour s'en sortir. Par exemple, les parents étaient alcooliques, pas à la hauteur ". 

Quels sont les symptômes de l'érotomanie ?

La personne érotomane a la conviction délirante d'être aimé(e) par quelqu'un. Elle va s'imaginer que tous ses gestes, paroles, likes sur les réseaux sociaux, sont des preuves d'amour que l'autre lui envoie. Avec de nombreux arguments, elle va tenter de démontrer à son entourage qu'elle vit une belle histoire d'amour.

Quelles sont les 3 phases de l'érotomanie ?

La personne érotomane passe par trois phases :

  • l'espoir où elle est persuadée d'être aimée :
  • le dépit où elle commence à être impatiente, se fait de plus en plus présente auprès de la personne "élue" ;
  • la rancoeur quand les idées de persécutions s'intensifient et quand l'amour devient haine.

L'érotomane peut (dans les cas les plus graves) devenir dangereux et aller jusqu'à rechercher l'union par le meurtre de celui qu'il a aimé puis haï. 

Quel test diagnostique l'érotomanie ?

"Il n'y a pas de test spécifique à effectuer mais le diagnostic n'est pas difficile à poser. On s'en rend compte lorsque la patiente vient consulter et qu'elle nous parle. Elle s'invente un monde et la plupart du temps, la personne dont elle est amoureuse ne le sait même pas ", indique la psychologue. 

Quels traitements quand on est érotomane ?

"Le traitement consiste à apprendre à la patiente érotomane ce que représente l'estime de soi, ce que cela signifie d'avoir été aimée, écoutée et comprise par ses parents ", explique la spécialiste.

Erotomanie : DSM-5

Selon les critères DSM-5, l'érotomanie fait partie des troubles délirants. 

Merci à Valérie Grumelin, psychologue à Paris.