Kiné et coronavirus : quelle prise en charge pendant le confinement ?

Dans ce contexte d'épidémie de coronavirus et de confinement de la population française, les kinésithérapeutes exerçant en ville ont dû fermer leurs cabinets. Quelle est la prise en charge pendant le confinement ? Qui peut bénéficier d'une consultation à domicile ou à distance ?

Kiné et coronavirus : quelle prise en charge pendant le confinement ?
© Dmytro Flisak - 123RF

Kinés et coronavirus : pourquoi ont-ils fermé leur cabinet ?

"Suite à l'annonce du Président de la République et quand nous avons vu les chiffres énormes de la propagation du coronavirus, nous nous sommes dits que faire venir les patients au cabinet multipliait les risques de contagion car il est extrêmement difficile de s'assurer d'une désinfection parfaite des surfaces" explique Pascale Mathieu, Présidente du Conseil National de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Le fait de savoir que le cabinet est ouvert, c'est aussi un appel d'air pour d'autres patients qui seraient susceptible de venir. En somme, nous avons vraiment pensé que ce n'était pas responsable de laisser les cabinets de ville ouverts".

Suivi à distance, téléconsultation : quelle prise en charge pendant le confinement ?

Les soins non urgents sont repoussés.

Les soins non urgents et non vitaux, comme par exemple la rééducation uro-gynécologique ou celle d'une entorse sans risque de complication seront repoussés. Dans ce contexte, votre kinésithérapeute vous a sans doute déjà contacté pour reporter vos rendez-vous. Évidemment, ce report peut être difficile à vivre lorsque l'on souffre au quotidien ou que l'on souhaite récupérer le plus rapidement possible sa mobilité, mais il ne faut pas oublier que même sans symptômes, on peut en être porteur sain du coronavirus et le transmettre à d'autres personnes. Cette mesure vise non seulement à vous protéger et à protéger les autres.

Le kiné pourra proposer un suivi par téléphone et des exercices à faire chez soi

En cette période de confinement, votre kinésithérapeute restera néanmoins à l'écoute pour vous aider et vous conseiller. "Même si le cabinet est fermé, les kinés sont invités à prendre en charge les appels téléphoniques et sont tenus d'expliquer le bon sens du confinement et les mesures barrières. et de proposer des exercices à ceux qu'ils ne peuvent pas recevoir", rassure notre interlocutrice.

Afin de surmonter ce moment difficile, l'Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes a demandé, dans l'urgence, la publication d'un texte qui permettrait de mettre en œuvre des actes de télé-rééducation pour les soins qui auront été interrompus au cabinet. "Notre difficulté, c'est que les kinés ont déjà donné des auto-exercices à leurs patients et vont les appeler régulièrement. Mais, malheureusement, il n'y a aujourd'hui par de texte sur le télé-soin qui permettrait de le faire de façon encadrée. J'ai donc demandé à plusieurs reprises au cabinet d'Olivier Véran, ministre de la Santé, de publier un texte qui encadre le télé-soin. Nous sommes prêts et cela permettrait de maintenir une rééducation pour les patients qui n'ont pas un besoin urgent et vital d'être suivis à distance. On sait très bien qu'après une opération récente ou pour certaines pathologies, ils risquent, sans kinésithérapie, d'avoir des séquelles ou une récupération plus difficile, voire une dégradation de leur état. Si nous pouvons obtenir rapidement le télé-soin - et cela paraît une mesure responsable et urgente, cela va déjà limiter les pertes de chance pour les patients".

Prise en charge à domicile : pour qui ?

"Nous avons enjoint les kinésithérapeutes à aller voir à domicile les plus fragiles qui ont vraiment besoin de soins : si on laisse se dégrader l'état plus fragiles sans les accompagner à domicile, ils seront forcément hospitalisés et cela surchargera encore davantage les hôpitaux" précise Pascale Mathieu. Ainsi, et dans le respect des règles d'hygiène et des mesures barrières (port de gants, de masques, lavage des mains...), les kinésithérapeutes continueront d'intervenir au domicile des patients pour lesquels l'arrêt des soins risquerait d'entraîner une aggravation majeure. Sont concernées :

  • Les personnes qui souffrent d'une pathologie chronique (par exemple mucoviscidose, dyskinésies ciliaires primitives, BPCO…) nécessitant de la kinésithérapie de désencombrement respiratoire
  • Les personnes qui nécessitent des soins en kinésithérapie en continue.
  • Les personnes polyhandicapés, affectées par une maladie neuro-dégénérative ou âgées et dépendantes.

Que faire pour limiter vos douleurs pendant le confinement ?

  • Bougez. "Il faut s'imposer des temps où l'on bouge, où l'on fait ses exercices" - et cela vaut aussi le coup pour tout le monde afin de prévenir les troubles musculo-squelettiques". Veillez à suivre à la lettre les conseils de votre kinésithérapeute et à l'appeler si vous avez besoin d'aide.
  • Respectez absolument les doses prescrites d'anti-douleur et évitez les anti-inflammatoires si vous avez des symptômes évocateurs du COVID-19 (fièvre, une fatigue importante, toux sèche et/ou des difficultés à respirer).
  • Si votre état se dégrade, sollicitez votre médecin traitant par téléphone ou une plateforme de téléconsultation.
  • Appelez le 15 seulement en cas d'urgence, comme par exemple si vos douleurs lombaires s'accompagnent d'une perte de sensibilité, d'une jambe "qui lâche", d'une incontinence urinaire et fécale pouvant signifier un "syndrome de la queue de cheval" qui constitue une urgence à prendre en charge rapidement.

Merci à Pascale Mathieu, Présidente du Conseil National de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.

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