Amibe mangeuse de cerveau : symptômes, danger, où, en France ?

Au Mexique, six lacs du Yucatan sont fermés après la détection de l'amibe mangeuse de cerveau. C'est quoi cette amibe ? Quels sont les signes d'infection et que faire ?

Amibe mangeuse de cerveau : symptômes, danger, où, en France ?
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Au Mexique, six lacs du Yucatan sont fermés après la détection de l'amibe mangeuse de cerveau, rapporte Le Monde. Un moniteur de ski nautique est mort. Ces amibes sont redoutables. En 2023, une femme habitant en Floride aux Etats-Unis est décédée après avoir été infectée par une telle amibe lors d'un rinçage de sinus à l'eau du robinet. En 2022, un adolescent était décédé dans la région de Las Vegas aux Etats-Unis après avoir été infecté par cette amibe lors d'une baignade dans un lac. Un autre cas similaire avait été rapporté en août dans le Nebraska où un enfant était décédé après avoir nagé dans une rivière. Un cas a déjà été rapporté en France.

photo d'une amibe Naegleria fowleri
Photo d'une amibe Naegleria fowleri © Kateryna_Kon - stock.adobe.com

Qu'est-ce que l'amibe Naegleria fowleri ?

Une amibe est un micro-organisme unicellulaire, c'est-à-dire un être vivant formé d'une cellule unique qui se déplace en se déformant et en émettant des extensions membranaires (pseudopodes). Il en existe plusieurs espèces dont les amibes libres pathogènes de l'espèce Naegleria fowleri qui vivent dans les eaux douces dont la température dépasse 25°C. Elles sont détectées principalement en été et en automne et dans l'ensemble des types de baignade (piscine, bains à remous, lac, rivière...). Pour l'Anses, "le risque pour la santé publique est faible par rapport à celui d'autres maladies infectieuses liées à la baignade". Cette amibe pénètre le corps et remonte au cerveau où elle entraîne une méningo-encéphalite dite "amibienne primitive" (MEAP). C'est pour ça qu'on l'appelle "mangeuse de cerveau".

Comment l'amibe contamine-t-elle ?

La contamination se fait par exposition de la muqueuse nasale à de l'eau contenant des Naegleria fowleri, généralement à l'occasion d'une baignade (quand l'eau rentre dans le nez). Une fois dans les voies nasales du baigneur, l'amibe traverse la muqueuse puis se déplace le long du nerf olfactif jusqu'au cerveau entraînant des lésions et une inflammation. C'est pour ça qu'elle est communément appelée "amibe mangeuse de cerveau".

amibe mangeuse de cerveau
Amibes qui pénètrent par les narines et atteignent le cerveau. © Kateryna Kon-123RF

Quels sont les symptômes après l'infection par une amibe "mangeuse de cerveau" ?

L'amibe Naegleria fowleri entraîne un type particulier de méningo-encéphalite c'est-à-dire une méningite combinée à une encéphalite. Ses signes sont similaires à ceux d'une méningite bactérienne. Ils commencent 1 à 9 jours (médiane 5 jours) après l'infection. Les signes et symptômes comprennent :

Au stade 1 :

  • Céphalée frontale sévère
  • Fièvre
  • Nausée
  • Vomissement

Au stade 2 :

  • Torticolis
  • État mental altéré
  • Hallucinations
  • Coma

Quels sont les risques de décès ?

La méningo-encéphalite amibienne primitive est une maladie grave qui se solde par un décès dans 95% des cas. En 2014, l'Anses rapportait 310 cas de méningo-encéphalite amibienne primitive dans le monde dont 11 personnes ont survécu. Les gens décèdent 1 à 18 jours (médiane 5 jours) après le début des symptômes.

Y-a-t-il déjà eu des cas d'amibe mangeuse du cerveau en France ?

Un cas de MEAP a été déclaré en France en 2008. Un garçon de 9 ans est décédé d'une méningite foudroyante suite à une baignade et des plongeons dans un bassin alimenté par une source d'eau chaude, en Guadeloupe, où la présence de N. fowleri a été détectée. Des analyses ont mis en évidence la présence de N. fowleri dans le liquide céphalo-rachidien de la victime. L'Anses a rappelé que "le respect des conditions de mise en œuvre des traitements de désinfection actuellement autorisés en France pour l'eau alimentant les piscines publiques est suffisant pour empêcher le risque de contamination de l'eau par cette espèce d'amibe libre".

Comment se protéger de l'amibe mangeuse de cerveau ?

L'Anses recommande de limiter l'exposition des baigneurs en fonction du type de baignade. "Pour l'ensemble des baignades, la seule mesure efficace de prévention d'une infection à N. fowleri est d'éviter d'y être exposé et donc de s'abstenir de pratiquer les activités de baignade dans des eaux chaudes ou réchauffées notamment lorsque la température de l'air est élevée et le niveau de l'eau bas" indique l'Anses. Par précautions, et même si le risque de contracter cette amibe reste faible selon les autorités, il est recommandé de :

  • ne pas plonger ou sauter dans les sources d'eau chaude non traitées (eau de surface, eau souterraine, eau minérale naturelle) ;
  • éviter de mettre la tête sous l'eau / garder la tête hors de l'eau ;
  • utiliser dans la mesure du possible un pince-nez ;
  • éviter de creuser, ou de remuer les sédiments en pratiquant les activités liées à l'eau.
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