Remboursement de Wegovy et Mounjaro : qui sont les 1 million de Français concernés ?

Environ 1 million de personnes sont théoriquement éligibles en France selon les critères fixés par la Haute Autorité de Santé.

Remboursement de Wegovy et Mounjaro : qui sont les 1 million de Français concernés ?
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C'est le sujet qui agite le monde de la santé en ce mois de juin 2026. Longtemps attendu par les associations de patients, le remboursement par l'Assurance Maladie des deux traitements phares contre l'obésité, le Wegovy (sémaglutide) et le Mounjaro (tirzépatide), est officiel depuis ce lundi 15 juin. Jusqu'ici, ces injections restaient entièrement à la charge des patients, grimpant parfois à plusieurs centaines d'euros par mois. Mais attention à l'effet d'annonce : l'Assurance Maladie n'ouvre pas les vannes à tout le monde. L'accès est soumis à des critères médicaux et administratifs très stricts.

Le remboursement ne s'adresse pas aux personnes souhaitant perdre quelques "kilos superflus". La Haute Autorité de Santé (HAS) a calqué les critères d'accès sur ceux de la chirurgie bariatrique (comme le bypass ou la sleeve). Pour espérer une prise en charge, le patient doit remplir l'une de ces deux conditions de poids : soit un IMC (Indice de Masse Corporelle) égal ou supérieur à 40 (obésité massive), soit un IMC égal ou supérieur à 35 (obésité sévère), mais uniquement si elle est associée à au moins une complication (comorbidité) liée au poids (comme l'hypertension artérielle, l'apnée du sommeil, des maladies cardio-vasculaires ou des problèmes articulaires graves).

Dans les deux cas, le remboursement n'est accordé qu'en seconde intention. Cela signifie qu'il faut prouver l'échec d'une prise en charge nutritionnelle et diététique classique (définie par une perte de poids inférieure à 5 % après 6 mois de suivi bien mené). Le médecin traitant ne peut pas signer l'ordonnance initiale permettant le remboursement. Pour éviter les dérives de prescription de confort, le gouvernement a réservé la prescription initiale aux structures de recours spécialisées (niveaux 2 et 3). Vous devez obligatoirement être orienté vers un Centre Spécialisé de l'Obésité (CSO), un médecin exerçant en CHU ou dans un établissement de soins médicaux et de réadaptation spécialisé (nutrition, endocrinologie, diabétologie) ou un endocrinologue-diabétologue-nutritionniste (hospitalier ou libéral). Une fois cette première prescription hospitalière ou spécialisée validée (généralement pour une durée de 6 mois ou un an), le médecin généraliste pourra, dans un second temps, assurer le renouvellement des ordonnances.

Le Wegovy est désormais remboursé selon des critères très stricts. © K KStock - stock.adobe.com

Si un patient coche toutes les cases médicales et qu'il suit le bon parcours de soins, le taux de remboursement officiel est fixé à 65 % par l'Assurance Maladie. Les 35 % restants (le ticket modérateur) sont à la charge du patient ou de sa complémentaire santé (mutuelle). Une prise en charge intégrale à 100 % reste possible, notamment si le patient bénéficie d'une exonération spécifique (comme le statut d'Affection de Longue Durée - ALD) selon sa situation pathologique globale.

Si vous ne présentez pas les critères stricts du remboursement (par exemple, si votre IMC se situe entre 30 et 35, ou dès 27 avec un facteur de risque), le Wegovy et le Mounjaro restent accessibles sur simple ordonnance de votre médecin traitant, à condition de respecter les contre-indications médicales. Cependant, dans ce cadre "hors parcours", le traitement sera intégralement à votre charge (aucun remboursement de la Sécurité sociale). Le prix n'est plus libre : l'inscription de ces médicaments au remboursement encadre désormais leur tarif national. Finie l'anarchie des prix variables d'une pharmacie à l'autre. Le coût total officiel (qui s'étale d'environ 146 € à plus de 430 € par mois selon la molécule et le dosage prescrit) restera toutefois une barrière financière majeure pour les patients non éligibles à la prise en charge.