Plan ORSAN : passage en niveau 3 à cause de la canicule, ça signifie quoi ?

"La canicule ne faiblit pas dans notre pays et la pression sur notre système de santé continue de s'intensifier. C'est pourquoi, j'ai décidé d'activer le plan ORSAN au niveau 3" annonce le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Plan ORSAN : passage en niveau 3 à cause de la canicule, ça signifie quoi ?
© UGO AMEZ/SIPA (publiée le 25/06/2026)

[Mise à jour le 25 juin 2026 à 13h55] Le plan ORSAN est un dispositif d'urgence déclenché en France dans des situations bien précises. Le Premier ministre Sébastien Lecornu le déclenche au niveau 3 le 25 juin à cause de la canicule extrême qui touche la France "La canicule ne faiblit pas dans notre pays et la pression sur notre système de santé continue de s'intensifier. C'est pourquoi, j'ai décidé d'activer le plan ORSAN au niveau 3, le niveau le plus élevé de mobilisation sanitaire"

Définition : qu'est-ce que le plan ORSAN ?

ORSAN signifie Organisation de la Réponse SANitaire mais la signification complète est "Organsation du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles. C'est un dispositif français de gestion de crise pensé et coordonné par les Agences Régionales de Santé (ARS). Créé en 2014, il a pour but d'orchestrer la réponse médicale lors d'événements graves, qu'ils soient climatiques, sanitaires ou terroristes. Lorsqu'il est déclenché, le plan ORSAN a deux objectifs :

  • Optimiser la prise en charge des patients directement touchés par l'événement (victimes de la chaleur, d'un attentat, malades d'une épidémie, etc.).
  • Garantir la continuité et la qualité des soins pour tous les autres patients non impliqués, en répartissant au mieux les ressources médicales.

Quels sont les niveaux du plan ORSAN ?

Pour s'adapter à la gravité et à la durée d'une crise, le plan ORSAN s'articule autour de deux niveaux de mobilisation progressifs.

Le niveau 1 : Le Plan de Mobilisation Interne (PMI) / Vigilance : Ce premier niveau sert à gérer les tensions hospitalières courantes et locales (par exemple, une saturation passagère des urgences ou un léger manque d'effectifs). À ce stade, les autorités informent, anticipent et mettent l'échelon sanitaire en veille ou en alerte modérée.

Le niveau 2 : Le Plan Blanc / Gestion des situations sanitaires exceptionnelles (SSE) : C'est le niveau supérieur de crise, déclenché face à un événement de grande ampleur, un afflux massif de victimes ou une crise appelée à durer. Concrètement, ce niveau permet aux autorités de prendre des mesures exceptionnelles : renforcement de la régulation médicale (les capacités des centres SAMU sont augmentées), mobilisation et rappel des personnels à l'hôpital, déprogrammations d'opérations ou consultations non urgentes afin de libérer des lits. Enfin, les cliniques privées sont mises à contribution pour décharger les hôpitaux publics.

Le niveau 3 Le niveau 3 est le plus élevé de la mobilisation sanitaire. Le but est de renforcer encore plus les effectifs hospitaliers, notamment grâce à la mobilisation de la réserve sanitaire, de renforcer la coordination entre les hôpitaux, la médecine de ville, les cliniques et le secteur médico-social, d'adapter les activités hospitalières afin de garantir la prise en charge des conséquences de la canicule, avec encore des déprogrammations ciblées d'interventions non urgentes lorsque cela est nécessaire.

A quelles dates a-t-il été activé ?

Depuis sa création, il a été activé à plusieurs reprises :

  • 2014 : Application partielle lors de l'alerte Ebola.
  • 2015 : Application totale lors d'une épidémie de grippe saisonnière particulièrement meurtrière.
  • 2015 et 2016 : Activation d'urgence suite aux attentats de Paris et de Nice.
  • 2020 : Déclenchement national face à la pandémie de Covid-19.
  • 2022 : Activation pour faire face à une épidémie de bronchiolite historique chez les nourrissons.
  • Juin 2026 : Activation du plan pour répondre à la vague de chaleur et de canicule extrême.

Qui déclenche le plan ORSAN ?

Le déclenchement du plan ORSAN relève de la responsabilité des plus hautes autorités de l'État. Il est généralement activé par le ministre de la Santé ou directement par le Premier ministre selon la gravité de la situation.

  • En juin 2026 : C'est le Premier ministre Sébastien Lecornu qui a pris la parole pour acter le déclenchement du volet climatique du plan face aux températures records.
  • En novembre 2022 : François Braun, alors ministre de la Santé, l'avait activé face à la crise de la bronchiolite.
  • En février 2020 : Olivier Véran, ministre de la Santé de l'époque, l'avait déclenché à l'aube de la crise du Covid-19.
  • Entre 2014 et 2016 : Les activations successives (Ebola, grippe, attentats) avaient été ordonnées par Marisol Touraine.

Principe : en quoi consiste-t-il précisément ?

Avant l'apparition du plan ORSAN, la réponse sanitaire reposait essentiellement sur le "plan blanc", un dispositif d'urgence interne propre à chaque hôpital et déclenché par son directeur pour restructurer ses services en cas d'afflux de victimes (rappel des personnels, déprogrammation d'opérations non urgentes, ouverture de lits). Le plan ORSAN vient se placer au-dessus des plans blancs. Il sert de chapeau régional et national pour coordonner ensemble les trois grands secteurs de la santé :

  • Le secteur hospitalier (public et privé).
  • Le secteur ambulatoire (la médecine de ville, les généralistes, SOS Médecins).
  • Le secteur médico-social (notamment les EHPAD et les centres d'accueil).

Pour s'adapter à la nature de la crise, le plan ORSAN se divise en 5 volets spécifiques :

  • ORSAN CLIM : Prise en charge de nombreux patients suite à un phénomène climatique (comme la canicule de juin 2026).
  • ORSAN REB (anciennement EPI-VAC / BIO) : Gestion des risques épidémiques et biologiques (Covid-19, bronchiolite, grippe).
  • ORSAN AMAVI : Accueil massif de victimes non contaminées (accidents graves, attentats).
  • ORSAN NRC : Prise en charge d'un risque nucléaire, radiologique ou chimique.

Focus : Le volet ORSAN REB (Risques Épidémiques et Biologiques)

Introduit juste avant la crise du Covid-19, le volet ORSAN REB s'active lors d'épidémies majeures. Son fonctionnement s'adapte selon la gravité et la circulation du virus :

Phase d'endiguement (début d'épidémie) : L'objectif est de stopper la propagation. Les patients suspectés ou confirmés sont immédiatement orientés vers des hôpitaux de " première ligne " dotés de services de maladies infectieuses de haute sécurité et de chambres d'isolement strictes.

Phase de circulation active (Stade 3 / Pandémie) : Lorsque le virus circule partout, la logique individuelle s'efface au profit d'une gestion collective. L'effort se concentre alors sur trois axes :

Protéger prioritairement les personnes fragiles et immunodéprimées (notamment en EHPAD).

Prendre en charge les cas légers directement en médecine de ville (ambulatoire) pour ne pas saturer les urgences.

Réserver les lits d'hôpitaux et la réanimation exclusivement aux cas présentant des signes de gravité.

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