Logorrhée verbale : quand parler trop devient le signe d'un trouble psychiatrique

Définition, signes à repérer, causes possibles, diagnostic et prise en charge : voici l'essentiel à connaître pour comprendre ce trouble du langage et savoir quand consulter.

Logorrhée verbale : quand parler trop devient le signe d'un trouble psychiatrique
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Parler beaucoup n'est pas forcément anodin. Chez certaines personnes, la parole devient continue, rapide, difficile à interrompre, au point de gêner les échanges. Ce phénomène, appelé logorrhée, intrigue souvent l'entourage, qui peine à comprendre s'il s'agit d'un simple trait de caractère ou du signe d'un trouble sous-jacent. Symptômes, causes, diagnostic, prise en charge… voici ce qu'il faut savoir pour mieux identifier cette manifestation et savoir quand elle nécessite un avis médical.

Définition : c'est quoi une logorrhée verbale ?

La logorrhée désigne un besoin quasi irrépressible de parler. Le débit de parole augmente nettement, avec des prises de parole longues, parfois difficiles à interrompre. Ce phénomène est souvent associé à la tachyphémie, qui correspond à une accélération du rythme du langage : les mots s'enchaînent très vite, au point de devenir parfois difficiles à suivre pour l'interlocuteur. La logorrhée n'est pas une maladie en soi, mais un symptôme. Lorsqu'elle est isolée, elle n'a pas de caractère pathologique et peut simplement traduire un trait de personnalité ou une forme de mise à distance des émotions. En revanche, si elle s'accompagne d'autres signes d'ordre psychiatrique ou neurologique, elle peut s'inscrire dans un tableau clinique nécessitant une évaluation médicale.

Quels sont les symptômes de la logorrhée ?

Les manifestations de la logorrhée sont aisément identifiables. Les personnes logorrhéiques parlent beaucoup et longtemps avec un discours qui peut être décousu et passer du coq à l'âne : on parle parfois de fuites des idées. Elle s'accompagne souvent de tachyphémie, une accélération du flux de parole, en particulier en cas de pathologie psychiatrique. Il est souvent impossible de couper la parole à une personne logorrhéique ou de l'interrompre et il n'est pas rare qu'elle utilise des jeux de mots ou des mots inventés (néologismes). Elle est rarement isolée mais le plus souvent associée a des troubles de l'humeur, des symptômes neurologiques ou une prise de toxiques.

Quelles sont les causes de la logorrhée ?

La logorrhée peut être un symptôme d'une affection psychiatrique : bouffée délirante aiguë, état maniaque d'un trouble bipolaire, schizophrénie, trouble anxieux, ou hyperactivité par exemple. Dans ce cas elle est souvent associée à une tachypsychie, c'est-à-dire une accélération du cours de la pensée. Elle peut aussi être présente en cas de consommation de psychotropes ou d'alcool, de retard mental ou de maladie neurologique comme l'aphasie de Wernicke, l'hydrocéphalie, la maladie de Parkinson, le syndrome frontal ou la démence.

Comment diagnostiquer la logorrhée ?

Le diagnostic de logorrhée résulte d'un simple constat, qui est souvent établi par les proches. Une famille de gens maniaques ou souffrant de troubles bipolaires identifie aisément un passage en phase maniaque de leur parent. Ensuite, c'est l'ensemble des symptômes psychiatriques et neurologiques, ainsi que du contexte qui permettent de faire le diagnostic de la cause. Des examens complémentaires comme une prise de sang à la recherche de toxiques, un scanner ou une IRM du cerveau peuvent être demandés pour aider au diagnostic.

Quand consulter ?

La personne logorrhéique ne se rend pas toujours compte de son trouble. C'est pourquoi l'entourage doit être attentif et inciter la personne à consulter rapidement en cas d'apparition de logorrhée, surtout s'il existe des symptômes neurologiques ou psychiatriques associés. La logorrhée est un symptôme souvent présent dans les maladies psychiatriques et neurologiques chroniques. La personne ne se rend pas compte de son trouble, c'est pourquoi il est important de lui expliquer régulièrement ce qui lui arrive pour essayer de contenir son flux verbal. Le rôle de l'entourage est primordial pour aider la personne logorrhéique.

Que faire en cas de logorrhée ?

Pour "traiter" la logorrhée, il faut prendre la symptomatologie dans son contexte. Le traitement va différer selon que l'on se trouve face à un malade souffrant de trouble bipolaire, de schizophrénique, d'une intoxication à l'alcool ou d'une maladie neurologique comme une démence ou la maladie de Parkinson. Dans le cadre de troubles psychiatriques, un traitement antipsychotique ou un régulateur de l'humeur peuvent être mis en place, ainsi qu'un suivi régulier par un psychiatre. S'il s'agit d'une maladie neurologique, un traitement spécifique de la démence ou de la maladie de Parkinson par exemple peut être proposé, ainsi qu'une prise en charge par un neuropsychologue et un orthophoniste, même si leur efficacité reste limitée. 

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