Les personnes qui détestent les conversations superficielles possèdent cette qualité rare, selon la psychologie

Ce rejet des conversations superficielles ne signifie pas nécessairement qu'elles n'aiment pas les autres.

Les personnes qui détestent les conversations superficielles possèdent cette qualité rare, selon la psychologie
© 123rf-mangostar

Parler pour ne rien dire, ce n'est pas votre fort ? Discuter de la météo avec la voisine, de la hausse des prix avec la caissière du supermarché, commenter les embouteillages ou les derniers potins du travail : pour certaines personnes, ces petits échanges sont presque une épreuve. Elles préfèrent garder le silence plutôt que d'enchaîner les banalités quitte à passer, à tort, pour froides, distantes ou même asociales. Pourtant, ce rejet des conversations superficielles ne signifie pas nécessairement qu'elles n'aiment pas les autres. La psychologie suggère une explication bien différente.

Les personnes qui n'aiment pas les conversations superficielles semblent surtout rechercher davantage de profondeur dans leurs échanges. C'est précisément ce qu'a étudié l'équipe du psychologue Matthias Mehl, de l'Université de l'Arizona. Dans une étude publiée dans la revue scientifique Psychological Science, 79 étudiants ont porté pendant quatre jours un petit appareil enregistrant automatiquement 30 secondes de son toutes les 12,5 minutes.

Les chercheurs ont ainsi recueilli 23 689 extraits et distingué les conversations superficielles des conversations "substantielles", c'est-à-dire celles au cours desquelles des informations ayant davantage de sens étaient véritablement échangées. Résultat : les participants les plus heureux avaient deux fois plus de conversations substantielles. Ils passaient également 25 % moins de temps seuls et 70 % plus de temps à discuter avec d'autres personnes.

© 123rf-peopleimages12

Les travaux de Mehl ne permettent pas d'affirmer que les personnes qui fuient les banalités seraient plus intelligentes ou plus empathiques. Ce qu'ils mettent plutôt en lumière, c'est une attirance pour les échanges qui créent une véritable connexion avec l'autre. Derrière cette préférence, se dessine une qualité particulièrement précieuse : la recherche de connexions authentiques et profondes. Chercher des connexions authentiques exige une compétence clé : la capacité à montrer sa vulnérabilité et à écouter celle de l'autre. Les auteurs avancent ainsi l'hypothèse que ces conversations favorisent le sentiment de sens et l'intimité entre deux personnes.

Pour autant, pas question de déclarer la guerre aux discussions légères. D'autres recherches montrent que les petits échanges du quotidien ont toute leur utilité. En 2014, les psychologues Gillian Sandstrom et Elizabeth Dunn ont constaté que les interactions avec des connaissances et autres "liens faibles" participaient également au bien-être et au sentiment d'appartenance. Une conversation banale avec un voisin ou un collègue n'est donc pas forcément vide : elle peut entretenir notre tissu social. Mais pour ceux qui ressentent rapidement le besoin d'aller plus loin, leur impatience face au bavardage peut cacher quelque chose de plus intéressant qu'un manque de sociabilité : un goût prononcé pour les relations dans lesquelles on échange réellement, on se dévoile et on crée du lien avec l'autre.