Les personnes qui vivent plus de 100 ans en bonne santé ont toutes ce point commun : les scientifiques le trouvent "remarquable"
Des chercheurs révèlent dans la revue Cell Reports une particularité étonnante qui pourrait expliquer l'exceptionnelle longévité des "supercentenaires".
L'espérance de vie moyenne des femmes est de 86 ans et celle des hommes de 80 ans, en France. Quelques personnes franchissent le cap des 100 ans, et d'autres, encore plus rares, celui des 110 ans. Ces "supercentenaires" fascinent les scientifiques qui cherchent à comprendre comment leur corps parvient à résister aussi longtemps aux infections, aux maladies et aux effets du vieillissement. Une nouvelle étude publiée dans Cell Reports apporte aujourd'hui un élément de réponse étonnant : leur système immunitaire semble conserver une capacité d'adaptation hors norme.
Des chercheurs japonais se sont intéressés à un type très particulier de globules blancs : les lymphocytes T CD4 cytotoxiques, ou CD4 CTL. Ces cellules participent aux défenses de notre organisme et ont une capacité précieuse : elles peuvent reconnaître et détruire directement certaines cellules devenues dangereuses, notamment à la suite d'une infection ou lorsqu'elles présentent des anomalies. Ces lymphocytes sont normalement rares. Mais ils le sont beaucoup moins chez les personnes qui vivent exceptionnellement longtemps. Les scientifiques avaient déjà repéré cette singularité chez des supercentenaires en 2019 mais sans savoir pourquoi ils en possédaient autant. La nouvelle étude l'explique.
Les chercheurs ont analysé plus de 40 000 lymphocytes T provenant de 28 personnes réparties en trois groupes : huit personnes âgées de 70 à 99 ans, dix centenaires et dix supercentenaires de 110 ans ou plus. Résultat : la proportion de lymphocytes T CD4 CTL augmente de façon impressionnante avec les décennies, passant d'environ 4 % chez les 70-90 ans à près de 18 % chez les supercentenaires. Et d'après les scientifiques, leur présence massive ne serait pas simplement le résultat passif des années qui passent. Ces cellules se seraient multipliées après avoir rencontré des menaces précises dans l'organisme.
Voilà donc le fameux point commun : chez les personnes qui vivent exceptionnellement longtemps, les lymphocytes T CD4 CTL sont beaucoup plus nombreux ce qui pourrait contribuer à maintenir un système immunitaire efficace très tard dans la vie. Une partie de l'immunité parvient même à se réorganiser pour éliminer des cellules devenues problématiques avec le temps. "Ceci suggère que les CTL CD4 pourraient contribuer à la suppression du cancer et à la longévité (...), soulignant leur rôle dans la résilience immunitaire et le vieillissement en bonne santé" ont commenté les chercheurs.
Cette étude montre que notre immunité ne fait pas que décliner au fil des décennies. Chez certaines personnes, elle pourrait continuer à s'adapter tardivement et développer de nouvelles stratégies pour faire face aux agressions accumulées. "Ce que je trouve particulièrement remarquable, c'est que, même après plus d'un siècle de vie, le système immunitaire conserve sa capacité d'adaptation", a partagé Kosuke Hashimoto, enseignant-chercheur à l'Université d'Osaka et auteur principal de ces travaux.
