Thrombocytopénie : définition, symptômes, traitement

La thrombocytopénie ou thrombopénie est un déficit de plaquettes qui accroît le risque de saignements et peut provoquer plus facilement des ecchymoses chez les personnes ayant un taux de plaquettes très bas.

Thrombocytopénie : définition, symptômes, traitement
©  lightwise

Définition : qu'est-ce que la thrombocytopénie ?

La thrombocytopénie appelée également thrombopénie désigne "un taux de plaquettes trop bas dans le sang, inférieur à 140G par litre de sang", explique le Dr Pauline Astruc, médecin généraliste. Les plaquettes ou thrombocytes sont les cellules qui démarrent le processus d'arrêt d'un saignement. La découverte d'une thrombopénie est parfois à l'origine du diagnostic d'une maladie sous-jacente.

Quelle différence avec la thrombopénie ?

Il n'y a aucune différence entre la thrombocytopénie et la thrombopénie.

Qu'est-ce que la thrombocytopénie immunitaire ?

"On ne parle pas de thrombocytopénie immunitaire mais de thrombopénie immunologique (auto-immune) appelée aussi Purpura thrombopénique idiopathique (ou PTI)" explique le Pr Thierry de Revel, chef de service en hématologie à l'Hôpital Américain de Paris. Dans ce trouble de la coagulation caractérisé par une diminution du nombre de plaquettes dans le sang, le système immunitaire produit des anticorps dirigés contre les plaquettes de la personne elle-même, entraînant leur destruction.

Qu'est-ce que la thrombocytopénie essentielle ?

"On parle plutôt de thrombocytémie essentielle, qui est une hyperplaquettose, c'est-à-dire un syndrome myéloprolifératif, explique le Professeur. Les syndromes myéloprolifératifs sont des maladies tumorales de la moelle osseuse caractérisées par une production excessive de cellules sanguines."

Thrombocytopénie idiopathique 

"Le terme de thrombocytopénie idiopathique ne s'utilise pas : on parle de thrombopénie immunologique (auto-immune) appelée aussi Purpura thrombopénique idiopathique (ou PTI)" précise notre interlocuteur.

Quelles sont les causes ?

"On distingue des causes périphériques ayant lieu dans le sang - et les causes centrales agissant dans la moelle osseuse, lieu de fabrication des cellules sanguines", explique le Dr Pauline Astruc. 

Parmi les causes périphériques, on retrouve par exemple :

  • Le purpura thrombopénique immunologique ou auto-immun (PTI) lors duquel les plaquettes sont détruites par des anticorps (ancien idiopathique) ; 
  • Le lupus et des maladies infectieuses telles que le VIH, hépatite B, etc. lors desquels les plaquettes sont également détruites ;
  • Les thrombopénies induites par l'héparine (troubles pro-thrombotiques immunologiques d'origine médicamenteuse, associant une thrombopénie et une thrombose veineuse et/ou artérielle2) et par d'autres médicaments ; 
  • La séquestration des plaquettes dans une rate trop grosse ; 
  • Les microangiopathies thrombotiques et la CIVD (coagulation intravasculaire disséminée) lors desquelles les plaquettes sont consommées en excès.

Parmi les causes centrales, on retrouve :

  • Les carences en vitamine B12 ou B9 (nécessaires à la fabrication des cellules sanguines) ;
  • Les aplasies de moelle (moelle qui ne fabrique plus de cellules) dues à des chimiothérapies par exemple ;
  • Les hémopathies (maladie de la moelle osseuse) dont les cancers du sang : leucémie, lymphomes, myélodysplasie etc. ;
  • Les métastases au niveau de la moelle de cancers dit "solides" ; 
  • Atteinte toxique ou médicamenteuse de la moelle.

"Enfin, de manière plus rare, il existe des causes constitutionnelles, c'est-à-dire des maladies existant dès la naissance et pour lesquelles la thrombopénie est souvent modérée et parfois détectée tardivement. On pense à la maladie de Wiskott-Aldrich, par exemple", ajoute le Dr Pauline Astruc. 

Quels sont les symptômes ?

"Il existe un risque de saignement qui survient si le taux est inférieur à 50G/l, et qui devient important si le taux est inférieur à 20G/l" déclare le Professeur Thierry de Revel.

Lorsque le taux est très bas, c'est-à-dire inférieur à 20G/l, les signes sont :

  • Un purpura cutanéo-muqueux, qui se manifeste par des micro-hématomes appelés pétéchies et par des hématomes plus importants (en grand quantité sur la peau) et parfois des bulles hémorragiques dans la bouche ;
  • Le purpura peut être associé à des hémorragies : saignement de nez, sang dans les urines, dans les selles, des règles très abondantes (ménorragies).

Ces derniers signes ne sont évidemment pas spécifiques de la thrombopénie.

Quel est le diagnostic ?

"On réalise un dosage sanguin (hémogramme) pour faire le diagnostic de thrombopénie associé à l'interrogatoire et l'examen clinique", indique le médecin généraliste. "Selon l'orientation initiale, d'autres examens peuvent être réalisés pour identifier la cause, tels que le myélogramme ou la ponction de moelle osseuse."

Quels sont les traitements ?

"Pour les causes centrales, on peut réaliser des transfusions de plaquettes, tout en traitant la cause sous-jacente (cancer, carences)", note-t-elle. "Pour les causes périphériques, il faut également traiter la cause : traiter une infection, arrêter un médicament responsable, etc. Les transfusions de plaquettes sont dans ce cas inutiles. En effet, les nouvelles plaquettes seront elles aussi détruites ou séquestrées." Dans le cas particulier du PTI, le traitement repose en première intention sur la corticothérapie.

Merci au Dr Pauline Astruc, médecin généraliste et au Pr Thierry de Revel, chef de service en hématologie à l'Hôpital Américain de Paris.

Maladies du sang