Des chercheurs l'ont observé : cette façon de marcher à 60 ans révèle un vieillissement accéléré du corps et du cerveau

Il y a deux paramètres particulièrement révélateurs selon l'étude menée sur près de 6000 personnes.

Des chercheurs l'ont observé : cette façon de marcher à 60 ans révèle un vieillissement accéléré du corps et du cerveau
© 123rf-nariart

La façon dont une personne marche au fil des années n'est pas anodine. Des études l'ont prouvé : la vitesse de marche constitue un indicateur de santé et de capacités fonctionnelles. Mais marcher ne se résume pas à aller vite ou lentement. La longueur des pas, leur rythme ou encore l'équilibre donnent aussi des informations. Dans une nouvelle recherche publiée sur la plateforme de prépublication medRxiv, des scientifiques sont parvenus à créer une sorte d'"horloge de la marche" permettant d'estimer l'âge auquel correspond la démarche normale d'une personne. Une démarche différente peut alors indiquer un vieillissement accéléré.

Les chercheurs ont regroupé les données de 5 681 participants dont 1 391 personnes considérées comme en bonne santé et 4 290 présentant différentes affections (maladie de Parkinson, maladie de Huntington, sclérose latérale amyotrophique (SLA), diabète, AVC, personnes ayant fait des chutes...). Ils ont analysé leur vitesse de marche, leur cadence (nombre de pas par minute), la longueur de leur foulée et le temps de double appui (quand les deux pieds touchent simultanément le sol). 

Pour déterminer cet "âge de la marche", les scientifiques ont entraîné un modèle d'intelligence artificielle à reconnaître les caractéristiques de la démarche normalement observées à différents âges chez des personnes en bonne santé. Ils ont ensuite comparé l'âge prédit par le modèle à l'âge réel des participants. Une différence positive signifie que la démarche paraît plus "âgée" que prévu. C'est ce que les chercheurs qualifient de vieillissement accéléré. Et les écarts observés étaient parfois importants.

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Dans l'un des groupes étudiés, les personnes atteintes de la maladie de Parkinson avaient ainsi une démarche paraissant en moyenne environ 8 ans plus âgée que celle des participants en bonne santé du même âge. Cet écart atteignait environ 13 ans chez les personnes souffrant de maladies neurodégénératives comme la maladie de Huntington et la SLA. Les personnes ayant déjà fait des chutes présentaient également un écart proche de 6 ans. 

À quoi ressemble alors une démarche plus âgée ? Il n'existe pas un signe unique d'après les chercheurs, mais une vitesse plus lente et un temps de double appui plus long étaient les deux paramètres les plus révélateurs. Une démarche paraissant plus "vieille" était associée à une plus grande fragilité, de moins bonnes performances physiques et une force musculaire plus faible. Les chercheurs ont aussi retrouvé des liens avec des marqueurs de la santé cérébrale et davantage de symptômes dépressifs chez les personnes âgées. 

La bonne nouvelle, c'est que les chercheurs ont identifié plusieurs habitudes associées à un "âge de la marche" plus jeune ou plus élevé. Par exemple, le tabagisme, l'excès de cholestérol, l'hypertension ou encore un mauvais sommeil étaient associés à une démarche paraissant plus âgée. À l'inverse, l'activité physique, une vie sociale plus riche, le fait d'avoir davantage d'amis proches ou encore de pratiquer des loisirs et des activités créatives étaient associés à une démarche plus "jeune". De meilleures capacités cognitives allaient également dans ce sens. Voilà des points précis sur lesquels chaque personne peut agir pour ralentir son vieillissement physique et cérébral.