Addiction et dépendance : comment s'en sortir ? Une prise en charge différente selon le genre

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La prise en charge des addictions est personnalisée pour une meilleure efficacité. © denis_pc - Fotolia

L'addictologie est une médecine récente qui distingue les hommes des femmes dans la prise en charge. "Longtemps dans la médecine, on a considéré (et on considère encore parfois) que les hommes et les femmes doivent être traités de la même manière pour une même pathologie. Résultat : une femme d'1,60m et 50 kilos recevra la même posologie qu'un homme d'1,80 et 80 kilos ! Finalement on peut dire que la médecine est machiste !" s'exclame le Dr Lowenstein.

Pourtant, les femmes ont de nombreuses spécificités à prendre en compte dans la prise en charge pathologique. Le poids souvent inférieur, la masse musculaire, etc. "C'est une aberration de ne pas faire de distinction de genre. Déjà, en termes de différences, il est clair que les troubles du comportement alimentaire sont majoritairement féminins. On compte 9 femmes atteintes d'anorexie pour 1 homme, et 7 femmes boulimiques pour 3 hommes."

Mais il existe aussi une différence hormonale entre les femmes et les hommes à prendre en compte. A partir de la puberté, jusqu'à la ménopause, la femme subit des variations hormonales qui interfèrent toute son existence.

La prise en charge doit s'adapter. "Le système neuro-hormonal de la femme est beaucoup plus riche en récepteurs que celui de l'homme. Il faut donc tenir compte des variations du cycle menstruel en général, mais également en post-partum et à la ménopause. Attention, le cerveau n'a pas de sexe, mais il a un fonctionnement différent pour tous et les différences entre hommes et femmes sont encore plus flagrantes !", précise le Dr Lowenstein.

Des retards de prise en charge chez la femme

Pour l'addictologue, il ne faut pas sous-estimer les femmes et les conséquences des addictions sur leur vie : "Longtemps l'alcool et les cigarettes étaient interdits aux femmes. Du coup, la dépendance chez elles est taboue, souvent honteuse alors qu'elles n'en sont pas plus responsables que les hommes ! Elles subissent la double peine. A celle de la maladie s'ajoute celle de la perte de leur statut de "bonne citoyenne" lorsqu'elles demandent ou accèdent à la prise en charge de leur addiction."

Conséquence : on note un retard dans leur prise en charge ce qui forcément est dommageable.

Lors de l'ouverture de la Clinique Montevideo en 2003, le Dr Lowenstein et son équipe s'attendaient à recevoir une large majorité d'hommes, surtout pour l'alcool ou le cannabis. Finalement, les femmes se sont présentées en nombre (1 femme pour 2 hommes pour l'alcool et 4 femmes pour 6 hommes pour le cannabis), ce qui prouve bien qu'elles sont sous-estimées par les enquêtes.

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